J'arrive à entrevoir simultanément toutes les facettes de l'existence. Bien que ce soit exaltant, ça me dégoûte un peu de vivre. Arrrg.
Décidé à me débarrasser de ce dégoût, j'ai composé une petite chanson catharsique :
Waou ! waou ! waou !
Vanité de tout, ohé ! ohé !
Ce que nous avons fait nous ne le ferons plus
Chaque jour un autre jour
(et notre destin ?)
Demain ne nous attend pas
Fourmi, ses trois galeries (le tour du monde)
Pour que tout ne s'arrête pas là,
où rien vraiment n'a commencé,
où rien jamais ne commencera,
nous pouvons faire quelques pompes,
mais oui
ouvrir un livre,
le refermer
(irons-nous au paradis ?)

Il n'y a pas de secret, il faut que je me secoue.
Si je ne me secoue pas, je finirai le roi des cons, et je n'aurai jamais fait que le tour de la connerie.
Si je ne fais rien, la vie pourrait continuer à filer comme elle l'a toujours fait : par caprices épuisants, par boucles imprévisibles, en fillette alanguie, chat furieux, piétinement de potager et saccade de bruiteur. C'est une habitude à laquelle il est grand temps que je mette fin.
Suspendons un instant notre paresse, le monde nous reviendra d'un bond. Pas de secret, pas de mystère.
Il en faut si peu pour s'amuser !
La preuve :
Action(s) !
Longer l'arête des meubles comme autant de rivages mystérieux ; fouetter rageusement tout ce qui traîne sur la table ; écouter la radio en regardant la télé ; se jeter en boule dans les coins ; surélever les meubles avec des piles de livres ; observer les géraniums des voisins en se suspendant dans le vide ; regarder tout de très près ; boxer son reflet dans la glace ; écouter les voitures dans la rue en fixant le reflet du soleil sur un verre à moutarde ; chanter un air de Bach, l'air de rien, en faisant la vaisselle ; observer longuement une tomate bien rouge et l'écraser d'un coup ; rugir comme au cœur de la jungle ; geindre comme au creux de sa mère ; laisser l'eau déborder ; prendre les bibelots pour cibles ; s'avancer comme un roi sur ses terres ; supplier la télé de se taire ; brûler des conneries dans une assiette ; faire son fier, son crâneur, son héros.
(Je suis plein de ressources.)




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