|
Pas endormi avant 5 heures cette nuit. Je ne comprends vraiment pas comment marchent mes insomnies, ce qui les provoque. Tout allait bien, j'étais super positif, bonne forme, libido ok, j'étais ravi d'avoir un jour de plus pris autant de plaisir à observer la fin de l'été (plus j'avance en âge et mieux je prends conscience de tout : des couleurs, des volumes, des détails, de l'espace, de la qualité de l'air, des toutes petites choses de la vie). Et comme j'ai travaillé régulièrement et sérieusement ces derniers temps, j'avais une tranquille bonne conscience question travail (oui, je crois que d'ordinaire ma situation de freak sur le plan social, mon côté beyond the world in the no man's land, est une cause possible d'une anxiété qui se réveille le soir à mon corps défendant - être dessinateur ce n'est pas facile, être écrivain ce n'est pas facile, être poête ce n'est pas facile, mais être moi...). Quand je n'en branle pas une, quand je passe mon temps à méditer ou que je me drogue en maugréant no future !, je ne m'étonne pas de ne pas dormir du sommeil du juste. Mais là ? Tout semblait à peu près se tenir. Or, non. Sommeil impossible. Oh je n'ai pas perdu de temps... J'ai presque fini l'excellent Impératif catégorique de Roubaud, donné quelques coups de sonde dans Nous, les moins-que-rien, fils aînés de personne (titre super raccord avec l'ambiance du moment), parcouru les entretiens de Valère Novarina dans le Matricule des anges (le salaud sait ce qu'il veut et sait le dire), et fini Moi et ma cheminée de Melville (pas mal raccord aussi avec l'ambiance du moment). En fait je crois que c'est aussi bête que ces questions de transit intestinal. Certains naissent avec un transit rapide, d'autres, comme mon père et le père de Philip Roth (du moins dans Portnoy et son complexe), naissent avec un transit lent et se trimballent cette plaie toute leur vie. Inutile de s'obstiner à vouloir chier tous les jours, inutile de se gaver de fibres, de pruneaux ou d'huile de ricin : ils ne chieront au mieux qu'un jour sur deux. Moi je ne dors qu'un jour sur deux. Ca ne veut pas dire qu'il y a un problème, que je suis déprimé, c'est comme ça. Il me faut la fatigue accumulée d'une nuit sans sommeil la veille pour tomber comme une souche. Exactement comme l'envie de chier ne vient aux transits lents que lorsque la matière fécale qui n'a pas été évacuée la veille pousse enfin le lendemain. (À moins que, autre hypothèse, à moins que je sois comme Stevenson : un pédé refoulé (aux dernières nouvelles). J'aurais besoin d'une bite le soir. Ce serait l'élément manquant autour duquel tourne mon existence. Je vais en parler à Sébastien le lacanien.)
|
|
|





Ajouter un commentaire