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Rien ne s'oppose à la nuit

Publié le 07 novembre 2011 par Ckankonvaou
Rien ne s'oppose à la nuit Entre malaise et curiosité, le livre de Delphine de Vigan ne laisse pas indifférent. Souhaitant revenir sur les pas de sa mère après son décès volontaire  Delphine de Vigan ouvre les pages d'un livre noir  sur une famille apparemment "idéale". Des grands parents unis et accomplis ayant "fondé" une famille nombreuse : neuf enfants, plus un je dirais. Malgré les apparences ça cloche et personne ne semble s'en émouvoir, voire s'en rendre compte! Un des fils vient à disparaître par noyade lors d'un jeu, et le voilà remplacé par un autre jeune en mal de famille. Quelle incidence aura cette "substitution" auprès de la plus fragile des frères et soeurs ? Aucune ? C'est à voir car dans les notes de cette période écrite par L, la mère de l'auteur on tombe sur ceci :
"Ainsi, je découvrais confusément, malgré les explications et les dénégations, que nous étions interchangeables. Je n'ai jamais pu me convaincre par la suite du contraire, ni dans les rapports amoureux, ni dans les rapports amicaux."
Que dire de cette famille, qui affichait sur les portes de placard de la cuisine, les dates de naissance et de décès de ses membres ? Un autre se suicidera à l'âge de 28 ans, et celui que moi je nomme le "remplaçant" sera retrouvé inanimé  dans son lit, un sac sur la tête ! Sans compter la soeur aînée dont le projet était d'en finir avant cinquante ans, mais qui selon ses dires s'est fait "voler la vedette" par L

Rien ne s'oppose à la nuit

L et l'auteur

Par curiosité, je suis allée fouiner dans les archives de l'INA dont nous parle l'auteur. J'ai retrouvé l'émission dont il est question. On pénètre  au coeur de cette famille... parfaite ?.....On y voit l'auteur fillette et sa mère, je me permet de les mettre là, c'est une capture d'écran.
La souffrance de L est-elle invisible aux yeux de sa mère Liane, L qui écrit dans ses notes.....et sur son père
"Il m'a violée pendant mon sommeil, j'avais seize ans, je l'ai dit" 
Ce "je l'ai dit", posé là a valeur d'un "c'est dit" maintenant, car jamais cela n'a été évoqué dans cette famille tellement "bien sous tout rapport". Fantasme ou réalité ? Ce père-grand-père est quand même décrit à plusieurs reprises comme ayant des préférences incestueuses, la mère-grand-mère quant à elle, femme joviale, pleine d'énergie, sportive, active, ne voyant rien ou ne voulant rien voir.
Plus tard, L sera internée a plusieurs reprises en HP, de bouffées délirantes en boufféés délirantes puis le répit viendra, plus tard, après maintes péripéties, maintes sorties de l'eau et maintes rechutes, tout cela au détriment de ses deux filles, l'auteur et sa soeur.
Tout est dans la première partie du livre, la seconde et la troisième nous décrivent la chute de Lucile dans la maladie, la folie, dont elle pourra rebondir et tenir pendant 15 ans, avant d'être frappée d'un cancer qu'elle ne supportera pas.
Cet ouvrage est très descriptif, DDV bien que proche de son personnage reste assez distante, elle n'est pas glaciale, mais nous écrit en tant qu'observatrice de sa mère, peu de pathos. Nous lisons cela  un peu comme un "cas clinique" très détaillé. L'auteur se défend comme elle peut. Une crainte est que la répétition des malheurs (tante cyclothymique, nombreux suicides, hommes incestueux) ne fassent trop longtemps de l'ombre à Delphine de Vigan.
Je ne vois pas ce qu'elle a pu trouver à faire de cet écrit très personnel un écrit public.
Ce livre méritait-il un prix ? je ne le crois pas.
Je ne relis pas ce que j'écris. Je crois qu'il y aurait beaucoup à dire sur cet ouvrage, sinon à taire.


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