Magazine Journal intime

Récit de voyage Lycéen.

Publié le 17 mars 2009 par Wawaa

Bloguer était ma destinée. J'en suis maintenant convaincue. L'autre jour, au fond d'un placard, j'ai retrouvé un vieux cahier du lycée. Pas de cours de français dessus, ni de maths ou de biologie. Rien de scolaire. Le cahier, écrit à la main, raconte un voyage de classe que nous avions fait dans le cadre des cours de Sciences et Vie de la Terre, nous, la première S 1. J'ai décidé aujourd'hui, de vous proposer ce récit de voyage sans aucun changement, sans les photos qui sont trop terne pour ressortir correctement au scanner. Je propose quelques annotations à la fin du billet en guise de commentaires. J'essaierai juste de corriger les fautes orthographiques même si en ce moment je suis douée pour en faire ! Attention, ça commence à la ligne suivante !


Le Voyage à Briançon des 1°S1 (Baptisée Première des S par Mr C.) en Mai 200.


Tout a commencé à l'aube de l'avant dernier Lundi de Mai, vers 6h00. Les dernières rosées matinales avaient laissé des souffles hivernaux dans la rue Berthelot. Nous étions tous devant le lycée à attendre que le bus daigne arriver pour nous réchauffer à l'intérieur. On nous avait distribué des repas. Comme d'habitude nous plaisantions comme des fous et bien-entendu je faisais le pitre, pour ne pas changer. Tout le monde avait totalement l'air endormi : certains avaient gardé un air désolant, regrettant de s'être levés si tôt, d'autres donnaient l'impression de sortir d'un cauchemar, les cheveux hirsutes, la face terrifiée. Enfin, il y avait ceux qui souriaient, heureux de partir et d'être tous ensemble : les premières S1. La meilleure classe qui n'ait jamais existé au monde, la plus amicale, la plus solidaire et dont nous nous souviendrons, c'est sûr !
Le bus était en retard et tout le monde s'impatientait : Mme P., notre professeur de SVT, et monsieur A., notre professeur d'EPS, piétinaient en se demandant si un beau matin notre unique moyen de transport arriverait. Quand nous l'aperçumes au bout, tout au bout de la rue, un soulagement se fit sentir sur tout les visages.
J'avais décidé d'embêter l'adorable Emilie, la première de la première des S, en m'asseyant à ses côtés. Sur les deux sièges à côtés de moi, les deux amoureux les plus sympathiques du bahut faisaient des choses…enfin bref ! Ils étaient assis enfin presques… Je parle bien sûr de Cyril, le roi du Vinyle (1), et Flora, la reine de la Rumba. A mes côtés, Emilie somnolait ouvrant un œil quand je la secouais ! Devant nous, il y avait Yann, le roi de la Vanne, le râleur de service, jamais ou rarement de bonne humeur, et à ses côtés Mathieu, le Roi des omelettes aux œufs qui avait une tendance à se retourner souvent, pour nous enquiquiner, Emilie et moi. Ma première réaction fut de prendre une arme fatale : mon appareil photo…et dès qu'il coinça sa tête dans le creux triangulaire que formait les hauts de sièges du bus, je plaçais mon objectif face à lui, le doigt sur la détente et "clic", une photo réussie. C'est ainsi que le sourire de Mathieu remplaça le légendaire sourire énigmatique de la Joconde.

