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Saint-John Perse | Pétrels, nos cils

Publié le 13 janvier 2011 par Angèle Paoli

«  Poésie d'un jour




Vous qui savez- rives futures- o- s-inscriront nos actes- et dans quelles chairs nouvelles se l-veront nos dieux
Diptyque photographique, G.AdC






PÉTRELS, NOS CILS



    « … Pétrels, nos cils, au creux de la vision d’orage, épelez-vous lettre nouvelle dans les grands textes épars où fume l’indicible ?
    « Vous qui savez, rives futures, où s’inscriront nos actes, et dans quelles chairs nouvelles se lèveront nos dieux,
   « Gardez-nous un lit pur de toute défaillance, une demeure libre de toute cendre consumée… »


    « Des caps ultimes de l’exil — un homme encore dans le vent tenant conseil avec lui-même — j’élèverai une dernière fois la main.
    Demain, ce continent largué… et derrière nous encore tout ce sillage d’ans et d’heures, toute cette lie d’orages vieillissants.
    Là nous allions parmi les hommes de toute race. Et nous avions beaucoup vécu. Et nous avions beaucoup erré. Et nous lisions les peuples par nations. Et nous disions les fleuves survolés, et les plaines fuyantes, et les cités entières sur leurs disques qui nous filaient entre les doigts — grands virements de comptes et glissements sur l’aile.


    …Et comme s’inclinait l’immense courbe vers sa fin, à ce très grand tournant de l’heure vers sa rive et vers son dernier port,
    J’ai vu encore la Ville haute sous la foudre, la Ville d’orgues sous l’éclair comme ramée du pur branchage lumineux, et la double corne prophétique cherchant encore le front des foules, à fond de rues et sur les docks…
   Et de tels signes sont mémorables — comme la fourche du destin au front des bêtes fastidieuses, ou comme l’algue bifourchue sur sa rotule de pierre noire.



Saint-John Perse, Vents suivi de Chroniques, Éditions Gallimard, Collection Poésie, 1968 ; rééd. 2003, pp. 74-75.






VENT




SAINT-JOHN PERSE


Saint-John Perse
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31 mai 1887 | Naissance de Saint-John Perse
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Vents




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