Magazine Journal intime

Si près du but... *soupir*

Publié le 02 novembre 2010 par Patrickduval
Je vais être franc de franchise avec vous, je ne croyais pas revenir écrire ici...
Parce que j'étais en amour. Vous savez ce que c'est, quand on est en amour, le quotidien de célibataire en prend un coup, toute notre vie est centrée sur l'autre, comme dit le dicton : "Tout nouveau, tout beau, pus de cerveau".
Si près du but... *soupir*Bon, ok... "pus de cerveau" c'est moi qui l'a ajouté parce que j'ai eu vraiment l'impression de ne plus avoir de cerveau.
Joanie et moi, au début du mois d'octobre, avons été invité au mariage de John et Kathleen, des anciens employés du Panini. Le mariage avait lieu dans une église à Trois-Rivières.
J'ai trouvé ça cool, je croyais que c'était en campagne pis un peu d'air frais ça fait toujours du bien quand on vit à Brossard, à deux pas du pont Champlain. Je pensais que Trois-Rivières c'était une rue principale avec trois ou quatre commerce peuplé de consanguins. Le charme typique de tout village.
Mais pas pentoute. Trois-Rivières c'est comme partout. J'avais crissement l'impression d'être à Laval.
Sti de place laide pour se marier dans un mariage...
Au moins, la réception avait lieu à une demi-heure de l'église, dans une cabane à sucre qui offrait ses services pendant la hors-saison des sucres pour différents évènements.

Ça été une des plus belles journées de toute ma vie, je crois même que j'ai trouvé cette journée plus formidable que John et Kathleen eux-mêmes. ils ont fait jouer du Culture Club, les filles étaient habillées comme des princesses pis j'ai fourré avec Joanie.
Pendant la réception, elle avait bu beaucoup, je me suis donc dit que le moment était idéal pour la cruiser. Une fille ivre a toujours moins tendance à dire non.
Ne croyez pas que je voulais profiter de son état, je crois sincèrement qu'elle a bu pour se donner du courage. Après tout, la dernière relation de Joanie s'était mal terminée, peut-être qu'elle avait besoin de cet alcool pour avoir assez de cran pour renouer avec l'amour.
Anyway...
Pendant la réception du mariage, il y avait des calèches et pour vingt piasses, un cocher nous faisait faire un tour de 15 minutes. J'ai donné 200 piasses pis Joanie et moi sommes partis pour un tour de deux heures et demi.
Le temps en masse pour la convaincre de devenir ma blonde.
- En tout cas, moi un mariage, ça me donne envie de me marier. Pas toi? Ai-je demandé à Joanie.
Elle regardait l'horizon, un sourire aux lèvres.
- C'est tellement romantique que j'en suis presque jalouse, a-t-elle ajouté.
- T'as pas à être jalouse, Jo... Des belles choses comme le mariage, ça n'arrive pas juste aux autres. Un jour, tu vas l'avoir ta journée.
Vous comprenez ce que j'étais en train de faire?
Oui, c'est ça. Je la mettais dans un bon mood. Pour qu'elle soit réceptive.
- Je sais pas... Je me demande si un moment donné un homme m'aimera assez pour me proposer le mariage.
- Moi je t'aime, Joanie!
Elle m'a regardé en riant.
- Toi, t'aimes toutes les filles, Pat.
Quoi???
Ça m'a un peu mis en rogne, me semble que je suis assez sélectif avec les filles du sexe opposé...
- Voyons Joanie, je choisie les filles selon une liste de critères, je les aime pas toutes.
Elle a haussé les épaules.
- Je ne me sens pas spéciale avec toi. Tu t'es essayé sur toutes les filles de la job, t'es comme une pute qu'on ne paye pas.
What the fucking fuck???
Fallait que je renverse la situation, je pouvais pas laisser la perception qu'elle se faisait de ma réputation à un niveau si médiocre de médiocrité...
Comme d'habitude, j'ai utilisé mon intelligence mâle supérieur.
- Tu comprends rien, Jo... Si j'ai fréquenté presque toutes les filles du Panini, c'était pour te rendre jalouse.
Elle a soupiré.
- Tu as manqué ton coup, j'ai jamais été jalouse, je te trouvais juste macho et con.
