Magazine Humeur

“Quand les médias plombent, quand les médias permettent”. Université d’été du Medef

Publié le 29 août 2008 par Lilzeon

Citoyens !

J’ai trop de boulot pour te synthétiser la conf d’hier. Etaient présents :

  • Dominique Baudis, président de l’Institut du Monde Arabe
  • Nicolas Beytout, PDG du groupe Les Echos
  • Jean-Claude Dassier, directeur général adjoint de l’information, Groupe TF
  • Jean-François Copé
  • Guillaume Durand, journaliste, fondateur et président de GD Productions
  • Ivan Rioufol, journaliste éditorialiste au Figaro
  • Michel Rocard, ancien Premier ministre et député européen
  • Alain Weill, PDG de NextRadioTV

Alors je te donne ceci :

Le post sur le blog de l’université d’été du Medef ici écrit par E. Boubacha.

Et puis mes notes, rough. Bonne chance. Je commenterai ce week-end…

Petite humeur : il est fort dommage de chercher l’ennemi du côté des nouveaux médias…

————————————————–

Chefs d’entreprise doivent accepter la critique.

Beytout :
FT = un mythe
Journalisme, un des rares domaines où on peut réussir sans faire d’études.
Or en fait : il faut aller très vite, ça demande une vraie spécialité.

Richard Descoings : j’envisage de créer une école de journalisme.
Au début une bonne idée, si les enseignants sont des journalistes actifs ou en pré-retraite.
J’ai participé à la création de cette école de journalisme, et j’ai participé au grand oral. Tous avaient au moins une licence, avait un M1 en master.
J’ai entendu de la bouche de ces candidats que :
Les 3 piliers de la presse :
1-   un journal a une mission : donc un journal n’a pas à gagner de l’argent. Or une entreprise de médias doit être profitable
2-   Pas de proftis nécessaires
3-   Le patron d’un journal doit être élu par ses pairs

Au fond, un modèle dominant en France : des journaux qui ne gagnent pas d’argent, des groupes de presse qui sont très faibles.
Dans le CAC 40 : des champions internationaux ; le seul domaine où nous n’avons personne, c’est les médias. Et nous n’avons aucun grand groupe multimédia.

Copé :
La presse, je pense que ça va très mal. Le métier va très mal, ainsi que le secteur économique.
L’état d’esprit des candidats montre bien qu’il y a un monde en France qui n’a pas vu qu’on a changé de temps.
2 catégories de personne :
1- le média global, avec internet à tous les étages
2- ceux à l’ancienne
Nous avons donc à inviter ce monde des médias à faire cette rupture. Nous en politique, nous le faisons cet effort. Un certain nombre de questions que les journalistes ne peuvent vraiment se poser, donc nous devons le faire nous :
1-   les médias, est-ce un élément de puissance ou de soumission ? débat décalé, un média a une puissance de feu.
2-   Un journal, n’est-ce pas un bien de consommation courante ? Or aujourd’hui, nous ne faisons pas que de l’entertainment.
3-   L’absence d’approche internationale dans l’info diffusée en France est un scandale : nous sommes prisonniers d’un modèle qui me rend dingue. Exemple : affaire de Géorgie, il n’est pas croyable qu’aucun média n’aie couvert le sujet qui est proche de ce qui se passe en Ukraine ! Aujourd’hui : absolument indispensable

JC Dassier LCI TF1
Au fond, que les hommes politiques ne soient pas satisfaits des médias : normal et presque sain. Je prends une part de la critique : nous ne nous intéressons pas assez aux grands problèmes du monde. La presse US doit pourtant parler une fois par an de la France.
Un média de masse doit être gouverné à peu près au centre. Pour la bonne raison que dans le cahier des charges, on doit rassembler le plus possible ; donc on doit gêner le moins possible les ailes.
Donc certains problèmes pas encore mûrs ne sont pas traités, alors que les problèmes fiscaux ou de santé intéressent les gens.
Avant-hier soir, TF1 a commencé avec une interview de Medvedev puis s’est suivi de Sakhachvili. Résultats : nous avons une bonne audience, et une couverture russe qui nous accuse d’avoir favorisé le point de vue géorgien par rapport au point de vue russe.
L’autre raison : le plus important, c’est le budget.
Quel changement en moins de 50 ans. Le financement a-t-il suivi ? Non. En France, jamais on n’examine le point de vue économique. Et pourtant on légifère dans la passion.
2 chaines parlementaires, une règlementation
Small is beautiful, très bien ! pourtant RTL a racheté M6. Comparons avec ce qu’on voit en Italie, en Angleterre, en Allemagne.
Quand il y a du vent dans les voiles économiques, il va y avoir des morts. La publicité, c’est quoi ? La gratuité pour le citoyen ?
Pourtant aller en Chine, ça coûte. Aujourd’hui, les médias n’ont pas assez de moyens, afin de laisser les médias laisser gagner de l’argent, afin de laisser les chaines faire leurs métiers.
Le JT sur TF1 n’est pas si mauvais depuis quelques temps.

