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Radiographie d'éric dubois- article de gaëlle josse- pages insulaires juillet 2011

Publié le 05 juillet 2011 par Ericdubois

 

Article  paru dans Pages Insulaires Juillet 2011 (n°17)

 

 

 

 

 

 

Radiographie, d'Éric Dubois, à télécharger sur http://www.publie.net/, onglet « poésie »), 3,49 euros.


Voici là un recueil poétique un peu différent des autres, pour ce qui est de sa forme, s'entend, puisque sa particularité est de se présenter comme un livre numérique à télécharger sur publie.net, l'espace de création numérique crée par l'écrivain François Bon en 2007.
Ce site a été conçu en accompagnement d'une réflexion autour des nouvelles pratiques d'écriture et de lecture, des possibles intersections entre le virtuel et l'imprimé.
J'en connais qui vont soupirer :n'y a-t-il pas assez de livres papier à lire sans qu'on ait encore besoin de se crever les yeux sur écran ? Et quid du contact papier, du plaisir-désir de l'objet livre, précieux, irremplaçable, et cher à nous tous ici ? Certes. Et pourtant.

Radiographie mérite amplement les quelques clics nécessaires à son accès, et l'utilisation de quelques feuilles blanches pour l'imprimer. Car il ne faudrait pas que la forêt, que dis- je, la jungle, la canopée du Net ne nous cache l'arbre, ou le poème, quand il sonne juste, ce qui est le cas, à mon avis, de ce nouveau recueil d'Eric Dubois. Tenons donc pour anecdotique le support sur lequel il se présente, et droit au texte !
Le quotidien, les fils du temps qui se resserrent autour de nous, la famille, l'enfance, les lieux, les souvenirs Le ventre de ma mère/le ventre de l’appartement/Le ventre de la tour/ le ventre du temps, le quartier, la nouvelle année, l'hiver, écrire Par la fenêtre/la main sur la souris/Un œil/écrire encore quelques heures, les passants Une impression comme ça/des gens exilés, les visages.
Les choses et l'envers des choses, le juste perceptible et l'imperceptible, le fugace et l'incertain, l'impression cueillie au vol et offerte au lecteur, dans des vers qui s'entrecroisent, avec des mots dont la simplicité met en tension le contour de ces jours, ordinaires et uniques, dont chacun est sans retour. Dire/comment dire ?
Toile de jute et papier kraft plus que brocart et papier de soie, gris d'asphalte et de ciment plus que cinabre et amarante, chardons et pissenlits plus que lys blancs et orchidées, pas d'effet « poétique » appuyé, mais une tonalité sobre, sensible, celle qui naît de l'acuité du ressenti, du mot posé sur la page -ou l'écran-, de l'extrême attention portée aux êtres et aux choses. Radiographie, Dans les comptes du temps/qu’on raye ou qu’on conserve.

 

 

GAËLLE JOSSE


http://gaellejosse.kazeo.com

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