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Un "sous-chien" aboie...

Publié le 06 novembre 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

Houria Bouteldja et les « sous-chiens »

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J’ai eu la grande faiblesse hier de regarder l’émission de Frédéric Taddéi où étaient invités Alain-Gérard Slama, au discours mille fois entendu, on croirait les intentions de prière d’une paroisse ultra-progressiste, Houria Bouteldja, comment la qualifier sobrement sans être blessant ?, Éric Besson, cynique et intelligent, Michel Onfray, calme et brillant, et Daniel Lefeuvre, « hussard noir » à l’ancienne mode, pour débattre sur l’identité nationale, grande faiblesse car finalement je suis resté devant le poste pour voir jusqu’où pouvait aller Houria Bouteldja pour qui la France de 2009 est encore un pays « colonialiste » et sa politique étrangère « impérialiste », quant à ses habitants dits de souche ce sont des « souchiens » (ou sous-chiens), notons le jeu de mots subtil et d’une kolossale finesse (parce que comme la France est un pays nationaliste, impérialiste et colonialiste, ses citoyens sont des « sous êtres » dont on peut tourner en dérision l’identité commune et le passé), vous dîtes que c’est une conception raciste ? Non, pour Houria, du fait du passé terrible de la France, où tout est à jeter, tout n’y est qu’oppression et rejet de la différence, on a le droit (partant du même raisonnement, certains mettent en balance la Shoah et l’esclavage, et considérant que l’on a trop parlé de la première la remettent en cause). Il s’agit de toutes façons d’une haine de la France telle que des historiens aussi différents que Marc Bloch, Jacques Bainville et Braudel l’ont défini. Entre deux on nous fait subir une chanson de « Diams », « ma France à moi », qui suit la même logique que « l’indigène de la République » qu’est Houria. Et on comprend que le parcours de la chanteuse, doublé quant à lui d’une aliénation personnelle, est logique somme toute. Car, quoi que l’on en dise, quoi que l’on en pense, le voile est un signe d’aliénation (je ne dis pas que c’est le seul).

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Et finalement, comme l’a souligné Onfray, qui se fait traiter de « paternaliste », pour moi le plus juste de la discussion, (certes, ce n’était pas difficile, mais contre toute attente, moi, un onaniste de sacristie, j’aime bien ce philosophe pourtant pourfendeur acharné de ma foi), il s’agit finalement de préconiser un communautarisme, de faire de la nation un empilement de communautés où chacun vit selon ses règles, même absurdes, sans se soucier de celui qui est différent où qui ne souscrit pas à ces règles, et le tout au nom de la liberté de conscience. La définition de Renan reste d’actualité, les français vivent ensemble par un consentement mutuel et le désir de vivre d’après le même socle de valeurs puisées dans la très riche histoire de France. Bien sûr, et cela annihile toute discussion sérieuse, comme tous les idéologues, Houria B. assimile tout contradicteur à un fasciste, ce qui est d’une grande richesse rhétorique comme on le constate. Et au bout du compte, elle fait le jeu de Besson...


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