Magazine Journal intime

Souvenirs du passé

Publié le 28 février 2009 par Dunia

Aux femmes de ma famille

Cette mort qui m’ébranle

Depuis le décès de ma grand-tante Margarita, je plonge, contre ma volonté, dans le passé. Dans celui de ma famille. Dans le mien. Je me souviens des histoires entendues. Notre Histoire. Je revis mon enfance. Revois les disparus. Me rappelle les meeting. Les chansons. Margarita connaissait bien les chants des miliciens espagnols. Un jour, lors d’une grande réunion, on lui a rendu hommage pour avoir défendu la démocratie et les valeurs républicaines. Pour avoir supporté les prisons de Franco et en être sortie. Les jeunes militants anti-franquistes l’applaudissaient. Elle souriait modestement, heureuse que ses souffrances, celles de sa soeur, de ses frères, de son mari, de ses belles-soeurs, de ses beaux-frères, de ses amies et amis, des souffrances qui n’avaient pas empêché la dictature, soient reconnues. Un hommage qui, comme toujours, s’est terminé par les chants des miliciens.

On parle peu du rôle de la femme durant la guerre et l’après-guerre civile espagnole. Pourtant, les femmes ont apporté leur pierre à l’édifice de la liberté qui dut attendre 40 ans avant d’être bâtit. Qu’elles aient été militantes engagées comme ma grand-tante Margarita, ou femmes au foyer, comme ma grand-mère maternelle dont la principale préoccupation fut de recourir à mille stratagèmes pour nourrir ses enfants et soutenir moralement un mari qui revint du front le moral défait, elles ont fait preuve d’un courage de tous les instants.

Ci-dessous, j’insère une court montage en hommage des femmes, des miliciennes plus particulièrement, qui ont vécu la guerre civile espagnole. La bande sonore Ay Carmela une est adaptation d’une chanson populaire du 19ème siècle, que les guérilleros espagnols chantaient lorsqu’ils combattaient les troupes de Napoléon en 1808. Au cours du temps, les paroles se sont adaptées aux situations politiques et sociales. La version la plus connue -celle que j’ai toujours entendue durant mon enfance- fait mention de La Batalla del Ebro. Cette bataille, l’une des plus terribles et longues de la guerre civile, dura 114 jours à partir du mois de juillet 1938. La chanson rappelle les premières victoires del Ejercito Republicano qui, aidé par cinq Brigades Internationales , arracha un territoire de 600km carrés aux troupes franquistes. Toutefois, la victoire définitive revint à Franco qui, aidé par les nazis allemands et les fascistes italiens, disposait d’un matériel de frappe bien supérieur à celui des républicains.

Aux femmes de ma famille, à toutes celles qui ont combattu le franquisme, chacune à sa manière, je dédicace cette vidéo et la chanson Ay Carmela dans la version qui relate la Bataille de l’Ebre* .


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