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Sans tabou:épisode9:Début d'enquête

Publié le 18 mars 2010 par Bella_ragatsa
Sans tabou:épisode9:Début d'enquête
Deux jours après, c’était le mercredi. Et comme chaque après midi, Ranime n’avait pas cours. Elle avait tellement des remords pour sa mauvaise conduite, qu’elle décida d’accompagner sa colocataire Sabrine, au parc de Belvédère , où cette dernière emmener souvent son petit garçon, pour les attractions et surtout pour voir les flamants roses, qu’il aimait tant se prendre en photo près d’eux et leur donner à manger.
En suivant Amine, courir vers la cage des singes, avec son sachet de pop-corn, les deux filles s’asseyaient sur un banc juste en face, et Sabrine sortit un briquet pour allumer une cigarette, puis tendit une à sa colocataire.
Ranime souriait et refusait gentiment.
- Tu sais que je ne fume pas !
Sabrine prit un souffle et dit en riant.
- Il y a un début à tout.
- Non, je ne fumerai jamais ! disait Ranime en croisant les pieds, puis en regardant le petit donner avec se petite mains manger les singes qui se sont agroupés s’acharnant sur la nourriture, il grandit si vite !
Sabrine la regarda du coin de l’œil et murmura.
- Oui, c’est un gamin en bonne santé, et il mange très bien depuis qu’il ne vit plus avec le minable Miloud.
Ranime mettait un bout de chewing gum dans sa bouche et poursuivait.
- Moi, à ta place, je n’aurai jamais confié mon gamin à des inconnus.
Sabrine, souriait en suivant son petit et répondit.
- Parfois, on prend des mauvaises décisions.
Ranime échangea un doux regard avec elle et continuait.
- Tu ne penses qu’il est temps pour qu’il connaisse son père.
Le sourire, à peine dessiné sur ses lèvres, se dissipa, et une certaine tristesse prit sa place.
- Il est mieux sans son père.
- Mais une présence masculine est nécessaire pour l’équilibre de l’enfant…
Sabrine, lui coupa la parole d’un air furieux.
- Je ne suis pas dans un couple lesbien pour que me parler de présence masculine ! et en se calmant, son père biologique ne veut pas de lui, que veux-tu que je fasse ?
Ranime continua en mâchant.
- Même s’il ne veut pas de lui, il doit s’en occuper, c’est quand même sa chaire et son sang.
Sabrine, les mains tremblantes de frustration se mettait à fumer nerveusement puis cria.
- Parlons d’autres choses s’il te plait.
Ranime, observa le visage de sa colocataire qui prenait un couleur pâle et son regard devenant plus morne, égaillé dans un tourbillon de souvenirs, et murmura d’une voix plus basse.
- Je sais que c’est dur pour toi, mais pense à Amine… un jour, il viendra te poser des milliers de questions sur son père ! dès qu’il sera à l’école il se mettra à faire la comparaison avec les autres enfants et…
Sabrine, laissa tomber le bout de cigarette par terre puis en l’écrasant violemment.
- Ça n’arrivera pas !
- Comment ça ?
Sabrine, ingurgita sa salive et poursuivait en jetant Amine d’un regard triste.
- Je compte le faire adopter.
Ranime cligna les yeux de surprise et se demanda.
- Le faire adopter ?
Elle alluma une nouvelle cigarette, et s’expliqua en des courtes phrases nerveuses.
- Il sera mieux avec deux parents, qui ont les moyens de l’élever ! et en fixant sa colocataire du regard, j’ai à peine de quoi vivoter, je suis célibataire, et tu sais très bien comment les gens regardent les mères célibataires, ça aura sûrement des mauvaises influences sur Amine !
Ranime laissa une expression d’étonnement envahir sa frimousse et reprit.
- Et c’est maintenant que t’as pris la décision de le faire adopter ? et d’une voix émue, pourquoi pas l’avoir fait, dès sa naissance ? il est assez conscient, il sait que t’es sa mère et il soufrera sûrement de la séparation.
Sabrine, en le suivant jouer à cache-cache avec d’autres enfants près de la cage des singes.
- Il a 3ans et demi ! il m’oubliera comme il a oublié la sœur de Miloud.
- Je n’arrive pas à croire que tu comptes te séparer de lui ! et en lui jetant un regard cachant une souffrance intrinsèque, comment tu peux être aussi cruelle ?
Sabrine, serra les dents et se laissa envahir par un sentiment de révolte plus fort que la raison.
- Ta mère aussi, l’était ! et t’es mieux avec ta mère adoptive…
Ranime, emportée par une soudaine émotion.
- Ce n’est pas pareil ! ma mère adoptive est quand même un membre de ma grande famille. Et les yeux vacillant d’une colère qu’elle ne sût calmer, même si j’essaie souvent de faire croire à ma mère que je ne ressens rien envers ma vraie mère, j’ai tout de même au fond de moi, une souffrance intense qui me torture…. Et d’une voix à peine entendue, pourquoi moi ? pourquoi pas ma sœur ou l’un de mes frères ? à ce point, elle n’éprouve aucun amour pour moi ?
