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Procès Fofana... ou soupe pour Garde des Sceaux...

Publié le 25 juillet 2009 par Eric01
Les vacances auraient-elles déjà sonnées pour notre garde rapprochée de l'éthique républicaine, d'ordinaire si prompte à défourailler sur tout ce qu'elle soupçonne d'égratigner l'indépendance de nos institutions ?
C'est à se le demander.
SoupeAspergeFetes.jpg Il n'aura fallu qu'une demie journée de réflexion à Mme Alliot Marie pour décider du sort d'un procès qu'elle juge inéquitable et du renvoi de tous ses protagonistes à la barre, et le tout dans une doucereuse torpeur complaisante qui ressemble furieusement à de l'approbation générale...
Que se passe-t-il ?
Serait-il plus facile de dénoncer le téléguidage politique de notre justice quand il s'agit des turpitudes "scooterisées" de Sarkozy junior, que d'épingler le déculottage en règle d'un Garde des Sceaux face aux doléances de deux associations communautaires influentes ?
A l'évidence oui.
Car excepté quelques magistrats ulcérés, tout ce beau monde a l'air de se repaitre de cette décision pour le moins scandaleuse.
On aurait tout de même espéré de ceux qui font de la séparation de la justice et de l'Etat un cheval de bataille, qu'ils s'emparent à deux mains de cette transgression caractérisée des valeurs qu'ils défendent.

Que nenni.
Il aura donc suffit que le CRIF et l'UEJF jugent le verdict infligé aux tortionnaires d'Ilan Halimi indigne de ce que la communauté juive de France s'estime en droit d'obtenir pour ses membres, pour que l'administration judiciaire se mette au garde à vous, le doigt sur la couture du pantalon.
Ceux qui se demandent chaque année à quoi servent les cartons d'invitations distribués à tout le gratin politique du pays pour assister au banquet du CRIF, ont une partie de la réponse.
A n'en pas douter, Mme Alliot Marie bénéficira d'une table de choix pour la prochaine édition, et aura droit aux honneurs réservés à ceux qui obtempèrent.
Que la famille meurtrie de ce gamin martyr juge la décision de justice en deçà de ses espérances, qui pourrait lui en faire le reproche.
Devant un tel déferlement de haine largement aggravé par le comportement innommable de l'insondable pourriture qu'aura été Fofana tout au long du procès, quel père, mère, frère ou sœur pourrait se satisfaire du jugement, quand bien même l'ensemble des tortionnaire auraient écopés de 240 ans de QHS ?
Loin de moi l'idée de remettre en cause cette soif de réparation bien légitime que personne ne voudrait être un jour dans l'obligation d'éprouver.
Mais comment ne pas bondir devant le comportement révoltant du CRIF et de ses affidés, que le caractère particulièrement sordide de ce drame n'aura même pas enclin à un minimum de retenue dans leurs excès récurrents de lobbying communautariste, allant jusqu'à faire ressurgir une énième fois le spectre de la shoha comme ciment au bon conditionnement de la conscience collective.
Comment ne pas bondir devant cette démonstration d'allégeance irresponsable d'une ministre, qui, à l'image de tout un gouvernement, ne sait pas par quel bout prendre les sollicitations de ces groupes de pression parfaitement rodés à l'exercice, et qui ne prendra pas le risque de laisser leurs portes parole suspecter l'exécutif en place du moindre relâchement devant l'antisémitisme, même si le prix à payer est un défroquage indigne...
Et enfin, comment ne pas bondir devant ce silence tout aussi gêné de la cohorte de censeurs moralistes de gauche et du centre qui passent leur vie à donner des leçons de propreté en démocratie sur tous les sujets, et que la même condescendance frileuse devant cette poignée de "représentants officiels", aura poussé à s'assoir sur leurs grandes théories et à regarder ailleurs...
Car il va bien falloir que tout ce beau monde explique un jour à ceux, nombreux, qui ont vu leurs affaires trainer des décennies entières par la faute d'une justice défaillante, pourquoi leurs associations de victimes n'ont pas bénéficié du millième de l'attention ministérielle accordée aujourd'hui à celles qui contestent le jugement d'un procès dans lequel, rappelons le, elles ne font pas partie des intervenants !
J'ai une pensée pour les parents des disparus de l'Yonne, dont certains ne savent toujours pas 30 ans après, ce qu'il est advenu de leurs enfants par la faute d'une palanquée de juges et d'enquêteurs tous plus incompétents les uns que les autres, sans qu'un quelconque Garde des Sceaux n'ait daigné ne serait-ce qu'entendre les doléances de leur association,
Les crimes d'Emile Louis sont-ils moins sordides que ceux de Fofana ?
Ou bien faut-il s'appeler CRIF pour susciter l'émotion d'un ministre ?...
Au delà du coté insupportable de cette différence de traitement indigne de notre démocratie, que faut-il envisager comme nouvelle absurdité dans un proche avenir ?
Et si au lendemain du nouveau procès du gang des barbares, le verdict ne convient toujours pas aux dignitaires officiels de la communauté juive, que va t-il se passer ?
Jusqu'où M.Prasquier ira t-il pour exiger de l'administration judiciaire qu'elle traite différemment ceux qu'il représente?
Jusqu'à l'intervention du premier magistrat de France, M.Sarkozy?
Très honnêtement, plus rien ne m'étonnerai, tant dans cette affaire nous avons déjà atteint des sommets dans la bêtise.
Les tortionnaires d'Ilan Halimi ont été jugés avec l'arsenal répressif prévu par notre code pour ce type de crime et en conformité avec la procédure.
Que la famille fasse appel de cette décision qu'elle estime insuffisante ne souffre d'aucune contestation.
Mais de quel droit quelques présidents d'associations s'octroient-ils la légitimité d'utiliser la morale collective pour préjuger du bon discernement de jurés républicains, et ainsi considérer qu'ils disposent d'une sorte de droit de véto sur des décisions de justice qui ne leur conviennent pas ?!
En leur obéissant au doigt et à l'œil, Michêle Alliot Marie a t-elle seulement conscience du terrain miné sur lequel elle s'engage ?
J'ai beau chercher, je ne vois pas meilleur moyen de participer à la stigmatisation des juifs de ce pays, que par cette démonstration ridicule de soumission sans condition devant les instances de leurs représentants, qui n'aura d'autres effets que de creuser un peu plus le fossé déjà béant du sentiment d'inégalité communautaire qui gangrène toutes les strates de notre société.
Mme la ministre a tenu pendant quelques heures deux choix entre ses mains:
Celui de nager à contre-courant des pressions en laissant les mécanismes judiciaires s'opérer d'eux même, et ainsi prendre l'option de ne pas participer de cette exacerbation des clivages.
Celui, plus clientelliste, de se mettre à table au prochain diner du CRIF pour y entendre M.Prasquier louer son courage politique et vanter la grande humaniste qu'elle est.
Elle a tranché pour la soupe...
Bon appétit madame Le Garde des Sceaux...


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