Magazine Journal intime

Les volets bleu lavande

Publié le 23 avril 2009 par Alainlecomte

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(Grignan, office du tourisme et bibliothèque)

Par les chemins buissonniers, je suis remonté depuis Montpellier : la Drôme est un département joyeux. A Grignan devant la mairie à colonnades, madame de Sévigné s’évente sur un socle de marbre. Face à elle monte la rue qui mène à son château. Au début de cette rue, sur la gauche, une librairie de livres anciens et d’occasion (« ma main amie » - clin d’oeil à Cendrars - ) ouvre les jeudis, vendredis et samedis dès onze heures du matin. On y trouve essentiellement de la poésie : Philippe Jacottet est le seigneur des lieux. La boutique est tenue (préservée ?) par une dame âgée charmante qui débarque en kangoo. Derrière son bureau, elle fume sa pipe. On trouve de tout, on lit de tout. Jacottet a beaucoup fréquenté Maurice Chappaz (mort récemment), le grand poète du Valais, et son dernier ouvrage justement, s’intitule « Pour Maurice Chappaz », paru aux éditions Fata Morgana. Sur la terrasse du château, on peut méditer un instant sur la succession des collines drômoises, qui n’est stoppée à l’horizon que par les éoliennes du Tricastin :

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on a dû déjà mille fois les comparer aux moulins de Cervantes. Reprenant la route, un peu plus loin, on s’arrête à Dieulefit, qui fut un refuge des poètes de la Résistance. Le jeune Aragon y a fait sans doute quelques frasques. C’est étonnant comme les volets ont ici une prédilection pour le bleu lavande. On remonte plus au nord vers Bourdeaux, puis le petit village de Saou (et sa forêt bien connue, quelques brigands sans doute ?) avant d’atteindre Crest et sa grosse tour médiévale. Ensuite la plaine du labeur et des labours. Je me souviens de mon enfance quand je jouais dans les champs à Montmeyran. Ma grand-mère était de Chabeuil. Rien de touristique alors dans ces coins de campagne. Mon grand-père me menaçait « si je n’étais pas sage » de devoir aller garder les oies à Cliousclat. Cliousclat était la pire punition, le trou du monde. Aujourd’hui, c’est un charmant petit village et je crois savoir que des tas de Parisiens seraient prêts à débourser des fortunes pour y établir leur résidence secondaire….

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Terre de liberté…


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