Magazine Journal intime

Les copains d’abord

Publié le 28 octobre 2008 par Chondre

J’ai toujours été très attaché à la notion de clan. A chaque période de ma vie, j’ai eu la chance d’être entouré d’un groupe d’amis fidèles. Je me souviens encore de François, Christian, Frédéric, Franck, Yan ou d’Anthony. Chacun de ces personnages était foncièrement différent. Ils ont tous contribué, d’une façon ou d’une autre, à me construire et à forger mon caractère. Je les ai perdus de vue depuis longtemps, la vie écrémant l’entourage avec une facilité déconcertante. Je me souviens toujours avec beaucoup de nostalgie du groupe que nous formions à la Faculté. Ce groupe est toujours présent et compte beaucoup pour moi. Même si nous nous voyons tous un peu plus rarement, nous sommes capables de reprendre une conversation à l’endroit où nous l’avions laissé un an plus tôt. Rien n’est figé. Nous grandissons, nous rencontrons d’autres amis qui deviennent avec le temps des amis d’amis, notre carrière professionnelle évolue et/ou nous bâtissons une famille (dernière option réservée toutefois à la frange non déviante de la population). Des engueulades, des ruptures ou des disparitions viennent également pimenter l’existence. Une partie de mes indispensables, comme l’écrirait Samantdi, partage ma vie depuis une quinzaine d’années. Nous avons donc eu tout le temps d’apprendre à nous connaître et de nous apprivoiser mutuellement.

Je me souviens parfaitement du jour ou Delphine nous a annoncé qu’elle partait s’installer à Clermont Ferrand. Elle rejoignait Nicolas et avait déjà trouvé un poste de pharmacien. Nous avons passé une dernière soirée en leur compagnie quelques jours avant son départ. Les adieux furent très douloureux. J’ai tout d’abord commencé par rougir. J’ai vite été submergé par l’émotion, un peu comme un môme sujet à un gros chagrin. Je n’ai pu m’empêcher de fondre en larmes, me transformant ainsi en une Miss France peu ragoutante recevant son diadème, option huitre dégoulinant des narines et regard de panda. Je ne pouvais me résoudre à l’idée de l’éloignement, même si j’étais le plus heureux des Alexandre. Elle s’installait avec quelqu’un de vraiment bien et elle était surtout épanouie. Kristel a également choisi l’option province pour se réfugier non loin de Béziers. Moustic a disparu. De la daske company il ne reste donc plus sur Paris que le A et le S. Notre récent déménagement du boulevard de Picpus nous a également éloigné physiquement de Cécilou et sa petite famille, mais également d’Absinthe et Blunt. La rupture a été très douloureuse, après avoir vécu des années en Ashram, les uns chez les autres. Nous sommes bien heureusement tombé dans un nid d’amis, coincés entre la rue Notre dame de Nazareth et l’hôpital Saint-Louis. Notre fils chéri nous a même permis de rencontrer des personnages plus délicieux les uns que les autres.

Le temps réserve parfois de très belles surprises. La vie nous permet de croiser à nouveau des individus avec lesquels nous ne partagions pas spécialement d’atomes crochus. Ce fut le cas pour Jérôme qui était initialement un ami proche de Snooze. Nous n’avions malheureusement que des dégoûts en commun et nous étions, à l’époque, à deux doigts d’en venir aux mains. La vie de Snooze a été cauchemardesque pendant des années car il devait en permanence ménager la chèvre et le chou, et prévoir ses sorties en fonction, officiellement de ses amis, officieusement en fonction de son petit ami et de son ami. Il n’a jamais renoncé à nous réunir. Nous avons fini par nous réconcilier pour devenir les meilleurs amis du monde. Il fut même l’un des premier à connaître le lien qui m’unissait à Snooze. Son premier mariage fut l’occasion de retrouver Alexandre, un autre larron lui aussi rencontré à la Faculté de pharmacie. Jérôme épousait la funeste et glaciale Marjorie. Il a depuis divorcé (alléluia chakalakalaka boom), rencontré la charmante Agathe, l’a épousé et est devenu papa gâteau. Jérôme et Agathe se rajoutent à la liste des amis qui quittent Paris. Il a accepté un poste à Genève et nous conviait samedi dernier à fêter son départ. Crise financière, nouveau boulot ou fatigue, Jérôme semblait fatigué et ailleurs. Pas de larme (j’ai un peu grandi, si si). Jute un gros pincement au cœur et la promesse de vite se retrouver au pays du chocolat au lait, des montres et de l’argent sale.

A qui le tour maintenant ?


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