Gabin et Bourvil dans La Traversée de ParisFilm de Claude Autant-Lara (1956)"Tu vas mourir, aujourd'hui, et tu ne le sais pas encore. Le sauras-tu jamais, même à l'ultime instant ?"Sébastien Lapaque in Les Identités remarquables - incipit (Actes Sud, 2009) Remarquable roman que celui de Sébastien Lapaque intitulé Les Identités remarquables. Or, comme ici je ne m'exerce jamais à la critique littéraire - attendez la mi-juin pour une première... -, vous n'en saurez guère plus sinon que je n'ai pas eu le sentiment d'avoir lu pour rien... Mais ce soir, ce n'est pas du travail du chroniqueur, essayiste et romancier Lapaque dont je souhaite vous entretenir, seulement d'une pathétique affaire le concernant (à voir). Le premier à m'en avoir informé ce matin, via son blog, c'est Juan Asensio, relayé un peu plus tard dans la journée par Jérôme Leroy dans son Feu sur le quartier général ! En effet, tous deux ont su faire montre de suffisamment de noblesse pour relayer cette réaction de Lapaque dont on peut dire, à présent, qu'elle fait figure de lettre ouverte. Je la reproduis in extenso (cliquer sur les liens est ardemment conseillé pour comprendre de quoi il retourne) : "J’ai pris connaissance des accusations extrêmement graves de Reza concernant les propos que j’aurais tenus dans le train de retour du Festival Étonnants Voyageurs, lundi 24 mai 2010. Tout a commencé à cause d’un tract intitulé De la littérature bourgeoise et de sa mort annoncée que j’étais en train de lire à voix haute en imitant André Malraux prononçant l’oraison funèbre de Jean Moulin au milieu d’une bande d’amis hilares. Apprenant que j’étais journaliste au Figaro et croyant tenir un ennemi du genre humain, Reza m’a filmé afin de détenir une preuve de ma vilenie. Malheureusement pour lui, ce tract vieux de deux ans ridiculisant «le capitaine Le Bris et sa bande de pirates» — chacun peut le consulter ici — n’est pas mon œuvre, mais celle d’un collectif d’extrême gauche baptisé «Institut de démobilisation» dont les textes sont consultables sur le site Le Terrier. Lorsque j’ai achevé ma lecture, que j’ai entendu un des amis de Reza accuser notre joyeuse troupe d’être «une bande de pétainistes» et que j’ai découvert que j’avais été filmé sans mon accord, je me suis retourné vers lui et je suis passé d’une imitation d’André Malraux à une imitation de Jean Gabin, et du Terrier à Jojo Lapin. Il me semblait que la colère affectée et le délire surjoué rendaient évidente la référence à Jean Gabin vociférant : «Salauds de pauvres !» dans La Traversée de Paris. Reza se prend trop au sérieux pour avoir compris que la simple allusion à Jojo Lapin établissait le caractère burlesque de ce numéro d’improvisation comique. D’ailleurs, c’est quoi la France de Jojo Lapin ? Une France qui vit sous terre, dans ses terriers, tremblante et peureuse, loin du soleil et de la lumière. Il suffit de lire mes textes (Il faut qu’il parte, Stock, 2008; Au hasard et souvent, Actes Sud, 2010), pour savoir que ce pays n’est pas ma France et qu’autant que Reza, ce sont les patrouillotes que je ridiculisais à travers ce sketch de trublion anarchiste. Humilié par ma diatribe dont plusieurs personnes autour de moi peuvent attester du caractère satirique, Reza s’est employé à la transformer en philippique raciste. À cet effet, il a nourri ses souvenirs de mots qui n’appartiennent pas à mon vocabulaire et ajouté des phrases que ne n’ai pas pu prononcer. Ce qui est étrange, dans cette affaire, c’est que la preuve que détient Reza est un film où je lis un tract dénonçant les anciens gauchistes passés au service du Capital et «les intérêts du monde de l’entreprise et du racisme d’État» et qu’il m’impute des propos ignobles et infamants qui auraient été tenus après que sa caméra a fini de tourner. Sébastien Lapaque" En prime, voici la "photocopie" du commentaire que le Taulier a déposé ce jour chez l'ami Asensio et chez le camarade Leroy : "Remarquez, cher Sébastien, en vous "appuyant" sur un film de feu Autant-Lara, vous n'allez pas arranger votre dossier, ce dernier en cours de "montage" pour emprunter au vocabulaire des choses du cinéma. Au passage, permettez ce conseil : vous feriez bien de le gonfler à l'air vicié votre dossier d'odieux raciste, parce que, pour vous lire - dernier ouvrage en date : Les Identités remarquables - ledit dossier est ridiculement vide. Ah oui, qu'est-ce qui vous prend de "collaborer" au Figaro et à Témoignage chrétien, respectivement organes de presse pétainiste et catho-stalinien ? Si j'étais vous, je postulerais direct pour des piges chez Rustica. Enfin bref, c'est vous qui voyez, mais bon, pour moi, c'est tout vu. Bien à vous. Et courage." Christophe Borhen
Magazine Nouvelles
Lapaque à la Trinité (sur mer)...