La matinée avançait. Nous commençâmes à prendre de l'altitude. Le chauffeur mis la radio et comme je m'ennuyais un peu, je me levai dans le but précis de trouver une occupation ! Au milieu du bus, il y avait un petit escalier qui menait à une porte extérieure. Je m'installai ici, devant Flora et Cyril. Je me mis à danser et tout le monde se foutait à peine de moi… Je faisais l'imbécile, une fois de plus. Dès ce moment-là je trouvai que le temps passait plus vite car nous riions, nous plaisantions. Jessica, la reine du pipi quand des toilettes y'en a pas, avait envie de faire pipi toutes les quatre minutes et trente-cinq secondes, et Céline, la reine de la pâte fine, écoutait sûrement de la techno sur son baladeur. Jérôme, le roi de la tarte aux pommes, nous avait rejoint.
L'arrivée se fit vers 11h30. Et un long trajet nous attendait ! Nous fîmes la rencontre d'un guide quasi muet qui nous dirigea vers des montagnes superbes. C'était un paysage alléchant de fraicheur et de beauté : c'était la nature à l'état pur ! De la verdure, de la végétation dépaysante, des vallées extraordinaires. Un ciel limpide et lumineux, d'un bleu océanique, annonçait déjà que le temps rendrait la randonnée plus agréable. Bref ! Un véritable paradis sur terre, ou des lacs glaciaux gardaient une eau aussi clair que les vitres propres d'une fenêtre. La nature est là-bas un luxe, que les citadins rêvent de se payer pour en mettre un peu dans leurs jardins scabreux.
J'avais repéré des amas de petites fleurs bleues et jaunes qui longeaient les sentiers de randonnée. On n'avait pas envie les cueillir car elles étaient bien trop belles et puis on n'aurait pas voulu les voir mourir au creux de nos mains ! Nous vîmes aussi des pulsatilles, des sortes de fleurs poilues, originales, mais ni Sabot de Vénus, ni Saxifrage ! Le plus souvent, les étendues de terres étaient un mélange de trois verts différents : l'herbe, les arbustes et les sapins.
Nous nous arrêtâmes pour manger dans une petite place toute verte, traversée par un sentier. Karine et Jessica n'étaient pas encore arrivées, elles avaient des problèmes avec leurs pieds… les premières ampoules apparaissaient. J'en profitais pour prendre notre groupe incomplet en photo. Sont-ils beaux quand ils mangent !!! Je pris aussi en photo d'autres gracieux paysages. Après avoir terminé de nous restaurer nous reprîmes (à la traine pour ma part, qui proposais des pauses tous les trois mètres cinquante) le chemin qui menai vers les ophiolites du Chenaillet (2). Les montées devenaient plus difficiles. Nous arrivâmes au bord d'un lac éblouissant où nous sortîmes feuilles et stylos afin d'étudier sur le terrain la géologie ce qui ne m'intéressait guère, moi, qui étais totalement envoûtée par le panorama.
Puis nous continuâmes à grimper jusqu'à ce que le lac ait la taille d'une pomme. Les pentes devenaient plus raides et plus caillouteuses au fur et à mesure de notre avancée. Et Karine et Jessica étaient toujours à la traîne ! Nous montâmes, nous glissâmes, nous grimpâmes jusque "pause travail". Je surpris David et Gautier en pleine réflexion géologique. Etonnant, n'est-ce-pas ? Je me demande si David ne s'ennuyait pas plutôt que de réfléchir.
Puis, après avoir franchi des sentiers sinueux, raides et parsemés de cailloux et de roches pointues, nous arrivâmes au sommet du Chenaillet. On apercevait au loin les pics couverts de neiges éternelles et des pistes de ski parsemées de névés. Et toujours Karine et Jessica, à la traîne.
Et puis une Emilie munie d'un appareil photo apparut souriante devant ce paysage sémillant qu'elle rendait par son sourire encore plus étincelant de beauté (3). Et toujours des pics, des cimes rocheuses, des névés et un ciel d'un bleu unique pour nous accompagner.
Nous redescendîmes heureux, mais lessivés, les pieds en compotes, avec de grosses ampoules douloureuses. Mais nous descendîmes en chantant ! Tout le monde retrouva le bus et ses inconfortables sièges avec grand plaisir. Je n'avais qu'une envie : prendre une bonne douche ! Nous arrivâmes au dortoir avec des mines fatiguées, récupérant nos chambres. Je crois bien que tout le monde apprécia de prendre une douche et de soigner ses ampoules.
