| SEPTEMBRE 1981
Le soleil du matin sur les pierres, le bois usé par le temps, une douceur difficilement exprimable — d’autant que l’air est presque immobile, le mouvement des feuillages silencieux — comme d’un enfant qui bouge la main en rêve. Les fleurs du laurier-rose toujours fleuries, depuis des semaines — si mystérieuses pour peu qu’on y pense. Pourquoi a-t-il fallu qu’il y ait des fleurs — des couleurs ? Leur rose — sans pareil : une fraîcheur. Ou comme quand les enfants portent des lanternes éclairées, pour des fêtes. Lanternes en plein jour. Mais aussi efflorescences de la terre, métamorphose, la monnaie, la petite monnaie des graines. La force qu’elles recèlent, qui fait qu’elles se brisent, laissent pousser hors d’elles une tige fragile, etc. La graine de l’âme ? Nous dans le corps maternel. Fleurs pour passer le fleuve des enfers, graines ou oboles.
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■ Philippe Jaccottet sur Terres de femmes ▼ → Le Grand Prix Schiller 2010 remis à Philippe Jaccottet → Accepter ne se peut → Tout à la fin de la nuit → Toute fleur qui s'ouvre → Mai 1977 | Philippe Jaccottet, La Semaison → 26 juin | Philippe Jaccottet, L’Ignorant |
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