Magazine Journal intime

Halloween et moi

Publié le 30 octobre 2008 par Chondre

Lorsque j’étais étudiant (c’est-à-dire beau, jeune mais fauché), j’attendais avec impatience le 31 octobre. Halloween n’était pas une fête célébrée en France et seuls certains bars américains de la capitale proposaient des animations. Nous nous retrouvions généralement dans la grande maison de mon amie Delphine et passions des heures à décorer le rez-de-chaussée et le jardin. Nous nous déguisions et accueillions une trentaine d’amis pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Cette soirée était le pendant d’une autre, celle du 18 février, où nous célébrions la sainte Bernadette, sainte patronne des pétasses et des travelos en tout genre. Mais c’est une autre histoire, même s’il me reste une quantité incroyable de films et de photographies pour faire chanter mes ex-amis. Crise oblige, il faut bien assurer ses fins de mois.

Je me souviens également d’une soirée d’Halloween passée à Montréal. Nous avions loué un grand appartement avec Snooze, Absinthe et Cécilou et avions décoré le porche de la maison de squelettes et de citrouilles. Nous pensions avoir prévu très large en dévalisant les rayons de chez Jean Coutu, le drugstore situé à deux blocs de notre maison. Nous avions à notre disposition trois ou quatre kilos de cochonneries sucrées. Le drelin drelin de la sonnette n’a pas cessé à partir de 18 heures. De jeunes enfants tous déguisés et le plus souvent accompagnés de leurs parents ou leurs grand(e)s frère(s) ou soeur(s) nous réclamaient avec beaucoup d’insistance des friandises. Notre stock a vite diminué, nous conduisant ainsi à faire des allers-retours fréquents avec le magasin voisin. Au bout de deux longues heures, nous n’avions plus aucun bonbon a offrir. Nous avons alors joué les morts en éteignant en toute urgence les guirlandes orange et les bougies et nous sommes réfugiées comme des lâches au fond dans la cuisine.

Entre temps, les marchands de plastique orange, les importateurs de trucs pas NF et les confiseurs ont brièvement tenté de s’emparer du phénomène, histoire de caler une fête commerciale entre la rentrée et Noël. Trop de fête tue la fête et la ménagère de moins de cinquante ans a vite été gavée et lassée par une coutume que l’on tentait de lui imposer. Tout était bon pour glisser une citrouille dans une vitrine. Même les pharmaciens s’amusaient à décorer leurs officines de sorcières et de squelettes. Sympathoche lorsqu’on est malade a crever et que l’on doit acheter sa dose de médocs.

En attendant, même si cette fête me fait dorénavant un peu chier, elle représente finalement un bon moyen pour régler mes comptes avec la copropriété de mon immeuble. J’ai ainsi décidé cette année de me transformer en Tati Chondrodanielle et pourrir la soirée des affreux monstres du premier étage et de leurs parents. Première étape: se rendre chez le pharmacien et acheter un paquet de ces petites poches remplies de gel (accessoirement conçues pour déboucher les derrières et appelées Microlax). Deuxième étape: Acheter un paquet de bonbons du Lapin Blanc, bonbons au lait produits en Chine et potentiellement contaminés à la mélamine. Disposer ensuite les friandises dans de jolis petits sachets transparents et les fermer avec un ruban orange et noir. Ne pas oublier de les appâter en décorant le palier et la porte d’entrée de squelettes et autres citrouilles. Cerise sur le gâteau, leur faire peur, mais vraiment peur en ouvrant la porte d’entrée. Avec un peu de chance, les monstres hyperactifs se chieront dessus, au sens propre comme au figuré, et se calmeront au moins jusqu’à la fin de l’année.


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