J'ai pris une mine déconfite (je sais, je sais, mon vocabulaire est parfois impressionnant).
- D'abord, j'ai fait une erreur... Ça prouve que je suis vulnérable.
Pis s'il y a une chose que je sais, c'est que les femmes aiment bien les hommes vulnérables. Surtout ceux qui le reconnaissent haut et fort.
Mais... Ça n'a pas eu l'air à fonctionner avec Joanie.
- Le seul endroit où tu es vulnérable, c'est dans les pantalons.
(Soupir)...
- Je sais pas comment te faire comprendre, Jo. Je te veux vraiment, j'ai envie de faire un bout de chemin avec toi, pis ce serait bien si on commençait avant le 26 novembre, parce qu'après...
Je ne savais plus quoi dire, Joanie était en train de me glisser entre les doigts, puis, le destin est venu à ma rescousse.
Elle m'a regardé.
- Tu sais quoi, Pat? Aujourd'hui, j'ai été émue par le mariage, j'ai beaucoup bu, je trouve la promenade en calèche ultra romantique et ça fait longtemps que je n'ai pas fait l'amour. Viens dormir chez moi, ce soir.
Elle a dit ça, comme ça.
Le pouvoir des calèches m'a crissement impressionné.
On a fait l'amour toute la nuit.
Le lendemain, elle m'a mise à la porte prétextant qu'elle allait déjeuner avec sa mère et au travail, plus rien.
Comme si notre aventure d'une nuit n'avait jamais eu lieu. Comme ça pendant une semaine de sept jours...
Fuck it...
Il me restait encore 15,000 piasses sur le 50,000 que j'avais gagné avec Fanny, j'ai acheté deux billets première classe pour Acapulco dans un hôtel cinq étoiles pour deux semaines.
Je lui ai dit que j'avais gagné deux voyage au Mexique et je lui ai demandé si elle voulait venir avec moi. Elle était folle de joie.
(Sourire de bonheur)...
C'est sous le soleil d'Acapulco que tout a commencé. Les deux semaines passées ensemble, dans la même chambre où il n'y avait qu'un seul lit, nous a soudé.
Même moi, j'avais soudainement changé. Je la laissais commander la première au resto, j'acceptais de lui prêter la télécommande de la télé, j'ai pas fumé de joint pendant un mois! J'avais même apporté mon portable pour écrire sur le blogue et j'ai même pas pensé à vous, mes chers lecteurs et lectrices. Même en revenant, j'étais encore sur un nuage de coton ouaté...
J'avais enfin une blonde, elle était heureuse, elle m'a même avoué qu'elle ne pensait pas que j'étais intéressant et pas toujours épais.
J'ai pris ça comme un compliment.
Après le Mexique, cette fois-ci, elle ne m'a plus ignoré.
C'était officiel, Joanie et moi étions un couple réglementaire, c'est-à-dire qu'on l'affichait, à la grande surprise des autres filles du Panini qui se demandaient tous si j'avais drogué Joanie.
Oui, ne pleurez pas de chagrin chères lectrices, mon célibat était terminé. J'ai vécu un colossal amour, le sommet le plus haut du bonheur, l'Everest de la passion.
Jusqu'à avant-hier.
(Long soupir)...
J'ai fait une crisse de gaffe.
Joanie couchait chez moi, ce n'était pas la première fois, mais jamais elle n'avait utilisé mon ordinateur chez moi, pas mon portable, mon autre ordi, une tour dans lequel je fais le back up des films pornos que je download.
Ne vous inquiétez pas, elle n'a pas tombé sur mes films. Ils sont bien dissimulés dans un dossier caché dans le fin fond du disque dur.
Mais j'avais laissé un dossier sur le desktop de l'ordi. Un dossier intitulé... Moustache.
Bien-sûr, piquée par la curiosité de voir un dossier portant le nom de son chat, elle l'a ouvert et découvert...
Toutes les photos de Moustache pris en otage. Un bandeau sur les yeux, les pattes attachées. Les photos qui avait provoqué la rupture entre Jason et elle, blâmant à tort son copain pour la disparition de son chat.
