Magazine Enfants

Un ver, ça va...

Publié le 02 mars 2011 par Valou94
Un ver, ça va...
Mes chers petits clous,
Il me semble que ça fait un bail que je n’ai pas nourri votre culture zoologique au mieux incomplète (pour ne pas dire inexistante pour certains, j’ai les noms), et afin de remédier à ce cruel constat, j’ai décidé de vous parler aujourd’hui d’un animal fort commun par chez nous, très utile, peu farouche et doux comme un agneau.
Mais mal-aimé. Comme quoi, ça tient à peu de chose.
Le ver de terre, ou plutôt les vers de terre (on estime qu’il existe 7000 espèces quand même) sont des animaux (oui, en même temps, c’est le concept de l’article, rien de révolutionnaire jusqu’ici) invertébrés fouisseurs et représentent le groupe dont la biomasse dans le sol est la plus importante.
Ce qui veut dire, que si vous enlevez tous les vers de terres d’un mètre cube de terre, que vous les posez sur le plateau d’une balance, que vous rattrapez les deux douzaines qui se font la malle subrepticement, que vous les reposez, que vous posez les poids sur l’autre plateau, que vous commencez à jurer parce que le temps de poser les poids il y en a à nouveau la moitié qui se sont barrés, un ou deux qui se sont coincés dans le mécanisme de la balance et trois qui se sont glissés sur l’autre plateau, quand vous commencez à vous dire que finalement, morts, ils doivent peser le même poids à peu de choses près (sauf pour les amateurs du film 21 grammes), que vous faites vos additions …
Bon, laissez tomber, croyez moi sur parole (parce que quand vous voudrez peser les bactéries, je vais vraiment finir par rigoler) : les vers de terre pèsent le plus lourd, par rapport à tous les autres groupes d’animaux. Il n’est pas rare de trouver jusqu’à deux tonnes de vers à l’hectare (dans un coin non pollué).
Schématiquement, le ver de terre n’est rien de plus qu’un tube digestif plus ou moins long (jusqu’à trois mètres, quand même. Loin des 200 mètres des vers de sable de Dune, mais belle bête) qui digèrent de la matière végétale en décomposition, pour en faire de la bonne terre fertile et aérée (en langage scientifique, le complexe argilo-humique).
Il est où le cucul, elle est où la têtête ? Facile. La tête est plus grosse (l’exact contraire de la majorité de la gente féminine).
Le ver de terre est constitué de segments garnis de soies qui l’aident à se déplacer. Devant, la pointe, puis la bouche, donc, et derrière l’anus. Le ver de terre respire par la peau (ça fait toujours son petit effet en soirée).
Les bitoniaux qu’il laisse en surface (selon les espèces) s’appellent des turricules (comment veux-tu, comment veux-tu… non rien). Et ils en laissent… Les dix centimètres superficiels d’un pâturage sont constitués en majeure partie par les déjections des vers qui y ont vécu au cours des 20 années précédentes. Nous marchons sur des tonnes de cacas de vers de terre.
Selon les espèces, et même au sein d’une espèce, les modes de reproduction sont très divers : Cela peut-être un accouplement sexué chez les lombrics: en position tête-bêche, étroitement unis par l’amour, et aussi une sécrétion gluante (moins glamour, je sais), la femelle (l'un des deux, quoi) pond des œufs dans un cocon, qui sont arrosés de sperme (par l'autre, donc).
Mais , la plupart du temps, les vers se reproduisent par autofécondation (les vers sont très flexibles. Très), par parthénogenèse (pour ceux qui n’ont pas suivi leurs cours de biologie au lycée : en pondant des œufs sans fécondation), mais aussi à l’aide de moyens plus fun : la fragmentation (ils se coupent en petits morceaux qui donnent chacun un individu complet) et la paratomie (c’est un genre de fragmentation, sauf que les nouvelles têtes et queues poussent avant de se couper en morceaux).
Ceci dit, ça marche uniquement si on les coupe au bon endroit. Et pas chez les lombrics, ce qui veut dire que si vous voulez tenter l’expérience chez vous en coupant un ver de terre en deux, il fera ce que fait tout être vivant normalement constitué dans une telle situation : il mourra dans d’atroces souffrances.
Le ver de terre a un certain nombre d’ennemis : oiseaux, insectes, taupes ou sangliers, et surtout l’homme.
Il est très sensible aux pesticides, dont certains sont même faits expressément pour tuer les vers de terres (les lombricides), ce qui est complètement con, puisque on a vu que le ver de terre améliore la terre, et qu’il rapporte énormément (on estime que l’utilité économique des vers de terre en Irlande dépasse le milliard d’euros par an).
D'ailleurs, certains l’élèvent même pour la production de compost… Dans ma série je crée des slogans qui claquent, je vais lancer « adoptez un ver de terre, la terre vous le rendra ».
Pensez aux nombreux avantages d’un élevage ver de terre chez vous ! En plus de pouvoir disposer d’une terre de qualité en permanence, vous aurez à disposition une réserve d’appâts pour la pêche, un sujet d’étude permanents pour vos enfants (si je le coupe là, ça marche ? ah non, raté), un épurateur d’eaux usées écologique , une idée d’apéro originale et nutritive, et même une lessive qui lave plus blanc que blanc (pour la méthode de production, je vous laisse chercher, c’est crade).
J'espère que vous le verrez d'un autre oeil, la prochaine fois que vous le croiserez...
A bientôt, mes petits clous!

