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Même les français de souche peuvent ne pas être français

Publié le 19 novembre 2009 par Jmichel
Colère
Colère en lisant ceci :
"Etes-vous sûr(e)s d’être Français ?"
Copié-collé du 1er paragraphe, mais lisez l’article en entier, il est instructif sur la France d’aujourd’hui que Marie NDiaye a fui :
Ounoussou Guissé aura eu besoin de trois ans pour prouver qu’il était Français. Et de deux rencontres avec Hervé Morin. La première fois, c’était le 31 décembre 2008, en Afghanistan. Le ministre de la défense était venu fêter le réveillon avec son régiment, là où avait eu lieu quelques mois auparavant l’embuscade qui a coûté la vie à dix soldats Français. "Je connaissais l’un deux, on avait été au Tchad ensemble", se rappelle cet hussard parachutiste. Pourtant, Ounoussou n’a pas hésité à se porter volontaire pour "l’afgha". C’est un patriote, un vrai. Qui parle de sa fierté "à servir le drapeau Français". Répète qu’il "n’a pas peur", puisque "c’est le métier". Pendant ces nuits glaciales, ce ne sont ni les risques, ni ce froid de gueux qui le tenaient éveillés, Ounoussou. Mais ce qu’il appelle pudiquement « ses problèmes de papiers ». En 2007, le para a été convoqué par le tribunal de Rouen qui conteste sa nationalité Française. Lui, qui a toujours eu un passeport et une carte d’identité Française ! Lui dont le père a été naturalisé en 1962 ! Le tribunal, invoquant un récent arrêt de la cour de Cassation, a estimé que la nationalité Française a été à l’époque donnée par erreur au père, aujourd’hui décédé. A titre posthume, il veut (et peut) donc la lui retirer. A lui et à ses fils. Eh oui, c’est fragile une nationalité. Cela se donne, cela se perd. Même cinquante ans après. Ounoussou n’a rien compris. "J’ai toujours travaillé, payé mes impôts, servi mon pays". Il en a pleuré de rage, le soir, dans son lit. L’enfer juridique a commencé. L’affaire a été jugée une première fois en 2008. Ounoussou a gagné. "J’étais tellement content que j’ai payé mon coup à tout le régiment". Las ! Dix jours après, coup de massue : le parquet a fait appel. Ounoussou est encore en Afghanistan quand il apprend la nouvelle, à se geler dans un VAB (Véhicule Avant Blindé). Octobre 2009. Cette fois ci, c’est en uniforme qu’Ounoussou va braver le tribunal. Il est reçu par Hervé Morin qui s’offusque de cette "situation kafkaïenne". Même Eric Besson se fend d’un communiqué : considérant déjà que l’impétrant n’est plus Français, il lui assure qu’une demande de "naturalisation pour services exceptionnels rendus à la France" sera examinée de façon favorable (1). Hier, le tribunal a enfin reconnu qu’Ounoussou Guissé était Français…Au bout de trois longues années de procédures. »

Un jour il faudra que je vous explique, quand j’aurai un moment pour retrouver le jugement, comment il a fallu prouver que ma fille, née en France d’un père né en France et d’une mère née en France, était française. Ou mon cas personnel, né en Auvergne d’une mère née en Auvergne, de parents, de grands-parents … nés en Auvergne et d’un père français par naturalisation avant ma naissance, médaillé et pensionné d’invalidité de l’armée française (mon père pas moi), possédant une CNI mais ayant besoin d’un certificat de nationalité pour le dossier d’inscription à un concours administratif, qui s’est vu dire à 20 ans par le préposé du Tribunal : ooooh mais c’est pas si simple, votre père est étranger, vous n’êtes pas français ! Ca fait un vrai choc pour un jeune à qui on n’a jamais expliqué qu’un fonctionnaire pouvait également dire des conneries. Je n’ai d’ailleurs toujours pas compris à ce jour pourquoi le fait que je sois né en France d’une mère née en France n’était pas suffisant pour justifier de ma nationalité française (droit du sol comme on dit) alors que j’ai toujours été français jusqu’au bout des ongles. Et c’est vrai que c’est peut-être le souvenir de cet épisode peu glorieux pour l’administration française, qui m’a fait croire pendant quelques jours que je n’étais peut-être pas aussi français que je le pensais, qui me fout les boules quand je lis qu’un soldat israélien qui n’a sans doute jamais mis les pieds en France (on ne sait même pas s’il parle français) est soi-disant français.
Rien que d’écrire cela, 40 ans après, j’ai la gorge serrée, et je comprends la rage d’Ounoussou Guissé.
« j’étais un Français de seconde zone »
comme le dit Marc Mouze Amady, et pourtant je ne fais pas partie des minorités visibles (à part par la moustache, peut-être pour montrer que je suis un vrai auvergnat).
Et puis dans cet article, on apprend aussi l’existence de fichiers surprenants :
« Un fonctionnaire m’a dit que j’étais recensée comme juive algérienne »
Par contre il n’est pas dit si les papiers de français dudit fonctionnaire étaient frappés du sceau de l’Etat Français.

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