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"Dans le café de la jeunesse perdue" - Patrick Modiano

Publié le 30 mai 2009 par Tazounette


J’avais parlé de ce livre ici quand je l’avais attaqué. Je viens de le finir. J’avais étudié quelques bouquins de lui durant mes fabuleuses études de lettres. Je n’avais pas trouvé ça transcendant. Je n’étais pas ressortie de son ouvrage totalement extasiée, loin de là. C’était la prof finalement qui m’avait fait apprécier son écriture. Elle nous donnait à voir la forme, nous rendait l’auteur accessible, lui qui est loin de l’être et finalement d’avoir les deux en parallèle ça permettait de trouver l’intérêt du fonds…

Je suppose que c’est ce qui m’a manqué pour apprécier vraiment ce livre. J’ai bien aimé. Certains chapitres sont chouettes. Le roman commence par la présentation d’un café Parisien, le Condé, où se retrouvent toutes sortes de personnages, plutôt « bras cassés ». Des gens un peu paumés, qui n’ont pas de vrais sens à leur vie, qui errent, mentent sur leur boulot, leur nom ou leur prénom pour cacher un peu cette honte qu’ils ont d’eux-mêmes, de ne pas être parvenus à devenir quelqu’un ou quelqu’une.

Il y a 4 grands chapitres et le narrateur se glisse dans la peau de 4 de ces clients hors normes, cela dans le but de découvrir qui est « Louki » une des « nouvelles » arrivantes dans ce club « ouvert »… Les 4 chapitres n’ont pas du tout la même densité. Le premier et le dernier sont beaucoup plus travaillés, plus soignés, vraiment, on se laisse emporter. Le deuxième nous paume un peu, le personnage est plus « bordélique » dans sa tête et on ne parvient pas bien à le suivre. Le troisième, qui pose le narrateur dans la peau de « Louki », n’est pas trop mal.

La chute finalement, on s’y attend presque dès le début. Comment ce livre pouvait-il finir autrement ? Quelle autre issue pour cette jeune femme ? Aucune, sûrement. Donc pas de surprise. Même si l’écriture de la fin rend l’évènement poignant, vu par un autre lié à elle à ce moment-là. Il n’en reste pas moins qu’on termine le livre en se disant « Et alors ? »…

Ce roman n’apporte rien et ce n’est pas son but d’ailleurs. C’est à prendre et à laisser, comme ça. Comme les personnages de ce livre avec lesquels on reste un temps et puis qui disparaissent, à l’image de ceux qui fréquentent ce café. Ils viennent régulièrement pendant un temps puis disparaissent. Comme certaines rencontres dans la vraie vie, des amitiés fortes qui se disloquent ainsi sans crier gare. Et il ne reste qu’un vague souvenir, un visage, une voie, une présence…

En fait, la vérité vraie, je crois, c’est que j’ai été déçue qu’il se finisse, j’ai été triste de quitter ce café, de quitter ces gens qui incarnent si bien ce que l’on a été chacun à un moment de notre vie… Une envie de se cacher et en même temps de rencontrer des gens, de créer des liens sans pour autant avoir envie qu’ils sachent véritablement qui l’on est, persuadé que l’on est rien ou pas grand-chose. Et cela est fort bien rendu, cette difficulté à être « vraiment » soi et à se déguiser derrière tant de choses dont on se convainc, qu’on parvient à faire croire à n’importe qui, n’importe quoi…

Non, à vrai dire je n’avais pas envie qu’il se termine, et ce n’est pas tant le fait qu’il se termine « comme ça ». Il aurait fini autrement cela aurait été pareil. Il y a des auteurs qui savent faire vivre des personnages si bien que quoi qu’il arrive, les quitter est difficile…

Si ce livre vous intéresse voici une critique pompeuse propre à Télérama  qui explique bien mieux l’univers de Modiano… Ayant jeté mes restes de fiches de mes études passées, avoir quelques pistes est mieux pour s’y lancer… J’aurais dû lire cela un peu avant cela m’aurait permis de mieux saisir certains passages…


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