Samedi, je travaillais au Panini. Comme d'habitude, j'avais la section 8.
Je sais, je sais, la section 8 ça veut rien dire pour vous.Laissez-moi vous expliquer des explications...
Nous sommes huit serveurs sur le plancher. Si j'ai la section 8, cela veut dire que lorsque l'heure de rush passe, je suis le premier à terminer mon chiffre et pouvoir partir. Celui de la section 7 part en deuxième, section 6 en troisième, etc. La section 1 veut dire que tu restes jusqu'à la fin de la soirée et que tu fermes le resto.
Si vous avez pas compris, lisez et relisez le paragraphe précédent.
Anyway...
Samedi soir, j'arrivais dans la salle à manger du Panini quand Joanie s'est immédiatement dirigée vers moi.
Aaaaaaah, la bellle Joanie! Je suis carrément allergique à elle. Chaque fois qu'elle s'approche de moi, j'ai des sueurs, mes mains deviennent moites et mon coeur bat la chamade.
Pis son odeur... (soupir)... du bonbon pour les narines.
C'est vraiment fatigant.
Malgré tout, je l'aime bien. Elle a toujours des bons conseils, elle aime le hockey, connait les chars, en fait, c'est un gars dans un corps de femme. Pour moi, elle est un peu comme une petite soeur, mais une petite soeur que je baiserais.
Elle m'a regardé de ses yeux de chats, je savais qu'elle voulait me demander quelque chose. Les femmes sont comme ça, elles ont toujours ce regard qui les trahissent.
(Joanie) : Pat... ce soir, je vais prendre la section 8. Je l'ai déjà toute préparée.
Je regarde les tables de la section 7, celle qui avait été véritablement assignée à Joanie. Il y avait aucune table de prête.
(Moi) : Pourquoi t'as pas préparé TA section?
(Joanie) : La boss m'a demandée de monter la section 8, fais que je me suis dit que j'allais la garder.
Que les tables de la section 7 ne soient pas prêtes, c'est une chose. Que je termine plus tard que prévu, c'en est une autre. Mais c'était pas très grave.
Le problème était pas là.
Il y a deux choses qui m'énervent dans la vie : (C'est pas ma faute, je suis fait comme ça.)
1- Lorqu'on m'impose quelque chose sans explication claire.
2- Quand on me prend pour un cave.
Joanie violait les deux seules règles qui pouvaient me rendre mauvaisement mauvais...
En particulier la numéro deux.
Dans la section 7, il y avait des clients. Une table avec six personnes. Quatre enfants, deux adultes.
Pis si y'a quelque chose de vraiment bad dans le métier de serveur, c'est de pogner des tables avec des enfants.
Ils sont pas payant, ils demandent douze jus de pommes, ils ont un dessert d'inclus pis les parents se sentent insultés quand tu comprends rien de ce que dit l'enfant.
J'ai pensé : "Crisse, Joanie me niaise! Elle essaie de me passer une table de marde ou quoi???"
(Moi) : Pas question de changer de section. Tu gardes ta section, c'est pas mon problème si la boss t'a demandée de préparer ma section.
Sa face a changé, elle m'a regardé comme si j'étais un être dégoûtant, une merde de larve, du vomi de moufette.
(Joanie, vraiment en crisse) : Laisse faire!
Elle est partie sans me regarder pis elle est allée pleurer dans la cuisine, devant les autres, comme si j'étais un gros méchant, le dernier des salauds, un voleur de section sans scrupule.
Après sa crise de larmes, elle m'a plus adressé la parole. L'indifférence totale. Comme si parce que j'avais pas voulu me plier à son caprice, je méritais même plus un regard. Sans compter que les autres me trouvaient vraiment chien d'avoir fait pleurer cette pauvre petit innocente.
(Silence)...
What... the... fuck???
Moi pis Joanie, on s'aimait bien. On déconnait toujours ensemble, vous avez souvent été témoin à travers ce blog de mon affection pour elle.
Sa réaction était tout à fait démesurée, comme s'il elle me disait : "Passe-moi ton char!" Pis qu'elle se fâchait parce que je disais non.
Est-ce que c'est moi qui est fou??? Suis-je vraiment un monstre sans pitié qui refuse tout compromis???
Faut-il toujours dire oui pour mériter l'amitié de quelqu'un???
C'était peine perdue, j'arrivais pas à me sentir coupable. Ma conscience refusait d'avoir mauvaise conscience...
Alors, au lieu de me calmer, je me suis pompé.
Que ce soit Joanie, le Pape ou Dieu lui-même, on fuck pas avec Patrick Duval.
Je méritais pas un tel traitement de sa part. Elle avait essayé de me passer sa table de quatre petits morveux fatigants pis fallait peut-être que je lui présente mes excuses???
No fucking way!
La première heure à dealer avec son indifférence, j'ai rien dit. Je me suis dit que ça allait passer, qu'elle était probablement en SPM.
La deuxième heure, ça commençait à me titiller. Je me disais qu'elle était trop conne, qu'une personne sensée pouvait pas agir comme ça.
La troisième heure, j'en pouvais plus. Elle était en train de gâcher ma soirée. Pour aucune bonne raison en plus! Son manque de courage à m'éviter plutôt que de m'affronter me rendait fou.
Moi, je l'admets, je suis un grand chialeur. Mais j'ai le droit de chialer. Parce que j'agis. Je me bats pour mes convictions, je crains pas d'affronter personne et les mots ne me font pas peur. J'assume mes pensées et j'ai pas peur de changer mon opinion si les arguments d'une autre personne sont meilleurs que les miens.
C'est ça, vivre en société. Pour éviter les malentendus, faut se parler, faut se comprendre.
Joanie faisait exactement le contraire de ce qu'une personne ouverte faisait. Au lieu de réfléchir et tenter d'analyser mon point de vue, elle se refermait sur sa façon de voir les choses et j'étais, sans le moindre doute dans son esprit, un crisse de cave.
Pourtant, si elle m'avait expliqué qu'elle voulait pas la table avec les quatre enfants, si elle m'avait dit qu'elle était fatiguée ou whatever, j'aurais sûrement dit oui.
Mais elle me prenait pour un cave pis essayait de me culpabiliser en plus. Je vous jure, à chaque minutes qui passaient, je devenais de plus en plus colérique.
Après la quatrième heure de ce traitement de merde par une personne que j'estimais beaucoup, j'ai explosé.
Remarquez que j'aurais pus agir autrement, mais j'en avais assez de me faire traiter en excréments de l'homme invisible.
Elle était assise dans la salle des employés, seule. Je suis entré en la fixant avec dégoût.
(Moi, sur un ton agressif) : Écoutes-moi bien... Je t'ai toujours dit oui pis là, pour une fois que je dis non, c'est comme ça que tu me traites??? Ben fuck you, toi pis ton crisse d'égoïsme. Des amies comme toi, j'en ai pas besoin!
Pis je suis parti.
(Soupir)...
Je sais, je sais... je viens d'écrire un billet complet à vous expliquer qu'il faut tenter de comprendre les autres avant de les juger et de s'emporter contre eux.
Pis j'ai fait exactement le contraire de l'opposé...
Comprenez-moi bien, chers lecteur(trice)s qui lisez ceci.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
*Photo: http://www.wheresmy20percent.com/category/waiting-tools-gadgets/








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