Elle a hurlé. Je suis arrivé en courant dans mon bureau, j'ai vu sur l'écran Moustache et tout mon corps est devenu mou, j'avais de la difficulté à tenir debout, je me suis appuyé contre le cadre de porte.
Elle s'est levée et a fait la dernière chose que j'aurais cru possible.
Elle m'a donné une sale volée.
Deux direct dans le visage, je suis tombé la tête première sur le plancher, mon arcade sourcilière s'est fendue, elle m'a roué de coups de pieds puis m'a cassé le nez.
C'est l'ambulance qui est venu me chercher.
Le lendemain, j'avais une sale gueule. Neuf points de suture en haut de l'oeil gauche pis j'ai les cernes d'un bleu vif à cause de mon nez cassé et maintenant bandé d'un énorme plaster.
J'ai été au Panini pour montrer mon état à Ninon et demander quelques jours de congé, quand je suis arrivé là-bas, j'ai salué tout le monde mais personne ne m'a répondu.
Tout le fucking monde m'ignorait!!!
Jason m'a finalement aperçu et lui ne m'a pas ignoré. Il m'a pris par le collet, tous les employés présents, trop curieux, sont arrivés autour de nous.
- Si tu savais comment j'ai envie de finir la job commencé par Joanie!
J'ai eu vraiment la chienne de manger une autre volée, je crois pas que j'y aurais survécu.
- Écoute moi bien, mon crisse de gros chien sale. Tu vas aller voir Ninon pis tu vas lui donner ta démission, a-t-il crié.
Si j'avais pas eu aussi mal dans le visage, j'aurais ri.
- Fuck you, Jason. J'ai fait le cave, je m'excuse, mais je peux pas me permettre de perdre ma job.
Ninon est arrivé en courant, voyant l'escarmouche dans la cuisine.
- Voyons, tabarnak, quossé qui se passe, sti???
Jason m'a regardé droit dans les yeux en disant à l'intention de Ninon : "Si Duval sacre pas son camp d'ici, je donne ma démission".
Ninon comprenait rien.
- Quoi, tabarnak???
Crystal s'est avancée d'un pas pour se démarquer des curieux.
- Si Duval reste, moi aussi je donne ma démission, a-t-elle dit en me regardant froidement.
Il y a eu un court silence, puis chaque employé s'est avancé un à un.
- Moi aussi, a dit Caroline.
- Je suis avec vous, a ajouté Andréane.
- Je pars aussi, a répliqué Amanda.
- Je veux pas travailler avec lui non plus, a affirmé Leduc.
- Je comprends pas ce qui se passe, mais je reste avec la gang, a rétorqué Milena.
Chacun leur tour, en me regardant, ont craché leur mécontentement face à ce que j'avais fait à Joanie. Vraiment, juste à cause du kidnapping d'un chat, mes collègues me détestaient jusqu'aux os. Crisse, je n'avais quand même pas enlevé son bébé, quelle bande de caves!
Je ne savais plus quoi dire.
Pendant un instant, j'ai eu envie d'attirer la pitié, j'ai pensé crier : "Regardez mon visage! Regardez, je suis défiguré! Joanie a eu sa vengeance!"
Ninon m'a regardé.
- Duval... sti...
- Sacre-le dehors! A crié Jason.
La foule s'est remise à gueuler de plus belle en m'insultant des insultes...
Je sais pas pourquoi, mais j'avais littéralement envie de pisser, je pouvais à peine me retenir. Avant de mouiller mes pantalons et d'être, en plus du mal aimé, la risée, je suis parti en courant à la course...
Les salauds, je les ai entendu applaudir mon départ.
(Silence)...
Ninon ne m'a pas rappelé. Mon 4% a été directement déposé dans mon compte. Elle n'a même pas réclamé l'uniforme.
Fuck off, j'étais si près du but : Avoir une crisse de femme!
Pis maintenant, il me reste 7,000 piasses dans mon compte.
Je n'ai plus de crédit à cause de ma faillite.
J'ai vingt-quatre jours pour me trouver une femme.
Je vais avoir quarante ans.
Sérieusement...
Je devrais faire une série de télé avec ma vie.
*Photo: http://www.luxuriousmexico.com/wwwluxuriousmexico/Luxurious%20Mexico/French/Deluxe%20fascinating%20Mexico%20FR.html
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