Le soir la cuisinière nous avait préparé un délicieux porc aux pruneaux avec des pâtes pour caler nos estomacs affamés. Nous nous couchâmes, la première S1 à moitié, vers minuit après avoir vadrouillé d'une chambre à l'autre, entre notre chambre et celle de Cyril, Yann et Mathieu. Notre sommeil devait être profond mais nous nous sommes réveillées (les filles) à 7h et à 7h30 nous sommes allées réveiller les garçons avec un certain plaisir. David nous rejoignit dans notre chambre pour faire l'imbécile, chose qu'il sait faire le mieux (4) ! Mais nous avions tous un air déplorable, les yeux rouges, endormis, les membres endoloris, les pensées fugitives.
Je ne vais pas raconter tout ce que nous avons fait le deuxième jour et le troisième jour. Pour tout résumer nous avons étudié l'aspect caillouteux des pierres et des pans de montagnes …rien de plus passionnant ! Et oui ! Les roches ont mille secrets que nos esprits endormis avaient énormément de mal à déchiffrer. La moindre grimpette m'épuisait et sûrement que les autres avaient la même impression. Mais il fallait être courageux car la route était encore longue. A l'heure du repas (mon heure préférée) nous nous sommes installés dans une petite clairière toute verte où le sourire de Flora, notre petite princesse des fleurs (5), embellissait le paysage. Derrière elle, Jessica et Claire faisaient de la bronzette.
Je ne pensais qu'à une chose, aller dans le rayon bonbons du Champion qui se trouvait pas loin des dortoirs. Yann, Jessica, Claire, David et Mathieu se livrèrent une terrible bataille d'eau, la chaleur devait leur donner des envies de baignades.
Le soir du second jour Emilie, Claire et moi avons été prises par un vent de folie ! Après avoir passé la soirée à 15 dans notre chambre à tenter de faire de la sophrologie avec David, après avoir admiré l'équilibre et la fraicheur d'esprit de l'ami Bertinou qui "Périkikisisitionne" (6), nous avons déconné jusqu'à 4h du matin. D'abord nous avons discuté puis cela a dégénéré entre fous rires et humour. Après une très longue discussion illogique et insensée avec le radiateur (7) alors que nous avions rien bu, nous décidâmes vers 4h00 du matin de nous endormir. Nous finîmes la nuit avec trois heures de sommeil et d'énormes difficultés à se lever.
Nous primes en photo Votha, armé d'une couverture, d'un bonnet de nuit et de sa brosse à dent. A quand la pub pour Email diamant ?
Durant la troisième journée qui commença mal (8) (mais il ne vaut mieux pas reparler d'un mauvais souvenir) nous pensâmes à nous réunir autour de François, le roi de "l'Exact" (9). "Oui, Exact !". A midi nous mangeâmes dans un endroit surplombé d'un château à cheval sur un rocher.
Tout le long du séjour, Emilie et moi, coquine que nous sommes, avons eu des rapports particuliers avec notre Colinou adoré, Jérôme, le roi de la pomme, qui a un cou si doux qu'on ne se lasse jamais , croyez-le bien, jamais de caresser. Et nous n'avons pas pu résister à la prendre une dernière fois dans nos bras pour lui montrer toute l'affection que nous lui portions. Nous avons prévu, Emilie et moi, d'un jour faire ménage à trois …
(1) Tout le long du texte je donne un surnom à la con du genre à mes copains. C'était peut-être un de nos délires de l'époque ou juste mon délire.
(2) Je ne me souviens pas de ce que sont les Ophiolites, quoique je sais que ça a un rapport avec la roche océanique. Ceci étant, je me souviens qu'à l'époque, je n'aimais pas du tout ça.
(3) Et elle est toujours aussi étincelante de beauté la petite Emilie !
(4) Et je suis sûre que c'est toujours d'actualité, même 9 ans après !
(5) C'était ma meilleure copine, et j'étais dans ma période Bisounours.
(6) L'individu avait ingurgité un peu trop d'alcool, il tenait le mur et s'était réfugié chez nous alors que les profs faisaient la ronde dans les couloirs.
(7) Le son de la chambre du dessus repassait par les radiateurs, ainsi nous avons reconnu la voix de Yann. Nous envoyions des messages à travers la tuyauterie, mais sans succès.
(8) Un de nos camarades de classe a foutu un coup de point à une fille de notre classe, je l'ai entendu hurler dans le couloir à réception du coup, elle était accroupie dans un coin, j'étais la première à la trouver là, avec son œil violet tout gonflé… le camarade frappeur a été expulsé une semaine du Lycée, et nous avons eu l'occasion de discuter avec lui en classe de son acte.
(9) Le jeune homme posait son menton entre l'index et le pouce, prenait un air intelligent et disait "Oui, exact"


Gersicotti Gersicotta à l'Isle-Jourdain
Pondéralement vôtre et les fruits et légumes !
Un jour, un mot aime les randonnées !


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