Magazine Journal intime

"Où on va Papa ?" - de Jean-Louis Fournier

Publié le 18 septembre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

Jean-Louis Fournier était le complice de Desproges sur Cyclopède et quelques autres facéties dont le professeur Corbiniou qui passait dans "l'île aux enfants". Il est le père, en plus de ses deux fils handicapés, de la vache de télé la plus célèbre du PAf et je ne parle pas de Christine Bravo.  Actuellement, partout, que ce soit sur le net, à la télévision, à la radio, dans les journaux, on prône une norme physique et morale qui conduit à rejeter toute différence d'apparence. On est entre deux extrêmes, d'un côté une espèce de compassion vague, douce, qui fait que l'on considère ceux qui n'ont pas la bonne apparence comme des malades mais surtout pas comme des êtres humains, même quand c'est un philosophe de haut niveau comme Alexandre Jollien alors qu'il peut y avoir des handicapés cons, des pénibles, des emmerdeurs, des obsédés ; de l'autre, en fait les deux côtés se ressemblent beaucoup, l'indifférence totale. La majorité des gens ne supportent pas la différence physique, encore moins celle des handicapés, car c'est comme un miroir qu'on leur tend, miroir qui reflète leur laideur morale et intellectuelle.

Comme Jean-Louis Fournier, j'ai toujours conchié, le mot n'est pas encore assez fort, ces manifestations de sensiblerie excessive envers les handicapés, de cette gentillesse extatique qui cache une sécheresse de coeur d'une aridité sans pareil, c'est empêcher les handicapés d'être humains. L'auteur de ce livre en parle quant à lui naturellement, sans affèterie, il a dû souffrir mais il a privilégié l'humanité de ses gosses. Dans tous les articles concernant ce livre, on rappelle lourdement que ses fils étaient -ahlalala- lourdement handicapés et qu'il en a été lourdement malheureux. Ce qui est assez étonnant est que peu comprenne vraiment le second degré de ce livre, il y en a pour dire qu'il "rigole mais qu'en fait il a pas dû toujours rigoler". Pas possible.

Ce midi, je regardais Stéphane Guillon sur Canal parler de réactions violentes après une chronique qu'il a écrite sur les jeux paralympiques très poussée dans la dérision. Les lettres d'injures venaient toutes de "valides", les lettres de remerciements d'handicapés. Les réactions des "valides" étaient des plus hypocrites car aucun n'a songé écrire autant pour demander à ce que les jeux paralympiques, où l'exploit est encore plus marqiant, soient mieux retransmis à la télévision, aussi bien que les jeux olympiques. Ce qui montre bien leur conception du handicap. Il y a aussi une chose importante dans ce livre, Jean-Louis Fournier aime ses fils tels qu'ils sont, sans se poser de questions. Or, trop souvent, les parents, les amis, les relations voudraient que ceux à qui ils offrent leur affection soient comme ci ou comme çà, posent des conditions à l'amour ou l'amitié alors qu'il ne doit pas y en avoir.


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