Magazine Journal intime

Identité numérique et livret de famille...

Publié le 03 novembre 2009 par Emilio Boronali
Identité numérique et livret de famille...

(la main gauche du diable de boronali..." © Magwann )

"Longtemps, je me suis endormi devant 3615 ULLA..." aurait pu écrire Proust s'il avait eu un minitel.

Pour ma part, longtemps "boronali" n'aura été qu'un pseudonyme. Avant de devenir un avatar. Une représentation de moi-même, débordant du virtuel jusque dans le réel. non pas un jeu, un rôle, voire un déguisement mais une extension, un "teknonyme"[1]. Un nom de fils par opposition à mon patronyme. Car cette création est somme toute filiale, un moi, plus jeune (15 ans à peine), sans grande autonomie ni même indépendance, mais dont l'existence lui est propre et le définit - en quelque sorte - comme individu. Individu envahissant au point de me faire tendre la main à des inconnus en leur disant "bonjour, je suis boronali." Parce que "bonjour je suis _____" n'a parfois pas de sens dans certain contexte.

Situation curieuse. Tout autant que de réfléchir à trouver un travail à "boronali", un poste étant même envisagé...

A l'heure ou la guéguerre pour la réputation numérique (que j'ai perdu de longue date par faute de combattant) fait montre d'assaut de Personal Branding à tous les coins de pages web, je trouve ce "combat" furieusement d'arrière-garde. J'ai droit, en tant que véritable briscard.

La notion d'identité numérique, c'est bien beau et avant tout surfait. L'internaute, personne physique comme personne morale, est effectivement responsable de sa propre représentation en ligne. S'il n'est pas foutu de comprendre que le Net sert de caisse de résonance au moindre pet qu'il voudra bien y lâcher, qu'il aille se payer du coach à tire-larigot (ou ailleurs) !

Pour moi, le prochain concept à visiter d'urgence en vue de le transformer en postulat et pourquoi pas en institution, pourvu que le législateur fasse son oeuvre, est celui de

domiciliation numérique

En une époque où le web devient intrinsèquement un lieu de géolocalisation des acteurs de son existence, je ne vois pas ce qui empêcherai d'y établir une réglementation de rattachement juridique et administratif desdits acteurs, personne physique comme personne morale.

Et m'est avis que la charmante madame Kosciusko-Morizet gagnerait à s'y atteler plutôt que tenter (vainement) de convertir les élus français aux outils "2.0" ....


Faut-il encore et toujours que nos politiques s'attaquent au futile plutôt qu'à l'utile ?































[1] Oui, il m'arrive de faire dans le néologisme grec... De "teknon", fils.
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