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Perdus en forêt

Publié le 29 juillet 2009 par Merenwen

Le train est parti depuis quelques heures. Pour pimenter le voyage, nous avons décidé de prendre un train Lunéa. Le voyage dure environ 12 heures et devrait être calme puisque l’on doit traverser une grande forêt pendant au moins 6 heures. Le périple commence sans encombre et on s’enfonce peu à peu dans la forêt opaque. Je regarde le paysage qui défile à un rythme régulier, secoué par les secousses du train. L’ambiance est bonne enfant à bord de notre wagon, le dernier. Pour passer le temps, nous jouons à des jeux de société.
Nous ? Eh bien, mes amis et moi-même. Nous sommes 6 et pour la première fois, nous partons en vacances une semaine tous ensemble.
Alors que nous sommes en pleine partie de Time’s Up, le train est pris de secousses plus violentes qu’auparavant. Soudain, nous sommes projetés sur le côté, le train a déraillé. Un peu sonnée, je me lève péniblement. Il n’y a plus qu’une faible lumière clignotante, on entend quelques cris. Les rares voyageurs des autres wagons ont du avoir une sacrée peur. J’appelle mes amis, un à un. Tout le monde est sain et sauf. On rassemble nos affaires pour sortir du train, heureusement que nous avons peu de bagages, surtout des sacs à dos. Alors que nous essayons péniblement de sortir de notre cabine, une grosse explosion ébranle le train. La locomotive n’est plus qu’un brasier intense, la lumière du feu nous éclaire et nous boostent pour sortir de cet enfer. Entre la porte et nous, quelques corps, inertes et en sang. Horrifiés, nous détournons les yeux. Nous restons quelques minutes à observer le train en feu, une pensée pour tous ceux qui sont morts et surtout, à réfléchir sur ce que nous allons faire. Une fumée épaisse envahit la forêt alentour, nous nous éloignons. Après quelques minutes de marche, nous nous décidons à faire une pause et surtout à partager nos pensées. Chacun y va de son commentaire sur les causes de l’accident mais nous sommes quelques uns à nous préoccuper surtout de notre survie.
Nous décidons de marcher vers le sud-est, ou ce que l’on pense être le sud-est et de chercher un refuge pour la nuit au moins. Quelques kilomètres plus tard et les pieds comme du coton, nous pénétrons dans une petite clairière où trône une grande cabane. Aucune lumière ne filtre à travers les fenêtres, nous frappons plusieurs fois à la porte, sans réponse. Les garçons décident alors de forcer la porte. Si quelqu’un vient, on pourra toujours essayer de lui expliquer pourquoi nous sommes entrés de force dans sa cabane. A l’intérieur, nous allumons les quelques lampes. Le tout est rustique mais paraît confortable. Nous nous installons pour la nuit sur les banquettes de la grande pièce, en ayant pris soin d’allumer un feu dans la cheminée.
Le lendemain matin, les garçons fouillent les environs à la recherche de nourriture. Ils se prennent pour des chasseurs mais ne ramènent pas grand chose. Toutefois, nous tombons sur le garde-manger du propriétaire qui recèle de trésors culinaires. Par respect pour le propriétaire, nous ne prenons que le strict minimum, au grand damne de certains de mes compagnons. La journée passe sans que l’on ait de nouvelles. Dans la cabane, nous cherchons un moyen de contacter la ville ou les autorités en vain. Dans l’après-midi, alors que le désespoir me gagne, un de mes amis propose de lever le camp et de marcher pour sortir de la forêt. D’après ses calculs grâce à une carte dans la cabane, nous sommes au coeur de la forêt. Il aura fallu environ cinq heures au train pour s’y enfoncer. Il propose de repartir vers le train et de suivre la voie ferrée pour gagner les zones habitées.
L’idée nous paraît bonne mais il est trop tard. Un grand débat anime à présent ma petite troupe sur le meilleur moment pour partir. Clairement, la journée est trop avancée et nous risquons de passer la nuit dehors. Par mesure de sécurité, nous décidons de partir au petit matin. Ce soir là, personne ne traîne. Il est même pas 23h que la maisonnée est plongée dans le silence. Je reste de longues minutes à fixer le plafond dans le noir, me posant des centaines de question. Finalement, le sommeil me gagne et je sombre.
Je me réveille en dernière, les sacs sont prêts, nous avons fait le plein de vivre. Alors que la forêt s’éveille doucement et que la brume se lève, nous prenons la route. Nous avons laissé un mot au propriétaire, en guise d’excuse, avec nos coordonnées pour que nous puissions le remercier et le dédommager. Nous marchons en silence pendant plusieurs minutes. La forêt autour de nous s’éveille, nous continuons notre avancée. Nous arrivons enfin près des rails. Nous restons prudemment à côté et observons. Aucune trace de notre train. Cela fait 2 jours qu’il a déraillé et plus aucune trace aussi loin que nous permet de voir la forêt. Nous décidons de nous séparer en deux groupes, pour longer les rails dans les deux sens au cas où nous aurions déviés de notre chemin. Nous devons nous retrouver à notre point initial dans 30 minutes. Notre groupe revient bredouilles. Nous attendons les autres, à l’ombre des arbres. Les minutes passent, nos amis ne reviennent toujours pas. Nous commençons à nous impatienter et surtout à nous inquiéter. Les idées les plus folles traversent mon esprit. Que se passe-t-il dans cette forêt ?…


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