Publié le 28 mai 2010 par Borhen
Gabin et Bourvil dans La Traversée de ParisFilm de Claude Autant-Lara (1956)"Tu vas mourir, aujourd'hui, et tu ne le sais pas encore. Le sauras-tu jamais, même à l'ultime instant ?"Sébastien Lapaque in Les Identités remarquables - incipit (Actes Sud, 2009) Remarquable roman que celui de Sébastien Lapaque intitulé Les Identités remarquables. Or, comme ici je ne m'exerce jamais à la critique littéraire - attendez la mi-juin pour une première... -, vous n'en saurez guère plus sinon que je n'ai pas eu le sentiment d'avoir lu pour rien... Mais ce soir, ce n'est pas du travail du chroniqueur, essayiste et romancier Lapaque dont je souhaite vous entretenir, seulement d'une pathétique affaire le concernant (à voir). Le premier à m'en avoir informé ce matin, via son blog, c'est Juan Asensio, relayé un peu plus tard dans la journée par Jérôme Leroy dans son Feu sur le quartier général ! En effet, tous deux ont su faire montre de suffisamment de noblesse pour relayer cette réaction de Lapaque dont on peut dire, à présent, qu'elle fait figure de lettre ouverte. Je la reproduis in extenso (cliquer sur les liens est ardemment conseillé pour comprendre de quoi il retourne) : "J’ai pris connaissance des accusations extrêmement graves de Reza concernant les propos que j’aurais tenus dans le train de retour du Festival Étonnants Voyageurs, lundi 24 mai 2010. Tout a commencé à cause d’un tract intitulé De la littérature bourgeoise et de sa mort annoncée que j’étais en train de lire à voix haute en imitant André Malraux prononçant l’oraison funèbre de Jean Moulin au milieu d’une bande d’amis hilares. Apprenant que j’étais journaliste au Figaro et croyant tenir un ennemi du genre humain, Reza m’a filmé afin de détenir une preuve de ma vilenie. Malheureusement pour lui, ce tract vieux de deux ans ridiculisant «le capitaine Le Bris et sa bande de pirates» — chacun peut le consulter ici — n’est pas mon œuvre, mais celle d’un collectif d’extrême gauche baptisé «Institut de démobilisation» dont les textes sont consultables sur le site Le Terrier. Lorsque j’ai achevé ma lecture, que j’ai entendu un des amis de Reza accuser notre joyeuse troupe d’être «une bande de pétainistes» et que j’ai découvert que j’avais été filmé sans mon accord, je me suis retourné vers lui et je suis passé d’une imitation d’André Malraux à une imitation de Jean Gabin, et du Terrier à Jojo Lapin. Il me semblait que la colère affectée et le délire surjoué rendaient évidente la référence à Jean Gabin vociférant : «Salauds de pauvres !» dans La Traversée de Paris. Reza se prend trop au sérieux pour avoir compris que la simple allusion à Jojo Lapin établissait le caractère burlesque de ce numéro d’improvisation comique. D’ailleurs, c’est quoi la France de Jojo Lapin ? Une France qui vit sous terre, dans ses terriers, tremblante et peureuse, loin du soleil et de la lumière. Il suffit de lire mes textes (Il faut qu’il parte, Stock, 2008; Au hasard et souvent, Actes Sud, 2010), pour savoir que ce pays n’est pas ma France et qu’autant que Reza, ce sont les patrouillotes que je ridiculisais à travers ce sketch de trublion anarchiste. Humilié par ma diatribe dont plusieurs personnes autour de moi peuvent attester du caractère satirique, Reza s’est employé à la transformer en philippique raciste. À cet effet, il a nourri ses souvenirs de mots qui n’appartiennent pas à mon vocabulaire et ajouté des phrases que ne n’ai pas pu prononcer. Ce qui est étrange, dans cette affaire, c’est que la preuve que détient Reza est un film où je lis un tract dénonçant les anciens gauchistes passés au service du Capital et «les intérêts du monde de l’entreprise et du racisme d’État» et qu’il m’impute des propos ignobles et infamants qui auraient été tenus après que sa caméra a fini de tourner. Sébastien Lapaque" En prime, voici la "photocopie" du commentaire que le Taulier a déposé ce jour chez l'ami Asensio et chez le camarade Leroy : "Remarquez, cher Sébastien, en vous "appuyant" sur un film de feu Autant-Lara, vous n'allez pas arranger votre dossier, ce dernier en cours de "montage" pour emprunter au vocabulaire des choses du cinéma. Au passage, permettez ce conseil : vous feriez bien de le gonfler à l'air vicié votre dossier d'odieux raciste, parce que, pour vous lire - dernier ouvrage en date : Les Identités remarquables - ledit dossier est ridiculement vide. Ah oui, qu'est-ce qui vous prend de "collaborer" au Figaro et à Témoignage chrétien, respectivement organes de presse pétainiste et catho-stalinien ? Si j'étais vous, je postulerais direct pour des piges chez Rustica. Enfin bref, c'est vous qui voyez, mais bon, pour moi, c'est tout vu. Bien à vous. Et courage." Christophe Borhen
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