Sabrine, posa sa main sur celle de son amie et dit doucement pour la réconforter.
- Ne pense pas ainsi ? elle l’a fait pour ton bonheur…
En retirant sa main d’un geste déchainé.
- Elle l’a fait pour le bonheur de ma mère… pas le sien ! et en laissant un sourire rancunier l’emporter, leur situation financière est mieux que la nôtre, ce sont des gens aisés et mes frères mènent la belle vie, et font des voyages au moins une fois par an !
Sabrine sentit la braise qui brûlait le regard de sa colocataire et reprit et lui caressant la main tendrement.
- T’as l’amour de tes parents adoptifs et ça ne se remplace pas.
Ranime n’ajouta rien et suivait Amine avec le reste de gamins, puis sentit des vibrations provenant de la poche de son pantalon. Elle saisissait le cellulaire et aperçut le numéro de sa mère biologique apparaitre.
- Quand on parle du loup ! murmura-t-elle en persiflant, puis remettait le Gsm dans sa poche. C’est la cinquième fois qu’elle m’appelle de la journée.
Sabrine se souleva légèrement, et dégrafa les deux premiers boutons de son manteau et se demanda d’une voix affectueuse.
- Décroche ! peut être elle a une chose si importante à t’annoncer.
Contrariée, elle fit non de la tête et poursuivait.
- J’ai fait la promesse à ma mère…
Sabrine, laissa un petit sourire apparaitre et interféra.
- Mais décroche putain ! t’es plus une gamine pour suivre à la lettre les instructions de ta mère.
Elle échangea un dernier regard avec Sabnire, puis saisissait le Gsm et décrocha en le collant à son oreille.
- Allo !
- Salut ma chérie, ça fait des heures que j’essaye de te joindre…
Hésitante, Ranime lui coupa la parole doucement.
- J’étais en train de me doucher.
Puis se tut comme d’habitude lorsqu’elle parla avec sa tante Nafissa. Cette dernière, toussa un petit moment comme pour préparer des arguments et s’écria.
- Je voulais te souhaiter un bon anniversaire…
Ranima, les yeux cernant sa colocataire, l’interrompit.
- Mon anniversaire est dans trois jours…
- Je le sais ! et en riant doucement, je voulais être la première à souhaiter un bon anniversaire à ma petite chérie.
Reprenant son air sérieux, Ranima continua.
- Qu’est ce que tu veux ?
Sa tante, se taisait un moment et poursuivait d’une voix ferme.
- C’est comme ça que tu parles à maman ?
Frustrée, Ranima s’écria.
- Je suis pressée, j’ai des choses à faire…
Sa tante, lui coupa la parole, en sautant au cœur du sujet.
- Je veux que tu viennes passer le weekend chez moi, à Hammamet !
- Je ne peux pas, ce weekend je rentre chez moi…
Insistante, sa mère biologique continua dans son entêtement.
- Je t’en prie mon bébé… c’est juste ce weekend ! tu ne vas pas le regretter je t’assure.
- Je…
Sa mère, continua sans entendre la réplication de sa fille.
- Houssem passera te prendre en voiture le vendredi soir !
- Mais…
- Ok, c’est bon alors à vendredi soir, ma puce !
Suivant du regard Sabrine, qui se mettait debout et se déplaça en précipitant le pas vers Amine, près de qui une femme élégante s’arrêta et se mettait à genoux en lui parlant.
- Ok, on verra d’ici vendredi.
Et raccrocha, puis bondit du banc et se dirigea vers Sabrine, qui ne semblait pas trop apprécier que cette femme inconnue, parla à son enfant.
- Il est trop mignon, ton gosse ! disait la femme trentenaire, en lui caressant la joue.
Sabrine, perturbée, tira son enfant de sa main et murmura.
- Merci.
La femme, encore dévorant le petit d’un regard inquisiteur poursuivait.
- Je ne sais pas mais son visage m’est familier… c’est comme si je l’ai déjà vu.
Ranime, ne disait rien, et suivait sa colocataire, qui devenait de toutes les couleurs, et bégayait.
- Non, je ne crois pas…
La femme encore cernant le petit d’un regard attentif, comme voulant se rappeler de quelque chose.
- Tu ne l’as pas inscrit dans un concours pour le plus beau bébé de l’année par exemple…
Secouant la tête d’un geste nerveux.
- Non, non, tu te trompes.
- Je suis certaine de l’avoir déjà vu ! et en se mettant de nouveau à son niveau, ce regard si innocent…
- Je m’excuse, je dois partir ! s’écria-t-elle avec une certaine panique dans la voix.
Puis saisit la main de son enfant et, sans lui laisser le temps de réfléchir à une nouvelle interrogation, se mit en marche rapide dans le parc. Ranime s’étonna de son attitude surprenante, puis la suivit docilement pendant une bonne dizaine de pas.

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