Ivan Rioufol
Nous vivons dans une sorte de cité interdite. Trop souvent on ne veut voir que les fausses réalités, qui ne sont en fait que des fictions. Il y a dans l’opinion aujourd’hui, ce qui explique la défiance, une vértiable sidération concernant le fait qu’on est désormais en conflits ouverts.
Ex : le système d’éducation ou l’Islam est une religion tolérante, tout ceci conduit à des petits Tchernobyl. Or aujourd’hui, il y a un refus de voir, un politiquement correct. Nous avons un discours dominant, et les lecteurs s’en aperçoivent. Les gens se détournent de sjournaux aussi parce qu’eux-mêmes se détournent vers des blogs, vers des forums. Or notre fonciton première de journaliste = décrire des faits. Or nous ne savons plus décrire des faits.

Copé
Sur ces sujets, nous sommes des écorchés vifs. Quand on parle du prix de l’essence, on devrait remonter au gazoduc.

Le cœur du pb, c’est qu’en France, peu d’actionnaires croient aux médias. Dans les autres pays, les actionnaires sont issus de quotidiens. Bertellsman en Allemagne, Murdoch en Australie etc. Rien n’empêche aujourd’hui le groupe Bouygues d’investir au UK, en Allemagne (Radio, TV) ou en Italie. La loi ne l’interdit pas.

Les médias améliorent ils le jeu de la démocratie dans la transparence ou la pervertit-elle ?

Rocard
La totalité de nos médias sont fait pour gagner de l’espace ou de l’argent., cherche l’audience, l’espace, le lectorat. L’information n’est pas un service public neutre. Et les politiques ont tendance à l’oublier.
Quatre facteurs tiennent au système et non aux hommes.
La vitesse, l’image, la tonicité et la tonitruance.
Un autre principe : les politiques doivent faire parler d’eux. Sur n’importe quel événement, tout le monde a parlé trop vite. Pulsion, fantasme à chaud avant tout effet de contexte. Le système exige de nous de parler et de commenter avant d’avoir les données.
Les images ne font pas travailler les mêmes neurones qu’un texte écrit. Voir on peut se lever pour aller chercher un dictionnaire ou un atlas. L’image ne laisse pas la place pour l’intellectualité.
L’image ne peut envoyer de l’information de contexte.
Chaque média ne peut survivre qu’en dominant le bruit. Ce qui aggrave le sccop.
Soit un drame dans une famille. Que fait-on ? on se tait. La réponse au drame privé de l’humanité est faite du respect de l’intimité. L’omniprésence médiatique a tué cette intimité.
La répétition : à la 83ème répétition de l’information : l’accident est devenu un meurtre.

Baudis :
Journaliste ? Ce n’est pas un métier comme les autres.
Les entreprises sont des entités économiques. Les entreprises de médias : pas la même fonction. C’est un pouvoir.
Les médias sont-ils un pouvoir ? Oui.
Aux 3 pouvoirs identifiés par Montesquieu, s’ajoute aujourd’hui 2 pouvoirs : le pouvoir économique, ainsi que le pouvoir médiatique.
Faut-il fasse à un pouvoir un contre-pouvoir ? On nous explique que oui. Face au politique, oui. Alors quel est le pouvoir contre le média ? La profession doit générer en son sein des procédures d’autorégulation. Retirer la carte de presse ? Une voie possible.
Je connais plus de magistrats sanctionnés que de journalistes sanctionnés pour faute. Ce que je dis : pas une vindicte. Son libre exercice est une composante de la démocratie. Mais comme composante, elle doit apprendre à s’autoréguler. En plus, sur internet, tout le monde peut s’emparer du média. Donc si dans l’information publique, il n’y a pas de différence, si la profession ne donne pas + de véracité et d’authenticité, on mettra tout sur un signe égal. Alors malheureusement, la mauvaise monnaie chasse la bonne, et la mauvaise information chassera la bonne.

