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Lire et sentir

Publié le 17 février 2010 par Cameron

Pierre Maubé m’a fait l’honneur et l’amitié de me permettre de lire son dernier recueil, intitulé Le dernier loup, récits-poèmes.

Je ne vais pas commenter ici une œuvre non encore éditée, d’ailleurs je ne suis aucunement fondée à commenter quoi que ce soit, en vérité.

Pourtant, quelques mots : je ne pensais pas que la poésie pouvait s'épanouir de fragments. Ni que l’accumulation de ces fragments avait le pouvoir de recréer non seulement le fil d’une obsession, mais aussi toute sa puissance de vie. Le temps, matière et lien du recueil, le temps et la manière dont on le subit, dont on le reconstruit, dont on essaye de retracer les instants vitaux, le temps et la mémoire qui n’est que notre pauvre tentative d’exister, de quoi est-il fait finalement ? De rencontres ? De ce qui nous reste de ces rencontres ? Des visages oubliés, ou pire encore, des visages perdus ? Peut-être de ce que l’on choisit d’adopter comme étant son histoire, et de léguer.

Nous ne sommes que des traces. Au fil des pages, d’avant à aujourd’hui, dans le recueil de Pierre Maubé on suit ces traces pas à pas et avec une émotion souterraine qui à certains jaillissements m’a submergée. « Le mieux que rien, c’est déjà ça», écrit-il. Peut-être, en effet. Peut-être la vie n’est-elle qu’une question d’attention, et de recueillement. Et que les mots sont la seule trahison acceptable de ce monde qui nous observe.

De tout le reste, de ce qui ressort de l'intime, je n'ai rien à dire. C'est trop douloureux.


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