Magazine Journal intime

Pierre Faa – L’avenir n’est plus comme avant (février 2011 – IC Music/Discograph)

Publié le 10 mars 2011 par Routedenuit

Atmosphérique. Voilà le premier adjectif qui émerge après l’écoute du premier album solo de Pierre Faa, l’architecte du trio Peppermoon, sorti en février dernier. L’avenir n’est plus comme avant, c’est l’histoire d’une boule de quartz posée sur un vieux piano, dans un ancien théâtre porno de la place Pigalle. Ça pourrait aussi être une grande veilleuse qu’on met dans la chambre des enfants. Une de ces grandes veilleuses qui tourne et qui tapisse les murs d’étoiles, de nuages et de dessins rassurants. Ça pourrait. En réalité, il faudrait juste garder l’image d’un projecteur qui fait tourner sur les murs des photos en polaroïd. Des fauteuils de plage, des nuits noires avec de grandes lunes rondes, des masques de théâtre, des cerisiers en fleur, des tables de voyance…

Les chansons de Pierre Faa sont des snapshots. Des parenthèses de trois minutes, imprégnées des interrogations que l’on n’a pas tous encore eues. Chaque texte est ciselé, alerte, précis. Chaque mot est écrit parce qu’il fait écho à un autre, parce qu’il a un sens ou parce que ses syllabes forment des ensembles de sonorités qui se répondent. Atmosphérique, la musique l’est, sans aucun doute. Si le piano est omniprésent, l’électro de Jay Alansky (A Reminiscent Drive) qui a produit et arrangé l’album apporte une dimension ésotérique à des mélodies et une voix qui ne sont pas sans rappeler Alain Chamfort ou William Sheller. Alain Chamfort pour la voix qui s’échappe et s’évapore. William Sheller pour la poésie, pour la stature de cet éternel observateur tantôt amusé, tantôt ému. Pierre Faa réussit à nous emmener loin, en choyant cette capacité à nous faire croire que rien n’est vraiment grave. Même si.

Une évidence de ce début d’année.

L’album est disponible sur Deezer et Spotify.



Retour à La Une de Logo Paperblog