Beytout
Internet : on peut mesurer. La publicité cherche ces objets de mesure.
Tout le monde qui diffuse n’importe quelle information : dangereux.
Rappelons-nous une photo extraordinaire : une visite du Président de la République, dans un dépôt de la SNCF. Essayez de retrouver cette photo : on voit Sarkozy, et des centaines de mobiles qui prennent en photo Sarkozy. Voilà la révolution ! et les grands médias sollicitent ce téléphone !
Comme disait Rocard : c’est massif, instanté, hyper concurrentiel.

Copé
C’est à ce moment là qu’on voit ce que c’est qu’un patron. Un grand patron de presse a un rôle majeur pour tenir sa rédaction, pour l’inviter à trouver le chemin pour se redresser. Quand les choses vont mal.
Moi je rêve que ces vrais échanges de fond entre les décideurs publics et les grands médias français se demandent si on est dans le bon ton.
« Nous sommes minés par l’omniprésence de l’idéologie, qui sert de marqueur à tout ce que nous commentons ».

Guillaume Durand : quand vous dites pragmatique à la place d’idéologique, n’est-ce pas réducteur ?

Rocard :
Propre à la France de voir des patrons monter des groupes de presse pour défendre des lignes politiques.
Le comportement capitaliste détenteur de média a changé de sens : il y a beaucoup moins d’enjeu politique. On fait moins d’opinion.

Une distinction entre les médias de seconde zone :
Les médias qui doivent faire de l’audience
Et puis les médias généralistes, fondateurs de culture. Et là je crains qu’on ne s’oppose à la tendance générale des grandes télévisions, de faire de plus en plus de spectacle et de moins en moins d’information.
L’autre question : le chiffre. Y a-t-il dans le débat public quelque chose + important qu’un chiffre ? Or il fut un temps, où les médias s’autorisaient à corriger. A se corriger. Un exemple flagrant :
1992 : je suis ancien 1er ministre depuis 6 mois. Un ancien camarade de sciences po, Chirac, dit que j’ai vidé les caisses de l’Etat.
Ma secrétaire reçoit 45 demandes d’interviews. Je réponds que j’irai partout où la rédaction prendra la responsabilité de diffuser ma ligne budgétaire (où j’avais ralenti la vitesse de vidage)  Bref je suis victime d’un mensonge. Mais AUCUN JOURNAL n’a accepté de citer Le Monde. Même pas Le Monde. Si bien que je ne suis allé nulle part. Or cette disparition de magistrature du chiffre, que la presse exécutait, cette fonction a disparu. Voici la dérive de l’information vers le spectacle.

Guillaume Durand : comment on intègre les blogueurs dans une rédaction sérieuse ?

JC Dassier LCI
L’affaire Baudis = une des grandes hontes de la profession : en effet la presse française ne s’est pas grandi.
« Casse-toi pauvre con » = une information capitale. On est tous pris dans une mécanique infernale ! Nous sommes soumis aux pressions internet telles, qu’il faut du tempérament pour dire « on ne bouge pas ». C’est parfois plus facile de laisser filer une fuite, plutôt que de perdre 3 ou 4 h pour vérifier cette information.
La déontologie doit aussi s’appliquer sur internet : logique perverse : qu’un journaliste puisse dire ce qu’il veut sur le web alors qu’il ne peut pas dans le média classique : schyzophèrene.
Pour moi, le journalisme citoyen = une fumisterie
L’exercice du métier de star profite à la chaine. Pas toujours facile d’échapper à la photographie qui fera la Une. Oui la présentation d’un journal de 20H : vous êtes un peu acteur. Donc la dimension de star pour un présentateur est indispensable, et construit et participe à la défense du journal. Quand vous parlez à 7 ou 8 millions de personnes, forcément vous avez un statut.

Rioufol :
/ blogs et forums : symptôme de ce malaise : une soif de connaissance et de liberté d’expression. Ils ne la trouvent pas dans les journaux. Libé 6 pages Carla Bruni, Nouvel Obs les seins de Catherine Millet, avant les fesses de Simone de Beauvoir.
Il ya une irresponsaqbilité de la presse à ne pas assumer son rôle de 4ème pouvoir.
Défaut 1 : conformisme et suivisme : exemple de l’affaire Baudis
Défaut 2 : nombrilisme de la presse (cf : PPDA, une affaire d’un microcosme)


Retour à La Une de Logo Paperblog

Magazine