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L’avortement thérapeutique est inacceptable

Publié le 26 mai 2009 par Micheljanva

Dans Présent daté d'aujourd'hui, Jeanne Smits a interrogé le Pr Josef Seifert, de l'Académie pontificale pour la vie, sur la fameuse affaire de Recife. On y lira d'intéressantes réflexions sur l'excommunication, la charité, la doctrine de l'Eglise à propos du respect de la vie. En voici un avant-goût :

"J’aimerais vous soumettre l’argument d’un journaliste catholique français –que je précise ne pas partager– qui s’est montré très en colère à propos du geste de Mgr Cardoso Sobrinho : il a soutenu que tous ceux qui applaudissent l’archevêque participent d’une hérésie « vitaliste » qui exprime un respect excessif de la vie humaine biologique. Comment réagissez-vous à ce type de raisonnement ?

S Je crois que l’hérésie vitaliste constitue un danger quasi nul dans l’Eglise aujourd’hui. Je crois que c’est bien plutôt l’hérésie de ce que Jean-Paul II appelait la «culture de mort» qui menace. Je ne comprends pas bien ce que veut dire ce journaliste mais s’il appelle le fait d’insister sur la dignité sublime et le caractère moralement contraignant de la dignité de chaque personne humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort une hérésie, il s’agit d’un emploi totalement abusif de ce terme. Et c’est spécialement cela que l’encyclique Evangelium vitae déclare – de façon dogmatique, puisque le pape invoque l’autorité de Pierre et de ses successeurs – très clairement : que la vie humaine, depuis la conception jusqu’à la mort, doit jouir d’un entier respect sans exception, et que toute mise à mort directe d’une vie innocente est clairement un crime. De ce point de vue, je pense que toute déclaration qui relativise cette affirmation, comme le fait de dire que l’avortement thérapeutique est acceptable, ou qu’il y a incertitude sur le fait de savoir qu’il est permis ou non, est en réalité une hérésie «de mort» à la lumière de la déclaration dogmatique d’Evangelium vitae.

On peut bien sûr parler d’hérésie «vitaliste» dans le cas d’écologistes pour qui aucune forme de vie, même de vie bactérienne, ne doit être tuée. Si nous parlons d’un droit absolu de chaque organisme vivant, animaux ou plantes, alors il peut être question d’une «hérésie vitaliste» – comme quand on fait avec Brigitte Bardot un énorme scandale parce que des moutons sont abattus pour la plus grande fête religieuse des Musulmans au Maroc. Mais je crois que c’est un abus de langage choquant que de qualifier le respect entier et inconditionnel de chaque vie humaine d’hérésie. Il ne s’agit pas seulement d’un point de vue de l’éthique naturelle que Socrate a pu affirmer même en dehors du contexte de la Révélation, mais d’une doctrine de l’Eglise clairement affirmée, notamment dans Evangelium vitae."


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