
Oui, monsieur le conservateur, c’est moi qui lui ai pété les bras et non, je n’ai aucun regret…
Simplement, je pensais pas que le marbre de Paros c’était aussi fragile…
D’abord, c’est elle qu’a commencé : cette pouffe à oser me demander si mes nibards étaient des vrais en ajoutant, je la cite, que vu leur taille, ça l’étonnerait moyen si y étaient siliconés…
Non, mais pour qui elle se prend, avec sa tronche de stèle ! Ah, ça ! Pour tortiller son cul sous sa toge taille basse, devant les jeuns en voyage scolaire, elle sait y faire. Sans parler de ses nichons qu’elle laisse à l’air par tous les temps… Remarquez, vus les petits pois qu’elle a, elle ferait p’t'être mieux de les cacher. Ma parole, c’te misère : j’suis sûre qu’elle en a encore moins qu’les momies de la galerie d’Egypte !
J’m'excuserai pas, jvous dit ! Faisait trop sa belle, la crétoise, l’avait qu’à pas me chercher. T’façon, z’avez trop besoin de moi, ici, vous pouvez pas me virer…
Elle a plus de bras, la belle affaire ! Parce que vous croyez que les cars de japonais, y viennent pour lui mater les cubitus ? Et pis, ça vous fera des économies de manucure…
Et entre nous, faites pas trop l’innocent : ce petit sourire énigmatique qui me reste collé aux lèvres depuis que je l’ai marrave, c’est quand même ça qui fait tourner la baraque…
(Texte de Vince “Les Impromptus Littéraires”)







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