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Critique : Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Publié le 20 janvier 2012 par Republ33k

Critique : Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmesDavid Fincher est un peu l’homme qui aime les adaptations. Un réalisateur qui a bâti sa réputation en utilisant les matériaux les plus prometteurs de la culture populaire, et plus encore. Son art ne cesse de nous donner des films générationnels, de Fight Club à The Social Network. Aussi, quand on entre dans la salle pour ce Millenium, la pression se fait sentir…

Rappelons avant toute choses que le best-seller suédois de Stieg Larsson a déjà été adapté, à 3 reprises, sur grand écran. Si vous entendez les gens se demander pourquoi retrouver un Millenium dans les salles obscures, rien de plus normal donc. Mais que justice soit faite : Si  le montage de son Benjamin Button n’aurait pas pris près de 2 ans au réalisateur, Fincher aurait normalement réalisé la première (et unique, du fait) adaptation de la saga, personnellement conseillé par sa productrice attitrée.

Ce n’est pas un détail. En effet si ce Millenium est réussi, ce coup du sort n’y est pas pour rien. Plus brut -Fincher a voulu coller à la lettre au roman- la matière est sublimée par l’expérience de du réalisateur. Deux méthodes d’investigations s’opposent, comme dans Zodiac, les personnages enchaînent les dialogues façon Social Network, et le duo Craig/Mara rappelle un rien le couple Pitt/Norton de Fight Club. Et c’est sans compter les gros plans sur les lames tranchantes ou encore la magnifique photographie, d’une froideur toute scandinave, signée Jeff Cronenweth, collaborateur fidèle de Fincher.

N’allez pas croire, pour autant, que ce nouveau Millenium n’est qu’un reboot américanisé sans conscience. Les pistes de réflexions offertes par la saga n’échappent pas au réalisateur, qui les suivra discrètement au fil de l’image.

Critique : Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Si certains regrettent déjà les acteurs de la première version cinématographique, impossible de ne pas s’incliner devant l’électrisant duo formé par Daniel Craig et Rooney Mara. Craig fait une nouvelle fois preuve de talent, et son charisme tout naturel n’est que renforcé par la performance de Mara, endossant à merveille le rôle de Lisbeth. Du reste, l’étonnante galerie familiale convoquée par l’intrigue n’est pas entravée par ses acteurs, d’une sincérité troublante.

Il ne manquait plus que l’ambiance pour faire de cette nouvelle version de Millenium une captivante réussite. Or même s’il le voulait, David Fincher ne pouvait pas rater son coup. Il excelle dans ce domaine depuis ses premiers films, aussi cette nouvelle œuvre ne fera pas exception. Inutile d’en dire plus, surtout si c’est pour prendre le risque de gâcher votre plaisir.

Critique : Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Le son, tout de même, est irréprochable du générique d’introduction, digne des plus grands James Bond, au générique de fin. Étouffée, amplifiée, modifiée à loisir, l’acoustique de Millenium est une future référence en matière d’immersion.

Terminons par un bémol, plus par respect des quotas que par conviction, les liens entres les différents éléments de l’enquête ne sont pas toujours suffisamment ouverts pour laisser le spectateur y réfléchir. Un parti pris de Fincher, qui exploite l’investigation de ses deux personnages par des changements de rythmes assez virulents.

Conclusion

Cela faisait longtemps que je n’avais pas mis les pieds dans un cinéma. Mes pieds en sont ressortis crispés et tendus. C’est certain, la méthode Fincher n’a rien perdu de sa superbe, et se prête merveilleusement bien au jeu du suspense. Une vive réussite.

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