Magazine Journal intime

Le départ vers l’exotisme du Nord-Pas-de-Calais !

Publié le 07 décembre 2009 par Wawaa

C’est toujours pareil. La dernière journée avant les congés, c’est long, très long. Vous aurez beau trouver des occupations un peu folles (sur vive recommandation préalable de votre chef qui pensent que vous avez mieux à faire ailleurs que dans votre propre rayon avant vos congés) comme passer le stock de la crèmerie après avoir rechargé un peu votre rayon, emballer le pain, compresser des cartons, faire du nettoyage, jouer à la caissière et maudire tous les clients qui déclarent l’heure qu’il est, heure toujours trop éloignée de la seconde où votre semaine de répit va commencer.


19h. Je compte ma caisse avec calme parce que c’est toujours quand on a une bonne raison de vouloir finir à l’heure qu’on a une erreur de comptage et qui nous fait hurler « Murphy, tu me les brises menues ! ». Mais je reste cale et à 19h15, comme prévu, je quitte le boulot sans regret après avoir salué mes collègues qui eux, ne verraient le bout du tunnel qu’à 19h45 et qui en plus allaient reprendre les activités salariales la semaine suivante.


Je rentre à la maison à 19h30. Mes parents et moi mangeons parce que nous avons faim et que quand on a faim, il faut manger. Pendant que le match de rugby France-Nouvelle Zélande (OUTATAKAWOKAPOKEEEEE *air agressif, danse bizarre *WATO WATO KA WA TARA AKA POUET *œil méchant* - et dites, je fais bien le  All Black hein ? ), je discute avec mon amoureux par webcam interposée. Je fais l’andouille un moment puis je sens la fatigue me tomber dessus, mais il faut tenir ! Car à 22h30 mon papa me conduit à Toulouse pour prendre le train de 00h56 en direction de Paris Austerlitz… Y’a qu’une heure de route, mais il pourra ainsi rentrer pas trop tard dans la nuit.


Nous sommes donc partis à 22h35 alors que la France avait perdu et nous avons pénétré avec joie Toulouse et j’ai vu au moins une vingtaine de péripatéticiennes qui devaient bien se geler les cuisses en bas résille. C’est que maintenant j’ai bien en tête le sens de l’expression « Ca fait pétasse cette tenue ! ».


Laissons là ces femmes qui peut-être ne faisaient que se promener en mini-jupe et décolleté, un pot de peinture sur la figure à 23h40 du soir, pour profiter des étoiles qu’on ne voit pas au bord du canal du midi. Ô Toulouse !


Je suis donc arrivée à la gare à 23h50. Mon père m’a abandonnée là avec mon sac à dos plein de vivres et mes deux valises rouges (QUOI VOUS PARTEZ JAMAIS AVEC TOUTE VOTRE MAISON QUAND VOUS PARTEZ UNE SEMAINE EN VACANCES VOUS ?). Dans le hall de la gare, il faisait très froid. Je me suis dit qu’en bas résille et jupe, j’aurais sûrement fait une syncope et la gente masculine qui y poireautait probablement aussi.


Je me prends un chocolat chaud à une machine à boissons chaudes, puis je vais m’asseoir. Mon train est annoncé à l’heure mais n’est pas encore en gare. En même temps le départ n’est prévu qu’une heure après cette constatation.


Un couple de gens pas très discrets est arrivé. La discrétion c’est relatif mais ils parlaient super fort et moi ça dérangeait fortement la moitié de mon cerveau déjà endormie. Tout à coup, j’entends un énorme PRRRRRRTTTTTTTPRRRFFFTTTTTT. Puis un second. Puis un troisième. Je tourne mon regard vers le couple.  Le type inclinait légèrement son bassin vers l’avant et larguait de gros pets bien bruyants et gras, prenant, après chaque flatulence, un air de béatitude extrême. Je paniquai. Je me disais que j’allais peut être avoir l’incommensurable chance de pouvoir faire mon trajet en train de nuit au son d’une douce et poignante symphonie en flatulences majeures…


A 00h20 la voie de mon train était affichée. Pour les trains de nuit on est contrôlé avant l’entrée sur le quai, alors fallait faire un peu la queue. Tant que je n’étais pas derrière l’autre Gazoman embaumateur, ça allait.


00h25 : la gare de toulouse c’est bien, c’est grand et puis y’a des petits dessins lumineux sur les toits. 00h30 : un premier morceau de mon train arrive. 00h40 : le second morceau arrive à son tour et se colle au premier ! J’ai vu deux bouts de train fusionner, je suis émue.


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Maintenant qu’il est là, on peut monter dedans, alors je ne me fais pas attendre. Je monte donc dans la voiture 11 à la recherche de la place 23 côté couloir. En y montant un groupe de filles éclate de rire à mon arrivée. Je crois que c’est parce que j’ai un problème avec le rouge : mon pull est rouge, mon manteau est rouge, mon écharpe est rouge et mes deux valises également. Je trouve ma place, contente de susciter autant de joie chez ces inconnues, je monte mes valises en me claquant un ou deux muscles. Je m’assois. J’attends que le train démarre et surtout, je surveille les arrivées dans l’espoir que personne ne vienne s’installer à côté de moi. 00h56 le train démarre. 01h01, je suis toujours toute seule alors je m’affale copieusement sur les deux sièges. Pas de gazoman à l’horizon, je peux donc dormir le nez et les oreilles tranquilles (les yeux on s’en fout puisque quand je dors ils sont fermés ! )


J’ai dormi par morceaux d’une heure et demi ou de deux heures… jusqu’à ouvrir grand les yeux à 5h34. J’ai, à ce moment précis, une monumentale envie de pisser, la vessie prête à exploser. Mais j’ai un très mauvais souvenir des toilettes en TER.

Je ne sais pas où sont les toilettes, si c’est loin de mon siège. Je vois quelqu’un se lever, ouvrir une porte au fond de la voiture, je me dis avec grand discernement que cela doit être là.


La personne sort et je m’empresse d’y aller à mon tour.S’y rendre c’était comme dans Fort Boyard, comme dans les cavernes d’Indiana Jones. Il faut contourner les obstacles, enjamber les pieds qui dépassent avec leur chaussettes à moitié enlevées, le danger est omniprésent car j’en connais beaucoup qui, au réveil, peuvent être aussi agréables qu’une ourse en période menstruelle. Je n’aurais pas voulu m’y confronter, pas comme ça, dans un train, ça aurait fait boule de neige, ça aurait réveillé d’autres ours grognons.


J’ouvre la porte. J’adore vraiment cette incroyable sensation de secousse quand j’urine sans m’asseoir sur la lunette verte pomme de ces toilettes : hors de question que j’y pose le moindre bout de peau de mes fesses !


Je retourne m’asseoir après avoir encore une fois joué au jeu du docteur Maboule. Ne pas toucher les pieds qui dépassent  on a dit !


Je retrouve mon siège, enfin MES sièges. Et comme je n’avais plus sommeil, que j’avais très faim, et que je ne voulais pas omettre le moindre détail important de ce trépidant départ pour l’exotisme du Pas-de-Calais… bah j’ai bu ma petite bouteille de lait, mangé mes céréales et je me suis mise à écrire dans la pénombre (toujours à cause des potentiels ours violents autour de moi ! ) sur mon petit cahier.


La suite bientôt...


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