Magazine Journal intime

Journée de merde, vie de merde

Publié le 13 novembre 2008 par Anaïs Valente

Je fais dans le fastoche, je copie mon statut de culchèvre, tant qu'à faire.

Déjà ce matin, j'aurais dû sentir l'oignon.  J'ai ouvert le courrier au bureau, en gentille employée dévouée que je suis toujours.  Au milieu des enveloppes immaculées, j'en repère une dans un état lamentable.  Au-dessus de l'adresse, un autocollant rouge postal bien connu, du genre de ceusses qui stipulent « n'habite plus à l'adresse », « déménagé », « inconnu à l'adresse », « divorcé deux enfants », « disparu en emportant la caisse », « largué comme une vieille chaussette » et autres trucs du genre.  Dans le cas qui m'occupe, la case « n'habite plus » est cochée. En gentille employée dévouée que je suis toujours (bis), j'ouvre l'enveloppe, regrettant au passage de ne pas avoir mis des gants de protection en latex.  Et j'y découvre un courrier daté du 14 décembre 2006. 

Voilà la poste belge actuelle ma bonne Dame.  Un foutoir plus foutoir que tous les foutoirs du monde.  Deux ans pour récupérer un pli n'étant pas parvenu à son destinataire.  Enfin, je suis mesquine, je devrais dire « presque deux ans ».  Je comprends l'état de l'enveloppe, elle a dû traîner dans un coin d'un bureau de poste, être dévorée par les rats qui squattent les lieux, à moins qu'elle n'ait glissé subrepticement sur le sol et que l'employé, myope, lymphatique ou trop obèse pour se pencher (voire les trois à la fois), n'ait pas jugé bon de la ramasser.

Ensuite, je parcours vaguement les gros titres du Vers l'Avenir, lorsque mon attention est attirée par ces mots « calculez votre espérance de vie ».  Ben moi j'ai pas envie de connaître mon espérance de vie.  Ça me rappelle ce site ignoble sur lequel j'avais osé m'aventurer et qui, en fonction des données entrées (maladies, fumeur ou pas, femme ou homme) déterminait le jour exact de votre mort.  Il m'en a fallu du temps pour l'oublier, ce jour.  Alors mon espérance de vie, je préfère pas savoir.

Ensuite je rentre chez moi (dans l'intervalle j'ai bossé hein, n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit), je lis mes mails et j'apprends une nouvelle de merde qui fait de cette journée de merde une journée encore plus merdique, si c'est possible.  Impossible de faire pire, je vous le certifie.  Enfin si, je peux avoir un appel qui m'annonce un décès, mon pc peut exploser, je peux me casser la jambe en me levant du canapé après l'explosion et il peut ne plus y avoir de papier au WC.  Je suis d'accord, ça peut être encore plus merdique...

Mail suivant, de Vers l'Avenir, toujours, qui me propose encore et toujours de connaître mon espérance de vie, et m'informe que demain je pourrai déterminer mon âge intérieur.  Nan, j'veux pas.  Quoique... Le pronostic idéal : âge intérieur, 79, espérance de vie 79.  Et le tour est joué.  Quand on vit une journée de merde, on aspire à une mort moins merdique, tant qu'à faire.  Non ?

Pourtant, Pascal et Julie ont dit ce matin (changement de fréquence qui a fait que paf, j'ai contact sur mon réveil radio au lieu de NRJ, tant mieux, et que paf, j'ai plus rien dans ma salle-de-bains, tant pis...) qu'un jeudi 13, ça comptait pas...



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