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Le coup de chaud / xxvi

Publié le 23 août 2009 par Lejournaldeneon


(ROMAN EN LIGNE)
LE COUP DE CHAUD
-26-
Un roman... et c'est évidemment Tony™ qui s'y recolle ! Sacré Tony ™ ! Un roman... ou une somme de lignes superposées au mouvement de l'air ambiant. Un de ces procédés écologiques pour dire la couleur verte qui lui coule dans les yeux au lieu d'une industrie lourde incapable de le distraire vraiment. Un roman... disons plutôt une correction à la volée d'un vieux manuscrit laissé pour compte par faute de temps, l'été 2003. Le coup de chaud... où ce qui arrive à force de prendre des douches froides au travers du cadre strict d'une météo de merde. Le coup de chaud ou une façon de décliner un paquet d'histoires anciennes, des engrenages, la mécanique rouillée des passions en retard. L'effort illuminé d'en découdre avec ses vieilles leçons de voyages, les malles défaites un peu partout dans le coeur de gens admirables et réconfortants. Le coup de chaud... comme on dirait : de La poésie, le cinéma... un tas d'emmerdements à la fin.
LE COUP DE CHAUD /  XXVI(PUBLICITÉ)
CHAPITRE 13
L'APOTHICAIRE
(SUITE 2)
Jules m’avait convaincu d’un tas de rapports de cause à effet entre sa propre vie, son histoire tragique, la musique sombre qu’il écoutait en sourdine durant ses longues séances de méditation, et la piètre qualité de l’air qu’on respirait tous au même moment dans l’atmosphère surchargée ; une certaine idée du chaos.
Je lui avais répondu mon intention de ne rien refuser en bloc. Ni chapelle, ni aucun sentiment figé de ma part... Paradoxalement, je lui avais expliqué mon progressisme en berne, mon sens du mouvement interrompu. Bref ! de tout ce que je pensais de mes noces damnées avec l’agitation ambiante ; de mon temps de retard sur l’âge des ondes cosmiques ; du chant des sirènes, dilué dans la grande marre de merde dans laquelle on était censé nager.
Et puis je ne sais plus ce qui nous a ramené à la couleur des fleurs et à l’origine du nom des roses modernes ? Jules dressa l’inventaire rigolo du genre d’espèces qu’on trouvait facilement sur les marchés ou sur les catalogues de vente par correspondance spécialisés. Cette « Queen Elisabeth » par exemple. Ou la « Betty Boop », la « Commandant Cousteau », l’ « Audrey Hepburn », la « Tchang Kaï-chek » ; la « Lili Marlène », la « Princesse de Galles » ou la « Freddie mercury »... Toutes génétiquement modifiées. Mais Jules disait préférer le cas rustique d’une « Sombreuil(X) », le plus beau des thés grimpants blanc (malheureusement stérile).
-X- Cette rose tire son nom de celui du Marquis de Sombreuil, maréchal de camp, héro de la bataille de Rocourt et guillotiné à Paris en 1794.
J’avais profité de cette aubaine d’un champ de fleurs propice au calme et à la sérénité pour lui faire part d’un tableau dont j’avais pris connaissance et qui recensait la fréquence des anxiétés maladives réparties dans la population générale. La peur des animaux, la peur du noir ou des orages, la peur d’être seul, celle de rester enfermé ; la peur du vide, la phobie des hauteurs... la peur du jugement des autres ou d’avoir un malaise en public ; la peur, encore, de faire une attaque au volant, de mourir seul loin de chez soi... (Sur quelques milliers de personnes interrogées, on en recensait près de la moitié susceptible d’éprouver le sentiment d’une peur excessive à propos d’un objet ou d’une situation. En réalité, un simple dérèglement du seuil d’alarme face au danger. Alors que pour 10% des gens, cette peur — influencée par un héritage génétique familial augmenté du poids d’un traumatisme sévère — relevait cette fois d’une véritable pathologie d’angoisse pouvant aller jusqu’à l’apparition de troubles panique invalidants). Un comportement d’évitement... La couleur des fleurs, le marquis de Sombreuil, Clouscard, le marxisme, Hegel, Rousseau, les rosiers grimpants ou la poésie d’Arthur Rimbaud... Comment n’avais-je pas fait le rapprochement plus tôt ? Une stratégie pour se protéger des réactions d’angoisse majeures. Une somme d’éléments imbriqués dont Jules s’assurait la protection contre ses idées noires, sa peur du vide, sa sensation d’étouffement. Jules avait tout de même fini par m’avouer cette détresse en forme d’une peur irraisonnée de perdre un jour le contrôle de soi ou celle, plus terrible encore de carrément devenir fou. Un sentiment fréquent chez les personnes phobiques ou atteintes de troubles obsessionnels compulsifs. Comment n’avais-je pas réussi à identifier plus tôt toutes ces questions métaphysiques qu’il se posait sans cesse ; son besoin d’ordre et de symétrie « ce maniaque » dont parlait Vanessa... « Un vrai con ! » Et puis cette incapacité à jeter quoi que ce soit (syllogomanie), le moindre souvenir affectif... tout ce qu’il conservait de sentiments précieux dans des emballages de papier kraft vergé brun et biodégradable ; ces tics, cette manie de se ronger les ongles jusqu’au sang et de bouger les genoux lorsqu’il s’impatientait sans raison valable...
(À SUIVRE)
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