J'aime l'athlétisme depuis 20 ans, depuis une nuit d'été en 1991 quand à Tokyo se courait le 100 m le plus rapide de l'histoire disait on parce que 6 athlètes descendaient sous la barre des 10 secondes. J'ai aimé l'athlétisme avec Carl Lewis, avec Lindford Christie, Frankies Frédéricks et ensuite la génération qui est venue imposer à ces maîtres du stade une attitude spectaculaire ; Ato Boldon et Maurice Greene en tête. Depuis ce temps j'ai eu tout un tas d'idole, des sprinteurs, des sauteurs, des hommes, des femmes et des légendes comme Jonathan Edwards. A cette époque d'avant Usain Bolt le sprint était le théâtre de tragédies extraordinaires, d'épopées fabuleuses qui se jouaient en amont et en aval de la course, c'était un temps où les centièmes se gagnaient un à un.
Aujourd'hui pour moi Usain Blot piétine toutes mes idoles du temps d’avant, le monde n'a d'yeux que pour lui et occulte quasiment tout ce qui a fait l'athlétisme avant cet étrange phénomène. Usain Blot est arrivé et il a couru très vite d'un seul coup, il a pulvérisé le record du monde plaçant la barre si bas qu'il a brisé toutes possibilité d'écrire de nouveau des épopées, des tragédies ou n'importe quelles romances. Il est venu, il a couru LA course écrivant le dernier acte sans écrire les actes précédant, il est venu sans respect. Aujourd'hui les organisateurs des championnats du monde modifient la tradition pour finir par une course de Bolt, il est l'élément qui provoque la mutation du monde, et moi ce monde mutant je l'aime moins que le monde d'avant. Aujourd'hui à part gesticuler au départ sans avoir le génie d'un Maurice Greene pour l'art du bling bling d'avant course et de courir 50 m avant de dérouler Usain Blot ne fait plus rien. Il ne fait rêver que les chronomètres. Est-il respectueux de venir dans une course et de n'en courir que la moitié avant de relâcher son effort et de gagner de façon outrageuse ? Je ne trouve pas non mais je reconnais que j'ai apprécié le 4x100m des Jamaïcain à Daegu parce que pour une fois j'ai vu Usain Bolt tout donner jusqu'à la ligne d'arriver.
Enfin cela ne suffit pas à me faire aimer ce nouvel idole des foules hérétique, voilà pourquoi je n'aime pas ce dieu de la piste




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