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| | C’EST LA TERRE | C’est la terre. Ne lui demandez rien de plus. Par une nuit quelconque, entre sifflements et remords, elle se cache. Elle a sa durée. Ses maisons ont des pieds fatigués, sa lumière plus basse que les nuages. Pour qui danse encore cette moitié d’ombre ? C’est la terre, qu’auront bientôt oubliée tous nos désirs secondaires, quand le souffle devient plus court, qu’il a un goût d’inéluctable, et que le monde aux yeux crevés ravale ses tragédies pour tenir rang, sous son faux col du soir. Tu sens que cette année pourtant il y aura beaucoup de pommes. Car c’est la terre qui insiste, prodigue sous le fouet du paysage, et si le monde n’écoute plus quand on lui parle de lointain, elle tient à ses femmes qui ont la démarche du vent, elle détache de la rocaille la promesse d’une année grossie de pluie. Et il y a de grands bâtisseurs parmi les volcans. C’est la terre. Ne lui demandez rien de plus. Elle roule le fracas entrevu dans les mots dont on ne doit pas parler. Et tu écoutes en elle pour ce jour qui va naître encore le temps sauvé. Dominique Sorrente D.R. Texte inédit Dominique Sorrente
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■ Dominique Sorrente sur Terres de femmes ▼ → J’écris comme on décide par fragments → Je t’envoie ma chanson des jours bleus → Le temps sans rideaux → Pays sous les continents → Le Scriptorium | Portrait de groupe en poésie |
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