Magazine Journal intime

Das perfekte Dinner

Publié le 17 octobre 2008 par Chondre

Non, je ne suis pas en Autriche pour assister aux funérailles nationales de Jörg Haider ni pour participer au concours de Miss Goulache 2008. Je me suis rendu au pays des vaches violettes et des viennoiseries pour remplacer mon boss d’amour qui n’a pas pu se rendre à un petite rencontre et m’a ainsi gentiment demandé de prendre sa place. Il faut dire qu’il m’a bien vendu le truc en me rassurant, en m’expliquant que le nombre de participants était très réduit et que l’ambiance était familiale. En résumé, si j’avais trouvé le courage de sauter à l’élastique, je pouvais bien prendre sa place pendant trois jours. Mon rôle était simple. Il suffisait que je joue le rôle de modérateur et présente les orateurs en posant deux ou trois petites questions de rien du tout. J’étais donc grossièrement assimilé à une grosse bunny girl vêtue d’un maillot de bain rose fuchsia se trémoussant sur le ring entre chaque round d’un match de boxe. Nichons en l’air, fesses bien serrées, j’ai accepté sans trop réfléchir.

Il m’a ensuite annoncé que je ne devais pas me rendre à Vienne mais à Innsbruck. Pas tout à fait dans la capitale du Tyrol, mais un peu plus loin là-bas là-bas dans la forêt forêt, dans un joli chalet tout en haut d’une montagne. Mon billet d’avion était pris. Lever 4h45, taxi 5h30, décollage 7h15 et arrivée à Vienne deux heures plus tard après un copieux petit-déjeuner. Je devais ensuite prendre un petit coucou à hélices jusqu’à Innsbruck. C’était la première fois que je mettais les pieds dans un tel avion. Nous n’étions pas disposés les uns derrière les autres mais face à face. L’hôtesse, bien charpentée, nous a servi un deuxième petit-déjeuner composé de petits pains, de brioches, de morceaux de saucisse toute noire au goût bizarre et de jus de pomme. Je n’ai pas résisté à la jolie brioche toute dorée recouverte de sucre glace au milieu du plateau. Elle était finalement fourrée à la saucisse et au sel et m’a filé une haleine de yack pour le restant de la matinée.

Un taxi m’attendait juste après l’atterrissage. Il devait me conduire à une vingtaine de kilomètres de la ville. L’établissement s’est révélé être la copie conforme de l’hôtel de Twin Peaks. Plus d’étoiles que sur les épaules d’un général, grand escalier, poutres et plafonds en bois clair et chambres plus grandes que mon appartement, les bruits de playstation à la con en moins. Il ne manquait plus que le cadavre de Laura Palmer dans le lac voisin et qu’Audrey frappe à ma porte une queue de cerise dans la bouche et me saute dessus. Deux étages étaient consacrés au bien-être. Impossible cependant d’en profiter car j’étais là pour travailler. La première épreuve fut la première rencontre avec l’organisateur. Il savait que j’étais angoissé. Il m’a donc traîné par la main et m’a présenté à tous les participants en expliquant que j’étais un peu stressé et qu’il fallait être très gentil avec moi, même si mon rôle était de jouer le méchant. J’ai eu un peu honte, mon visage était écarlate et j’ai eu pour la première fois de ma vie les mains et la culotte moites. Pouet.

La première soirée fut agréable. J’ai fait la rencontre d’une Allemande qui m’a invité à se joindre à sa tablée composée principalement de teutons. Un Italien, deux Américains, une Belge et une Anglaise sont venus compléter la brochette. Tout le monde se connaissait. Ils avaient pris l’habitude de se rendre au chalet tous les automnes depuis cinq ans. Le menu était très riche et copieux. Le vin à volonté. Beaucoup de charcuterie (moui moui, c’est un peu cliché), un choix de plats impressionnant et surtout de merveilleux desserts comme seuls les Autrichiens sont capables de les préparer. Gâteaux à la crème, cerises acides, sachertorte et apfelstrudel. J’en ai même eu une érection. L’érection est retombée brutalement hier juste avant ma prestation. L’exercice s’est révélé être un peu plus compliqué et périlleux que prévu, devant blablater devant un micro pendant près de deux heure et parler d’un sujet que je maîtrisais moyennement devant une assemblée bien plus qualifiée que moi. Je me suis également aperçu en me rendant aux toilettes que mes implants étaient maculés de pavot. J’avais été puni de ne pas avoir résisté à ces délicieux petits gâteaux offert pendant la pause.

Hier soir, j’ai tenté une descente au restaurant. Ne connaissant pas grand monde et ne souhaitant ni m’incruster ni m’imposer, je suis remonté comme un crétin dans ma chambre. Étant impossible de sortir sans risquer se faire dévorer par un ours, Heidi la dinde s’est repliée sur le paquet de chewing-gum qu’elle avait eu la bonne idée de glisser dans ma valise. La soirée fut donc très sobre. Côté internet, ce fut la misère. La seule borne wi-fi disponible était située dans la salle de réunion et le débit était inférieur à celui disponibles via nos modems pourris au siècle dernier. J’ai toutefois eu la chance de tomber sur mon émission préférée, “Das perfekt Dinner”, mettant en scène cinq jeunes allemands préparant une Tomatencremsuppe, un Wirsingsachschen et une Beerhebwolkchen. Schmeck sehr gut! Il ne manquait plus que „Seconde chance“ et „Plus belle la vie“ sur TV5 et la soirée aurait été parfaite.

Encore une matinée à tirer et je vais retrouver mon hôtesse plantureuse et ses fameuses brioches pour une virée au-dessus des alpes. J’ai hâte. Monsieur Lapin aussi.


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