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Publié le 01 février 2009 par Maldoror

Ca fait longtemps que je n'ai pas posté. Je n'étais pas malade, ni en voyage à l'étranger. J'étais fatigué. Fatigué de voir mon pays devenir le nid de l'intolérance, sous les coups de butoirs répétés de Brice Hortefeux, téléguidé par Nicolas Sarkozy. Je n'aime pas que les noirs et les arabes, clandestins ou pas, se jettent du 4ème étage d'un immeuble, dans mon pays, pour échapper à la police de mon pays.

Fatigué d'assister à cette parodie de pouvoir législatif, avec un Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée Nationale, aux ordres, le doigt sur le couture du pantalon, l'oreillette bien assujettie, directement branchée avec l'Elysée ; un Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, lui aussi téléguidé par l'Elysée, lui aussi le doigt sur la couture du pantalon, lui aussi prêt à déclarer solennellement les pires insanités si Nicolas Sarkozy lui en fait la demande.

Si Nicolas Sarkozy le leur demandait, ces deux-là affirmeraient sans frémir que les noirs et les arabes sont la première cause de délinquance en France.

Et les députés socialistes qui boycottent la séance de questions au gouvernement. Et tout le monde s'en fout. Ils pourraient aussi bien défiler devant l'assemblée nationale avec une plume dans le cul en mangeant de la terre, les députés socialistes, que tout le monde s'en foutrait pareil. Tout le monde s'en fout, parce que Nicolas Sarkozy s'en fout, et qu'aujourd'hui, les petits chiens chiens politiques que sont les Coppé, Bertrand et autres Devedjian, aiment ce que Sarkozy aime, détestent ce que Sarkozy déteste, s'insurgent de ce contre quoi Sarkozy s'insurge, et ironisent sur les sujets dont le Président se moque.

Sarkozy est dangereux, mais sa cour, elle, est juste pitoyable.

Fatigué de voir mes compatriotes lentement se résigner, lentement se courber, lentement se soumettre. On leur interdit de boire, on leur interdit de fumer, on leur interdit ceci, on les oblige à cela. Et ils se soumettent, comme des chiens. Et quand on les fait descendre dans la rue, par millions, et que le pouvoir affirme qu'il a bien entendu les craintes du peuple, mais qu'il doit continuer des réformes difficiles mais nécessaires (traduction : foutez-vous vos banderoles au cul, tas de cons, on y est, on y reste), le peuple rentre sagement chez lui, se secoue un peu, et va se coucher dans son panier, au chaud.

Fatigué, oui. Mais pas au point de me taire.

Gaza : le massacre en toute impunité

Maintenant que les avions se sont posés sur leurs bases, que les chars sont repassés de l'autre côté de la frontière, et que les Palestiniens peuvent compter leurs morts, il faut le dire : les Israéliens se sont rendus coupables de crimes de guerre à Gaza, notamment en lançant des obus au phosphore blanc.

Bilan humain de la guerre de Gaza : 1315 morts côté Palestiniens, 13 côté Israéliens. Non, il ne manque pas un zéro. Les Palestiniens ont subi 99% des pertes humaines de cette guerre. Dont près de 500 enfants de moins de 18 ans. Je ne parle pas des hôpitaux, des écoles et des réserves de nourriture bombardés (y compris des bâtiments de l'ONU).

Ehud Olmert devra être traduit devant un tribunal pénal international, pour crime de guerre. Enfin si un jour quelqu'un s'intéresse au fait que les juifs massacrent les arabes, évidemment.

Obama : l'impossible espoir

La tâche qui attend le nouveau Président Américain est immense, démesurée, insensée. Et pourtant, il va falloir qu'il prenne les problèmes à bras le corps, un par un. Georges W. Bush lui a laissé un tas de ruines, qu'il va lui falloir reconstruire. L'économie, la puissance, l'image des Etats-Unis, Bush a tout flingué, en 8 ans, il a fait des Etats-Unis un pays dont plus personne ne demande seulement l'avis pour résoudre une crise mondiale comme celle de la Géorgie, par exemple.

