Magazine Journal intime

Y'a des journées comme ça

Publié le 09 décembre 2010 par Bizz
Ce matin, je me suis éveillée avec une humeur massacrante, ce qui est un phénomène assez rare dans mon cas, étant de nature joviale et rigoleuse sitôt le soleil levé. Sans doute le fait d'avoir dormi dans la chambre d'invités, parce que l'amoureux ronflait si fort cette nuit qu'il m'en a réveillée, n'a pas aidé à ce que ma journée débute dans la bonne humeur. Bref, quand l'amoureux vient m'annoncer que le matin est là et que je dois ouvrir mes yeux bouffis pour faire du café pendant qu'il allume la fournaise, j'ai une subite envie de mordre. Au sens figuré, évidemment.
Je descends à la cuisine, me disant qu'un bon café m'aidera à retrouver le sourire avant que ma petite princesse ne s'éveille. Naturellement, c'est ce matin que toutes les grandes tasses ont choisi pour être sales. Je me rabroue donc sur une petite tasse, insultant au passage les grandes traîtres qui se la coulent douce dans le lave-vaisselle. L'amoureux, les cheveux emmêlés, choisit pile ce moment pour me rappeler mon centième rendez-vous au garage du mois. Je grommelle, non, je grogne un genre de «oui, je sais». J'ouvre la télévision et jette un coup d'oeil à la météo. J'y aperçois des petits nuages qui lancent des flocons de neige pour les cinq prochains jours. D'ordinaire, ça me ferait sourire. Ce matin, ça me fait chier.
L'amoureux part travailler, me disant de prendre ça relax aujourd'hui, il me trouve un peu blême. Super. En plus d'avoir un air de boeuf, j'ai l'air malade. Dire qu'il va falloir que je montre ma tronche de débile à l'épicerie. Je retourne à mon café et je boude en pensant au bac de recyclage que je dois mettre au chemin avant que ne passe le camion de collecte. J'entends Bébé fille qui sautille dans son lit. Je m'empresse d'aller la trouver, son sourire matinal réussira sans doute à remettre un peu de joie dans mon coeur.
Son sourire jusqu'aux oreilles est craquant. Sa couche qui a débordée dans son lit l'est beaucoup moins. Chouette. La vingtième brassée de lavage de la semaine. C'est pas mêlant, ici, on chauffe la maison avec les brassées qui sortent bien chaudes de la sécheuse. J'insulte silencieusement les couvertures pleines de pipi (silencieusement, c'est important, Bébé fille a la manie de répéter chaque mot que je dis ces temps-ci, alors...), extirpe Bébé fille de son pyjama mouillé et jette le tout dans la laveuse (sauf Bébé fille, évidemment). Nettoyage de bébé effectué, on passe en mode déjeuner. Génial, plus de pain. Non, mais, c'est vraiment pas ma journée. Bordel, il est où ce foutu pain blanc pas nutritif à la con dont l'amoureux se régale avec son ragoût de boulettes? Au congélateur. Et hop, deux tranches au grille-pain, Bébé fille, tu auras une rôtie au pain blanc ce matin, youpi. Évidemment, c'est ce matin que Bébé fille choisit pour mettre du beurre d'arachides partout sur son corps, incluant ses cheveux. C'est un complot ou quoi? La vie et le hasard, vous vous êtes dit : «Tiens, elle est beaucoup trop joyeuse elle, on va la faire suer un peu, ça va être drôle». Merci, c'est gentil.
Le déjeuner terminé, on passe à l'habit de neige, car, comme mentionné plus haut, aujourd'hui, c'est jour d'épicerie et de supermarché. Je mets mon manteau de cuir pour l'occasion, je me dis qu'à défaut d'avoir l'air de bonne humeur, au moins, je serai bien habillée. En fouillant dans les poches, je trouve une jolie paire de bas (appartenant à Bébé fille, vu la minuscule taille). Les bas sont mouillés. Très mouillés. La mémoire me revient d'un seul coup et j'ai alors des flashs du dernier rendez-vous de Bébé fille au CLSC, elle faisant pipi sur la table d'examen du médecin, moi fourrant ses bas pleins de pipi dans une poche de mon manteau parce que je suis maintenant une femme émancipée qui ne traîne plus le sac à couches et cette poche est donc le seul endroit où je peux y ranger les bas souillés. Je suis tirée de mes pensées par Bébé fille qui s'impatiente sur le tapis. Je lave mes mains en vitesse et nous partons pour l'épicerie.
Évidemment, la neige des derniers jours a retardé les livraisons. L'épicier n'a pas encore reçu les asperges. Le boucher attend des filets mignons cet après-midi. Le boulanger n'a pas eu le temps de faire cuire ses délicieuses baguettes. Il n'y a plus de lait 3,25%. Bref, je devrai revenir demain. Super. Bébé fille se cogne la bouche sur le bord du panier et se met à hurler de toutes ses forces contre l'injustice et la douleur. Je me sens comme dans les dessins animés, avec un petit nuage gris et du tonnerre juste au-dessus de ma tête.
De retour à la maison, je range les courses, puis ressort jouer dehors avec Bébé fille. Le grand air me fera sans doute le plus grand bien. J'ai froid, je grelotte, Bébé fille n'arrête pas de tomber et de chigner, j'en ai marre, j'ai juste envie d'aller me rouler en boule dans un coin. On rentre à l'intérieur. Bébé fille s'endort sur le tapis, dans son habit de neige, pendant que j'enlève mes bottes. Je lui prépare un biberon et la monte dans son lit. Bien sûr, une power nap de 3 minutes sur le tapis, c'est suffisamment reposant pour mademoiselle, pas question d'étirer la sieste plus longtemps. J'ai mal au ventre. J'installe Bébé fille devant la télévision pendant que je vais à la salle de bain. Je m'assois sur le trône et je comprends enfin.
Voilà. Le rouge que j'y vois confirme que ma mauvaise humeur est le désagréable résultat de mes hormones.

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