Magazine Journal intime

De l'art de faire la pute

Publié le 14 juin 2010 par Anaïs Valente

Vous m'excuserez l'expression, mais c'est celle qui m'a sauté aux yeux (et non, je n'utilise pas ce mot pour attirer des internautes en mal de sexe qui l'utiliseront dans leurs recherches Google, en matière de dérangés, j'ai déjà ma dose quotidienne).

Vous le savez, My Major Company (MMC), qui a produit, enfin qui a permis aux internautes de produire, avec leurs propres deniers, Grégoire (qui chante, toi + moi), lance le même procédé pour les auteurs.

Je soutiens d'ailleurs ardemment Elena Klein et son « Cendrillon à Hollywood », dont l'héroïne, Inès Valente, m'a semblé être un signe du destin pour moi, ben oui quoi.

Je me suis donc amusée à miser sur elle et à surveiller la jauge.  Je vous assure qu'aux dernières heures des mises, l'autre dimanche (ya quinze jours), nous étions surexcitées, sur MSN, Mostek et moi (je l'ai convaincue de participer à l'aventure, car c'est une première dans l'édition, ça permet de découvrir un peu mieux ce milieu et qui, sait, de devenir riiiiiches - enfin là j'y crois pas trop, je connais un peu le monde du livre, depuis la sortie du mien, on devient pas riche en écrivant, mais on le devient quand on découvre les mails de lectrices qui annoncent avoir eu le moral au beau fixe en découvrant la Célib'attitude après une rupture, ça, c'est une jolie récompense non ?)

Bref, moi j'aime bien, même si ce principe de l'internaute payeur, dénommé pour le coup « éditeur », qui permet à l'éditeur « véritable » de ne courir aucun risque, puisque le pognon arrive illico, est fort critiqué.

J'en ai donc profité pour me créer un petit profil et publier mes textes.  Je l'ai déjà annoncé ici, on va pas épiloguer encore et encore.  Je l'ai annoncé sur Facebook aussi, tant qu'à faire.  Et c'est tout.  Je l'ai annoncé là où j'ai des gens qui me « connaissent » et me lisent, un peu comme une newsletter, un peu comme j'annonce la sortie de mes livres ou les articles parus (normalement, j'aurai prochainement une surprise d'ailleurs, une jolie aventure qui m'a été proposée et à laquelle je suis très fière d'avoir participé).

De toute façon, moi, je donne à lire des textes courts.  Et je sais que les nouvelles n'ont pas la cote dans l'édition, sauf quand on s'appelle Stephen King, Nicci French ou Anna Gavalda.  Donc aucune chance d'être éditée (même si le principe « mes crapauds », je l'imagine illustré et totalement sympa à découvrir à chaque pause WC par exemple).

Mais le but pour moi est de conquérir (waw, quel joli mot) de nouveaux lecteurs et de nouvelles lectrices, car quand on écrit, le but premier est d'être lu.  C'est à ça que sert ce blog, hein, les petits amis.  Quant à conquérir un éditeur avec ces textes, c'est comme chercher un rat vivant sur un navire plein de chats : peine perdue.  Mais l'essentiel c'est de participer non ?  Si.

Tout ça pour vous dire que ce qui me sidère le plus, sur My Major Company Book (et même la version musique, même si je la connais moins), c'est la capacité qu'ont les autres auteurs de « faire la pute » (vous comprenez maintenant le titre ?)

C'est à qui ira copier coller ses phrases aguicheuses sur un maximum de profils d'éditeurs ou d'autres auteurs, histoire d'attirer le badaud.

Déjà, devoir lire des « je vous invite à lire ce que j'écris, j'ai hâte d'avoir votre avis », en cinquante versions voulant toutes être plus séduisantes les unes que les autres, ça me saoule. Et ça me dissuade.  A croire que « je vous invite à » est la formule magique qui ouvre tous les sésames.  « Je vous invite à découvrir, je vous invite à devenir fan, je vous invite à vous laisser séduire, je vous invite à entrer dans mon univers... JE VOUS INVIIIIIIIITE. » 

De plus, recevoir des tas messages privés qui sonnent totalement comme des publicités, ça fatigue, à la longue.

Ensuite, y'a ceux qui viennent racoler sur les profils des auteurs édités, en invitant tout le monde à découvrir leur phénoménal talent.  Je ne doute pas de leur talent, mais comme c'est exaspérant.  Il est normal d'intervenir sur les profils d'auteurs qu'on apprécie, moi j'adore discuter avec les autres internautes/éditeurs d'Elena sur son profil, mais on discute d'Elena, du projet, de notre vie, et on ne répète pas, message après message « venez me lire venez me lire venez me lire » ou plutôt « je vous invite à venir me lire x 3 (ou plus si affinités) ».

Mais ce qui est le plus vicieux, vraiment plus vicieux que le vice lui-même, c'est quand ces prostitué(e)s de MMCB font semblant d'avoir aimé mes écrits pour ensuite faire leur promo.  Vicieux, car en général, on découvre leurs « j'adoooooore ta prose, si originale, si drôle, si touchante, si angoissante (biffez la mention inutile) » sur les centaines d'autres profils.  Identique.  Copiée collée, la prose flatteuse. 

Je ne parviens pas à comprendre ce genre d'attitude, et quand je lis ces appels à la lecture, ben ça me donne pas du tout envie d'en savoir plus.  Je comprends le but hein, attirer le plus possible de monde sur sa page. C'est logique, mais de là à agir de la sorte, non, très peu pour moi.

Durant mes découvertes des auteurs, j'en ai trouvé, par exemple, une dont j'aime le pitch, et j'ai eu plaisir à le lui dire en commentaire.  Mais rien qu'à elle.  Passque j'ai aimé.  Jamais il ne me viendrait à l'idée d'envoyer des messages à tous les éditeurs (savoir, pour rappel, les internautes qui ont un profil et qui sont susceptibles de me lire) pour leur faire ma pub, ni de laisser des messages sur leur profil, pour faire ma petite promo à la noix et racoler à qui mieux mieux.  Jamais eu l'âme d'une commerciale, moi.

Y'a vraiment rien à faire, mais pour moi, « la pute », je ne la fais qu'ici et sur Facebook, passque je vous connais, alors j'ose racoler sur mes terres, sur mon domaine.  Mais racoler sur MMCB, c'est pas demain la veille.

Au fait, je vous invite à (ah ah ah ah ah ah, trop drôle) découvrir ou redécouvrir un texte un peu retravaillé, un nouveau crapaud.  A découvrir, à lire, à aimer, et tutti quanti.  Ben oui quoi, je fais la pute, mais ici je peux, chuis chez moi, c'est mon propre bordel, donc je peux.  Bonne lecture, c'est ici que ça se passe et ça s'appelle « mes crapauds 6 - celui qui déterminait qui était baisable ou pas ».



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