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Le citoyen-consumériste est-il encore un citoyen ?

Publié le 25 janvier 2012 par Amaurywat

En débat sur Agoravox

Le citoyen ne veut plus être citoyen, il est d’abord et avant tout citoyen-consommateur, à savoir qu’il consomme de la politique pour lui sans songer une seule seconde aux autres, il prend un peu de ci, un peu de ça, mais finalement au bout du compte, ce qu’il veut c’est le rêve de tout hyper-libéral, à savoir une sorte d’anarchie consumériste dans lequel l’état a un rôle de protection à la rigueur, mais sans plus.

En illustration la couverture du livre de Robert Rochefort prise ici

9782738119612FS.gifLe citoyen-consommateur voit l’Etat comme un père fouettard abusif, qui le contraint à se modérer dans ses appétits matériels ou non quels qu’ils soient. Bref, le citoyen consumériste a des problèmes d’Œdipe avec l’état, qu’il n’a pas surmonté.

L’Etat qui intervient pour mettre enfin à des pratiques douteuses et contrevenant à l’intérêt commun est vu comme un ogre, vision encore plus étrange quand on l’entend énoncer par des personnes qui se targuent de lutter contre les intérêts financiers des puissants alors que finalement ils pensent de la même façon et ont la même vision du monde, à savoir une vision libérale-libertaire.

Ce que demande le citoyen-consumériste c’est de se conduire en adulescent irresponsable toute sa vie durant.

Les discours irresponsable sur la démocratie fleurissent sur internet mais aussi un peu partout ailleurs, le citoyen-consommateur ne se reconnait plus dans ce système qui ne prend pas assez en compte à son goût sa personne et ses désirs, ses aspirations, engendrant en plus, du moins en théorie, un souci du bien commun.

Le citoyen-consommateur est flatté dans ses bas instincts, flatté dans son égotisme, son narcissisme, il aime bien qu’on lui parle de lui et seulement de lui :

« Parlez moi de moi y’a que ça qui m’intéresse ».

Les scénaristes de « sitcoms » débiles vendant des espaces de pub, les pubeux eux-mêmes d’ailleurs, l’ont parfaitement compris. 

Il faut laisser croire au citoyen-consommateur qu’il est formidable dans son travail, dans son couple, avec ses amis, malgré sa médiocrité, ses complexes et son inappétence par exemple à la littérature (je sais que j’emploie là un mot compliqué ami lecteur qui a souffert maintes réformes de l’enseignement des Lettres, mais c’est à dessein bien sûr dans une volonté éducative voire éducationnelle).

Le citoyen-consommateur ne veut plus aller faire l’effort de voter ou de s’engager politiquement, ce qui signifierait que pendant quelques courts instants au moins il se soucierait d’autre chose que de son nombril, il préfèrerait presque que l’on désigne les responsables politiques, comme on l’a fait en Italie, mais sur quelles bases, personne ne le dit et ceux qui désignent les responsables qui les désigneraient et sur quelles bases ?

Et quelle représentativité ?

Qu’ils soient dans « l’air du temps » ?

Qu’ils flattent le citoyen-consommateur dans le sens du poil, dans sa vanité et son égoïsme ?

La démocratie est certes un système très mauvais, mais c’est le moins mauvais, comme a dit Winston Churchill à moins que ce ne soit ma concierge.

Car il permet une représentation du peuple.

Evidemment, le problème depuis quelques décennies c’est la professionalisation des politiques qui sortent tous des mêmes grandes écoles, et des mêmes cercles de réflexion, sachant très bien qu’ils retrouveront après leur mandat un « pantouflage » quelconque dans une administration ou une autre.

D’où aussi peut-être l’intérêt à ne pas trop dénigrer les indemnités des parlementaires, elles ont leur importance quand celui-ci n’est pas du sérail car tout travail mérite salaire et particulièrement celui qui participe au bien commun.

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