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J - 3

Publié le 04 décembre 2009 par Renart

La critique positive est constructive.

russysskiny

Ce qui n'est pas le cas de la "critique" à proprement parler.

Mais remettons les choses dans leur contexte, et recommençons l'histoire à son début.
Ce matin un ami vient me raconter, dépité, qu'il s'est fait descendre sur un site (dorénavant bien connu) par des critiques assez sévères...

Après un rapide détour pour voir ce qu'on a bien put lui raconter, je m'aperçois que le dit "critique" a aussi commenté ma Bd Léthargie, et a quand même dit quelque bêtises assez féroce.

Donc, voici donc aujourd'hui :

Supplément à mes propos tenus sur Game One et qui se résumaient à la phrase
"Les critiques sont cool sur Manolosanctis, mais je ne les écoute pas"

Je n'irai pas par quatre chemins : je n'écoute pas les critiques.
Voila une phrase qui me cataloguera peut-être au rang de prétentieux fini, mais c'est ainsi.

La critique négative (attention, on parle de critique négative à la Télérama, là, hein. Si vous dites "han j'adore tout sauf la case 4 qui est ratée, parce que patati patata, noeud graphique etc" ce n'est pas négatif) ne fait pas avancer.
La critique négative est blessante, fait souffrir, et, bien souvent, complètement à côté de la plaque
(il suffit de lire Télérama pour s'en convaincre)

Si on s'interesse un tant soit peu à l'Histoire de l'Art, on découvre qu'à toutes les époques, la critique est attardée, fermée, assomante. A l'époque des impressionistes, les critiques ne font qu'encenser le néoclassicisme et tailler Monet.
Quand vient l'abstraction, les critiques ne jurent que par l'impressionniste et comparent Kandinsky et Paul Klee à pire que des moins que rien.
Quand vient l'art comtemporain, on ne jure que par l'abstraction lyrique et on crache sur Marcel Duchamp...

il est peut-être temps de se rendre compte de l'inutilité de la critique...

Vous imaginez, si Picasso avait écouté tous les badaux des alentours pour peindre Guernica ?
"Ah Pablo, la tête de ton bonhomme à gauche est mal proportionnée, tu devrais la refaire"
Vous imaginez la tête de son tableau après ça?

Vous imaginez, si Christophe Blain avait posté sa Bd GUS sur Manolosanctis :
"Ah, Christophe, il y a une erreur de proportion ; ton personnage à la même taille que sa maison, ce qui est impossible!"
(voir cette planche pour comprendre)

Il y a des limites, et je crois qu'il est plus que temps que les gens qui disent
"il faut arrêter de penser que n'importe qui peut faire de la BD"* se disent aussi
"il faut arrêter de penser que n'importe qui peut critiquer des Bd"

(*Spino, cette phrase est de toi, je me suis permis de te l'emprunter même si, à vrai dire, elle ne te concerne pas vraiment)

Bref, je vais m'arrêter une minute sur une critique qu'on m'a faite, à propos de Léthargie, et que je n'ai pas aimée (il faut le dire) parce qu'elle est à côté de la plaque. Elle s'intitule, "Des Erreurs Fantaisistes":

"Comme d'hab le dessin et le découpage est bon mais cependant on peut noter deux erreurs: Alors que notre erreur est censé être dans un univers différent, tous le monde parle la même langue. C'est une erreur récurrente dans ce genre de scénario. Deuxièmement, on est bien ici dans de la fantasy pur et dur et non dans du fantastique...."

Premièrement, et pour mettre les points sur les i : Lethargie n'est pas une histoire à classer dans le genre "fantasy", "heroic fantasy" et même "fantastique".
C'est pas parce qu'il y a des toits moyenâgeux et une sorcière qu'il faut que ça vous rappelle Gandalf et Donjon. Je me torche avec vos elfes, je m'intéresse autant à l'heroic fantasy qu'un cadavre à l'espèce de vers qui le ronge.
En 18 pages, vous croyez que dans cette Bd il y aura des combats à l'épée et des princesses elfes à sauver, mais NON ! Merde ! Attendez un peu avant de croire à ce qui peut ou non se passer par la suite...

Deuxièmement, cette histoire de langue. Non mais faut vraiment être à l'ouest là ! Vous pensez vraiment que je vais écrire en une langue inventée et mettre en dessous la traduction ? Quoi ? Je vais faire parler les gardes de la prison en espagnol ??
Mais le pire dans tout ça, c'est que vous ne savez même pas dans quel pays ça se passe, bordel.

Et le meilleur pour la fin : "C'est une erreur récurrente dans ce genre de scénario"
Ca, ça c'est THE phrase.
En 18 pages (sur peut-être 100, 150, qui sait?) le mec il a compris le "genre" de scénario que je voulais faire, et ça c'est fort, très très fort...

Bientôt à la écouter, les mecs ils feront la suite de mes histoires à ma place.

Tout ce patacaisse pour dire :

Si c'est pour dire ce genre de chose, abstenez-vous, s'il vous plait !
Vous ferez un grand bien à l'humanité...

 

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