Cet instant de ton œil où je sais que je vais te toucher. Cet imperceptible tremblement qui me parcourt l'échine. L'eau, la babine. Cet instant de ton œil à partir duquel les choses basculent Cul par dessus tête Où cette idée m'entête. Cet instant de ton œil où je franchis le seuil Je colle entre elles les distances J'abolis l'espace entre ici et alors ; ma main se pose à ton corps. Cet instant de ton œil préalable aux instances Cette idée de ton sexe De la pulpe des rivières Au retour des ondées. Cet instant de ton œil où tu précèdes ce que je pense Cet instant où ton œil regarde mon désir Ce désert transformé en soif. Petite Tour de Babel, Sur le bout de la langue. Toute la chair à pleine main, Sur le bout des doigts Les mots de l'émoi Le syllabaire des onomatopées. Cet ancien appétit qui revient A la vitesse d'un cheval au galop. Cet instant de ton œil où je me rétrécis, Cet horizon où je m'éfile Par delà les lumières bordées d'autoroutes. Par delà cette porte dont la clé fut perdue, Par delà ce perceptible tremblement venu des intérieurs ; ma main s’immisce à des caresses Cet instant de ton œil où la lumière s'agite De babord à tribord, voilà que ça déborde Cet instant de ton œil où tu clos ta paupière…
Illustration*






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