Exsangues, les Américains vont devoir encore faire des sacrifices. Et comme si cela ne suffisait pas, on leur dit maintenant (alors qu'on leur affirmait le contraire du temps de Bush, mais l'ancienne administration américaine n'en était pas à un mensonge près), que le réchauffement climatique est irréversible, qu'il n'y aura bientôt plus de pétrole, qu'ils sont trop gros, trop pauvres.

Pauvres Américains, en effet. Et Obama va devoir fermer Guantanamo, retirer les troupes en Irak, repenser le déploiement des militaires américains en Afghanistan, redorer le blason de l'Amérique, notamment en reprenant la place qui est celle des Etats-Unis dans l'équilibre géopolitique mondial... Ses nuits vont être courtes, mais quand on entre dans l'histoire par la grande porte, on est tenu à un engagement de résultat.

Parti Socialiste : la déglingue

Ah, quel beau parti que nous avons là, quelle belle et forte opposition au gouvernement, et combien les nuits du Président Sarkozy doivent être agitées, en pensant au danger que représentent Martine Aubry et Benoît Hamon.

Ah ça, je crois que le résultat du congrès de Reims aura été au delà de nos espérances. Démoli, déglingué, descendu, flingué, ratatiné, ratiboisé, anéanti, brisé, il ne reste plus rien de ce parti, dont il serait logique que Martine Aubry soit la dernière secrétaire générale, et celle qui prononcera fort logiquement sa dissolution.

Manifestations : En France, quand il y a une grève, ça se voit

Les Français étaient très nombreux, dans la rue. Environ 1.7 millions, voire 2 millions (entre 1 million selon la police et 2.5 millions selon les syndicats, arrange ta cravate avec ça). "Ce n'est pas la rue qui gouverne", avait dit Raffarin. "Désormais en France, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit", avait affirmé le 5 juillet 2008 devant le conseil national de l'UMP un Nicolas Sarkozy sûr de lui et presque hilare. La grève du 29 janvier a retenti comme un gigantesque coup de pied à l'arrière-train de tous ceux qui s'imaginent que le peuple n'est pas en mesure de marcher un jour sur n'importe quel bâtiment pour en déloger un locataire indélicat. Faites attention, messieurs : quand on n'a plus rien à perdre, on a tout à gagner.

Saint-Lô : Sarkozy pète les plombs

Il a disjoncté. Ce n'est pas la première fois, on a déjà pu constater à quel point le Président peut être impulsif (le même Président qui avait dit à Ségolène Royal, quand il n'était encore que candidat, qu'être Président, ça demande de la réflexion et du calme), impulsif en traitant un de ses concitoyens de "pôv'con", impulsif en décrochant son téléphone pour faire interdire in extrémis la parution d'un livre sur sa femme (et désormais son ex, Cécilia).

On le savait paranoïaque : il n'a pas hésité à faire évacuer la totalité du centre ville de Nîmes, avec tireurs d'élite sur les toits, interdiction d'accès total (les gens qui étaient dans leurs maisons ne pouvaient pas en sortir, ceux qui étaient dehors ne pouvaient pas rentrer), le tout pour une visite éclair d'un musée et un discours sur la culture.

Mais son impulsivité semble chaque jour prendre un peu plus le pas sur sa réflexion. Ainsi, le Roi a déplacé son auguste personne jusqu'en la bonne ville de Saint-Lô, préfecture de la Manche. Or, quelle n'a pas été sa surprise de constater que, contrairement à Nîmes, personne n'avait pris soin de faire évacuer la ville pour assurer la sécurité de sa personne. Pire, des manifestants -oui, des manifestants !, s'étaient rassemblés, suffisamment près de l'auguste personne de sa majesté pour que celle-ci entende la foule le siffler. Le siffler !

Sitôt rentré en son palais, le Roi, laissant pour un temps les dossiers moins importants, comme le réchauffement climatique, le chômage grandissant, les entreprises exsangues, le déséquilibre politique au Moyen-Orient, le Roi prit alors sa plume, pour exiger que le préfet de la Manche soit sanctionné durement, pour avoir laissé la populace le siffler ainsi. Puis, après le préfet, voici que le directeur départemental de la sécurité publique a lui aussi été prié de faire ses valises.

Ah ça, on va leur apprendre à ces manants, à respecter le Roi ! Et encore, ils ont de la chance, les deux, là. Il y a de cela encore 200 ans en arrière, on leur aurait coupé la tête...


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