Magazine Journal intime

Putain de racines !!!

Publié le 07 mai 2010 par Papote

Non, je ne vais pas continuer à vous parler jardinage et plante verte. Je vais plutôt rester dans la note d'hier soir...
Et je crains d'être moins drôle qu'avec mes orchidées (si tant est que ça a pu faire rire quelqu'un d'autre que moi) mais ça me titille un peu...
La semaine dernière, vous l'avez compris, j'étais en vacances dans ma maison de famille. Ce sont mes racines du côté de ma grand-mère paternelle.
Mais il y a d'autres racines à la famille, celles du côté de mon grand-père paternel...
A 15 bornes de la maison où j'aime me ressourcer, il y a un petit village (celui où tout se sait à la vitesse du son) avec la maison où mon père est né, avec la boulangerie de mon arrière-grand-père, puis de mon grand-père, puis de mon père, avec le jardin qui donne sur le château et l'église, avec le grenier à blé...

Il y a quelques semaines, Monsieur Père a dit qu'il envisageait de rencontrer des agents immobiliers pour vendre une partie des bâtiments.
A ces mots, je ne vous cacherai pas que j'ai détourné la tête pour que personne ne voit les larmes poindre dans mes yeux.

Et puis, la semaine dernière, Monsieur Père a réellement rencontré un agent immobilier...
Et, là, j'ai pris conscience que ce n'était pas une vague idée, que la réalité rejoignait irrémédiablement la pensée...
Et puis, il nous a fait le compte-rendu de son entrevue avec le type...
Et, là, j'ai compris qu'il ne voulait rien garder, qu'il vendait tout...
Il a fait les plans pour pouvoir diviser les bâtiments et il a dit qu'il lui tardait qu'on s'en débarrasse car ça n'attirerait plus que des ennuis...
Et, là, j'ai serré tout ce que j'ai pu car je ne pouvais pas détourner la tête, P'tite Louloute me regardait et mon père était en face de moi...

Je sais, je sais, JE SAIS !!!
Oui, c'est un crève-coeur qui me tire des larmes quand je dois pénétrer dans la maison où je venais petite fille !
Oui, je me fais, à chaque fois, engueuler par Monsieur Père parce que je devrais prendre sur moi et ne pas être si sentimentale !
Oui, personne n'ira plus habiter là-bas !
Oui, les souvenirs sont morts, ma grand-mère est morte et rien ne me ramènera tout ça !
Oui, je sais que c'est fini !
Et... Oui, je sais qu'il n'y a pas d'autre solution !

Mais, putain, ça fait mal !
L'odeur si particulière de la maison...
Ma chambre avec les stores toujours à moitié enroulés...
Le bruit de l'isolant de la porte d'entrée sur le sol...
La petite salle à manger avec le fauteuil crapaud et les "Femmes d'aujourd'hui"qui m'attendaient pour que je lise "Les Petites Chipies"...
L'escalier avec sa tapisserie bleue...
La grande chambre où, toute petite, j'allais rejoindre mes parents au réveil...
La salle de bains, vieillotte et peu pratique...
La chambre de ma grand-mère avec ses pots de poudre qui sentaient si bon...
La chambre de mes frères avec le violon de Monsieur Père et la tapisserie à coquelicots...
La porte dans la cour avec ses marches casse-figure qui menaient dans le garage...
Les verres avec les petits carrés de couleur dans lesquels j'avais le droit de boire du Pshiiittt orange...
Le pain de mie du boulanger et les rillettes du charcutier...

Je sais que c'est la meilleure des solutions... ou, du moins, la seule...
Mais je m'octroie le droit, cette fois, de ne pas détourner les yeux et de pleurer...
J'ai le droit d'avoir mal et de le dire... Ca ne changera rien à l'affaire de toutes façons alors, au moins, que j'exprime tout haut ce qui m'habite, que j'énumère mes souvenirs comme autant d'hommages et de reconnaissance, comme on retire son chapeau au passage du corbillard...
A bientôt !

La Papote


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