Magazine Journal intime

Mister Nobody

Publié le 07 février 2011 par Anaïs Valente

Y’a quelques mois déjà, j’ai vu Mister Nobody, ce film primé aux Magritte du cinéma, le premier festival belge à la Oscar et César…

J'ignore pourquoi, j'ai toujours cru que ce film était une comédie.

Une comédie déjantée. 

Bon, déjanté, ça l'est, mais comique, que nenni.  Que du contraire.  Déçue Anaïs ?  Nan, que du contraire (bis).

Le film me séduit presque immédiatement même si je n’y comprends rien de prime abord (j’ai été rodée quelques jours auparavant en matière de début de film incompréhensible, avec Inception).

Est évoqué l’effet papillon, dont le battement d’aile à un coin du monde peut provoquer une tornade à l’autre coin du même monde.  J’adore.

Est également évoquée la théorie du silence imposé par l'ange à l'enfant à naître, afin qu’il ne révèle rien de ce qu’il sait d’avant sa naissance.  Un silence imposé dont le nouveau né gardera une trace au-dessus de la lèvre.  J’adore.

Et le ton est donné.  Et je vais adorer. Je n’en doute plus.

L’histoire ?  Les histoires, voulez-vous dire.  Impossible à vous raconter, il faut le voir, c’est tellement complexe, et tellement bien monté, tellement bien imaginé.

Mister Nobody raconte des vies, des suppositions, des rêves, des extrapolations, des envies, des existences qui s’imbriquent, s’influencent, se modifient… difficiles à cerner… à comprendre… à suivre parfois… Un enfant, un adulte, un vieillard : une seule personne, plusieurs destins.  Des tas de destins. Je ne pourrais rien dire de plus… il faut le voir pour le comprendre, ou à tout le moins entrer dans l’histoire et être sous le charme de Mister Nobody.

A la fin, j’étais toute perturbée. Tout le film chamboule, il inquiète, il fait peur parfois (à un moment je me suis surprise à avoir une angoisse de mort fulgurante, vraiment scotchant).  Il fait réfléchir au destin, au hasard, aux choix de vie, à leurs conséquences, et puis aussi à l’immortalité, à l’amour… à tout ce qui fait et règle notre existence, en fin de compte.  En même temps, il distille une dose de poésie et de romantisme bien nécessaire.  Sans oublier les images, parfois poétiques elles aussi, parfois surnaturelles (ça m’a vaguement rappelé The Truman show, parfois) ou futuristes.  Un peu de tout…

Et la musique, rhaaa la musique, ben un peu de tout également, et surtout tout ce que j’aime, un thème au piano magnifique (composé par le frère de Jaco Van Dormael), Sweet Dreams d’Eurythmics, Mister Sandman (bring me a dream), et puis un morceau classique qui me fait planer dont j’ai oublié le titre, comme d’habitude (je pense ne l’avoir jamais connu d’ailleurs, le titre de ce morceau).

Clair, ce n’était pas une comédie, même si parfois l’humour pointe le bout de son nez.  Mais pas une comédie, ah que nenni.  Mais quel film ! Waw.

Et puis, après un film aussi… aussi… ben aussi tout ça, je me devais d’écouter les commentaires audio.

Histoire d’en apprendre plus. 

J’ai ainsi appris que le début du film était incompréhensible, et que c’était voulu (ouf, me vlà rassurée). J’ai appris que le tatouage sur la tête du psy… ben c’était les lettres P, S et Y.  Je n’avais pas remarqué.  J’ai appris que les deux filles du réalisateur (superbes) jouent les anges, et que lorsqu’elles ont enlevé leurs ailes à la fin du tournage de la scène… les enfants n’en revenaient pas qu’elles puissent le faire, alors qu’elles étaient des anges quoi ! J’ai appris que l’une des scènes était tournée face au miroir, puis à travers le miroir, avec tout le mobilier inversé.  Je n’avais pas remarqué.  J’ai appris que le maquillage de Jared Leto « vieux » prenait cinq heures.  Je n’avais pas remarqué que c’était le même acteur.  J’ai appris que les codes couleurs, jaune, rouge, bleu, dont j’avais conscience, étaient bien plus étendus que je  ne l’avais noté.  J’ai appris que les codes couleurs n’étaient pas seuls, que d’autres codes étaient présents, comme l’eau, les nuages copiés-collés….  Je n’avais pas remarqué.  Un film, c’est un travail de précision extrême… dont on n’a pas toujours immédiatement conscience.  Je ne vais pas vous énumérer tout ce que j’ai appris, ce serait saoulant, surtout si vous n’avez pas vu le film, mais ça confirme à quel point les bonus apportent un plus au film.  Je ne comprends pas ces personnes qui ne regardent jamais les bonus, quel dommage…  rien que pour tous ces exemples, pour tout ce que j’ai appris en plus, les bonus, moi j’aime ça.  Non, j’aime pas ça, j’adore ça.

Et puis, en cherchant l’affiche à insérer sur ce billet, j’ai compris pourquoi je l’imaginais comique, ce film : à cause de cette affiche.  A cause du rouge, couleur du clown.  Et à cause des grands yeux bleus de l’acteur.   

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