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

  • Ça s'en va et ça revient

    s'en revient

    Ce titre pourrait bien faire référence à Mr Husband qui a repris -mais les avait-il même arrêtés?- ses voyages, deux jours par ci, quatre jours par là, un... Lire la suite

    Par  Veronique_m
    JOURNAL INTIME, TALENTS
  • Juste comme ça...

    Juste comme ça...

    On parle souvent de la corruption et en personnes peu habituées, les Français se demandent souvent: "mais au fait? comment on fait passer l'argent?? Lire la suite

    Par  Indiansamourai
    JOURNAL INTIME
  • Ariane Lefort "On ne va pas se quitter comme ça? #42

    Ariane Lefort quitter comme

    4e de couv : "Au cours d'un voyage à Dakar, Irène et Gabriella sont tombées amoureuses du même homme, Vincent. Elles ne se connaissent pas, ont peu de choses... Lire la suite

    Par  Cricris
    CULTURE, JOURNAL INTIME, LIVRES
  • Y'a des journées comme ça

    Ce matin, je me suis éveillée avec une humeur massacrante, ce qui est un phénomène assez rare dans mon cas, étant de nature joviale et rigoleuse sitôt le... Lire la suite

    Par  Bizz
    JOURNAL INTIME, TALENTS
  • Y’a des matins comme ça…

    matins comme

    Voila un petit strip sur lequel j’ai passé beaucoup de temp, d’ailleurs au final je trouve que le dessin est plus réussis que le strip en lui même . Lire la suite

    Par  Acidkeen
    CÔTÉ FEMMES, JOURNAL INTIME, MODE FEMME
  • Ça se passe comme ça... chez Picard

    Scène de vie comme une autre, chez Picard. J'arrive à la caisse, il est 19h40, le caissier super sympa, me sourit, papote. Puis il demande un peu sérieux : «... Lire la suite

    Par  Mlle A
    JOURNAL INTIME, TALENTS
  • Aujourd'hui, ça va être "hot stuff" !

    THE affrontement de rugbymen ! THE crunch !Et, à défaut que nos joueurs soient hot stuff, j'espère qu'au moins notre staff va être hot (ouais, je sais le jeu... Lire la suite

    Par  Papote
    JOURNAL INTIME, TALENTS

A propos de l’auteur


Valou94 1861 partages Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog