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L'attente du Saint-Esprti avec Marie (3)

Publié le 16 mai 2010 par Hermas

Aujourd’hui, nous sommes Dimanche, le « Dies Dominica », le Jour du Seigneur, le Jour où le Seigneur fit son entrée solennelle à Jérusalem, le Jour où le Seigneur, vainqueur de la mort, du péché et de Satan, ressuscita, le Jour où le Seigneur envoya son Esprit sur les Apôtres réunis au Cénacle, 50 jours après sa Résurrection, 10 jours après son Ascension glorieuse dans le Ciel.

En ce Jour les catholiques ont à cœur de revivre le Mystère de la Vie, de la Passion, de la Résurrection, de l’Ascension dans le Ciel, de leur Seigneur, le Verbe fait chair dans le sein de la Vierge Marie.. Aussi ont-ils à cœur de se retrouver à l’église pour se trouver avec Marie, Saint Jean et les saintes femmes, au pied de la Croix ; pour entendre le Seigneur prononcer les paroles Sacrées qu’il a prononcées lors de la Dernière Cène, pour Le recevoir, Corps, Sang, Âme et Divinité. Les paroles que le prêtre prononce en nous donnant la Sainte Hostie : « « Corpus Christi » formule abrégée de la prière que récitait le prêtre en donnant l’Hostie au fidèle : « Corpus Domini Nostri Jesus Christi custodiat animan tuam in vitam aeternam », « Que le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ garde ton âme pour la vie éternelle ». Le fidèle recevait la Sainte « Eucharistie », et il rendait grâce (sens du mot « eucharistie ») pour tous les dons qu’il venait de recevoir, pour tous les mystères auxquels il venait de participer. Pour la Vie Divine qu’il venait de recevoir. « Celui qui mange ma chair et boit mon Sang a la vie en Lui, et je le ressusciterai au dernier jour ». Oui Bienheureux ceux qui participent aux Noces de l’Agneau.

Mais ce Corps n’a-t-il pas été offert « pro multis », « pour une multitude » : Et Judas ? Et tous les autres, baptisés, « croyants mais pas pratiquants », qui refusent. de venir aux Noces de l’Agneau, pour s’occuper des affaires de ce monde ? A eux aussi, et à tous les habitants de la terre, cette Hostie, c’est cette Nature humaine qui apparut autrefois dans l'humilité des langes, qui parcourut la Judée et la Galilée n'ayant pas où reposer sa tête, qui fut enchaînée par des mains sacrilèges, flagellée, couronnée d'épines, clouée à une croix. Mais tandis que les hommes qui l'avaient méconnue la foulaient aux pieds comme un ver de terre, et qui continuent de le faire actuellement par leur mortelle indifférence, Elle acceptait le calice des douleurs avec une entière soumission et s'unissait à la volonté du Père. Elle consentait, devenue victime, à réparer la gloire divine en donnant tout son sang pour la rançon des pécheurs. Cette nature humaine, issue d'Adam par Marie l'immaculée, est le chef d'œuvre de la puissance de Dieu. Elle est là, aujourd’hui, chaque dimanche, chaque jour, à chaque Messe, en tous les endroits de la terre, pour chaque homme, pour son salut, pour le salut du monde.

Le Verbe fait chair, Jésus, qui aurait pu racheter l'homme à moins de frais, s'est plongé volontairement dans une mer d'humiliations et de douleurs, afin de payer avec surabondance la dette de ses frères, de tous ses frères, de tous ceux qui l’acceptent. « Il s'est fait obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix ; à cause de cela Dieu l'a exalté, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom » (Philippiens, chapitre 2°).

Nous, croyants, qui compatissons ici-bas aux douleurs par lesquelles Jésus nous a rachetés, nous qui aimons à Le suivre dans les stations de son pèlerinage jusqu'au Calvaire, levons la tête aujourd'hui, et regardons-Le au plus haut des cieux : Le voici, « parce qu'il a souffert la mort, le voici couronné de gloire et d'honneur « (Hébreux 2, 9.). Plus il a voulu s’anéantir sous la forme d'esclave, lui qui dans son autre nature pouvait sans injustice se dire égal à Dieu, et plus le Père l’élève en gloire et en puissance. La couronne d'épines qu'il a portée ici bas est remplacée par la couronne royale. La croix qu'il laissa imposer sur son épaule est désormais le signe de sa principauté Les plaies que les clous et la lance ont imprimées sur son corps resplendissent comme des soleils. Gloire soit donc rendue à la justice du Père envers Jésus son Fils !

Toutefois, ne nous méprenons pas : n'allons pas croire que le Fils de l'homme établi désormais sur le trône de la divinité reste inactif dans son glorieux repos. C'est une souveraineté, mais une souveraineté active que le Père lui a concédée. Il l'a d'abord établi « juge des vivants et des morts ». A peine notre âme aura-t-elle quitté son corps, qu'elle se trouvera transportée au pied de ce tribunal sur lequel le Fils de l'homme s'est assis en ce jour de l’Ascension, et elle entendra sortir de sa bouche la sentence qu'elle aura méritée. O Sauveur couronné en ce jour, soyez-nous miséricordieux à cette heure décisive pour notre éternité !

Nous le proclamons, nous le chantons à la Messe de chaque Dimanche : « Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos », « il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts ». Ce n’est pas là une invention de l’Eglise. Ce sont les Paroles mêmes de Notre Seigneur : voulons-nous être les brebis qu’il met à sa droite, ou les boucs qu’il place à sa gauche, en prononçant ces paroles d’une joie ineffable pour les uns, ces paroles terrifiantes pour les autres :

« Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde » (Mathieu 25, 34).

« Allez, loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été pour le Diable et pour ses Anges » (Mathieu, 25, 41b).

Chacun de nous peut choisir son destin : le Seigneur acceptera notre « oui », mais aussi notre « non »… Sa voix souveraine que la terre ne connaissait plus depuis tant de siècles, retentira alors pour commander aux pécheurs endurcis, orgueilleux, qui ont préféré suivre les conseils du Serpent pervers et immonde, de descendre en Enfer, et pour inviter les justes à venir occuper, en corps et en âme, le séjour des délices éternelles.

Daigne le Seigneur Jésus nous préserver tous de la « damnation éternelle » (Canon Romain de la Messe) ! C’est pourquoi, en ce Jour qui est Votre Jour, qui Vous est consacré, notre souverain Roi, notre Seigneur et notre juge, écoutez nos prières : nous avons été les auteurs de vos humiliations et de vos souffrances dans le cours de votre vie mortelle. Nous nous unissons à présent à votre Gloire dans le Ciel. Nous ne faisons encore qu'entrevoir vos grandeurs ; mais l'Esprit-Saint que vous nous avez promis achèvera de nous révéler tout ce que nous pouvons connaître ici-bas sur votre souverain pouvoir, dont nous voulons être à jamais les humbles et fidèles sujets. Et c’est Lui que nous vous supplions de nous envoyer en abondance, car c’est Lui qui peut transformer la « face de la terre », nous transformer nous sanctifier, comme nous le Lui disons dans la Séquence du Jour de la Pentecôte :

Veni Sancte Spiritus

Viens, Esprit Saint, en nos coeurs 
et envoie du haut du ciel 
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres, 
viens, dispensateur des dons,  
viens, lumière de nos coeurs.

Consolateur souverain, 
hôte très doux de n
os âmes,  
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos; 
dans la fièvre, la fraîcheur; 
dans les pleurs, le réconfort.

O lumière bienheureuse, 
viens remplir jusqu'à l'intime 
le coeur de tous les fidèles.

Sans ta puissance divine, 
il n'est rien en aucun homme, 
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé, 
baigne ce qui est aride, 
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, 
réchauffe ce qui est froid, 
rends droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi  
et qui en toi se confient 
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu, 
donne le salut final,  
donne la joie éternelle.

Amen

Et terminons ce Saint Jour du Seigneur, en priant cette hymne de l’Office des Matines du Jour de l’Ascension, en demandant à notre Juge d’écarter les châtiments que nous méritons, et en recevant l’Amour de Dieu que l’Esprit Saint répand dans le cœur des fidèles :

Roi éternel, Roi très haut. Rédempteur des fidèles, ô vous, à qui la victoire sur la mort désormais abattue a mérité  le plus glorieux triomphe.

En vous élevant aujourd'hui, vous franchissez la région des astres, et vous allez vous asseoir sur le trône pour exercer le souverain pouvoir que le ciel, et non l'homme, vous a conféré.

C'est là  que vous recevez l'hommage des trois régions créées, le ciel, la terre et les enfers, qui, dans leur soumission, fléchissent le genou devant votre majesté.

Les Anges contemplent avec stupeur la révolution qui s'est accomplie dans le sort des mortels; la chair avait péché, et la chair a tout purifé ; un Dieu fait chair étend partout son empire.

Soyez donc notre allégresse, ô vous qui demeurez au ciel pour être notre récompense ! Vous qui tenez les rênes de ce monde, et nous aidez à  triompher de ses dangereux attraits !

Daignez pardonner toutes nos offenses, et par l’énergie de votre grâce, attirez en haut et vers vous nos cœurs ;

Afin qu'au jour où vous paraîtrez soudain, assis comme un juge sur la nuée, vous écartiez de nous les châtiments que nous méritons, et nous rendiez la couronne que nous avions perdue.

A vous soit la gloire avec le Père et l'Esprit-Saint, dans les siècles éternels, ô Jésus qui, vainqueur aujourd’hui, remontez dans les cieux ! Amen.


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