Magazine Journal intime

degré IV, XXVII

Publié le 27 juillet 2009 par Moinillon

saint Jean Climaque Histoire d’Isidore (suite)
Or, pendant qu’Isidore vivait ainsi à la porte du monastère, je me permis un jour de lui demander quelles étaient les pensées qui remplissaient son esprit, et les sentiments qui agitaient son cœur. Comme il vit qu’en me répondant, il contribuerait à mon salut, et me serait de quelque utilité, il n’hésita pas de me faire la réponse suivante : «La première année, me dit-il, je me suis continuellement représenté que c’étaient mes péchés qui m’avaient ainsi vendu et rendu esclave. Cette considération me navrait le cœur d’amertume et de douleur, et me portait à me faire violence pour accomplir les ordres qu’on m’avait donnés; c’est pourquoi, en me prosternant aux pieds de mes frères, je les arrosais de mes larmes, et quelquefois de mon sang. Après cette première année, je conçus l’espérance que Dieu récompenserait et ma soumission et ma patience; ce qui fut cause que je fis sans peine ma pénitence. Enfin les cinq dernières années je ne sentis en moi-même qu’un vif sentiment de mon indignité, qui me faisait juger indigne, non seulement d’entrer dans le monastère, mais de demeurer même où j’étais; de jouir de la présence et de la conversation des frères; d’être admis à la participation des saints mystères, et même d’être regardé par quelque personne que ce fût. C’est pourquoi, tenant mes yeux et plus encore mon esprit et mon cœur abaissés vers la terre, je conjurais ceux qui entraient ou qui sortaient, de prier Dieu pour moi.»
saint Jean Climaque : L'Échelle sainte
«De la bienheureuse et toujours louable obéissance»


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