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[e-lu] monsieur le commandant, roman de romain slocombe

Publié le 15 mai 2012 par Tilly

Editions Nil, Les Affranchis, août 2011, 260 pageslien

— Vous

description de l'éditeur : Écrivain et académicien dans le Paris de l’avant-guerre, Paul-Jean Husson s’est désormais retiré dans une petite ville de Normandie pour se consacrer à son œuvre, émaillée d’un antisémitisme « patriotique ». Lorsque la guerre éclate et que son fils Olivier rejoint la France libre, il prend en charge la protection de sa belle-fille, Ilse, une Allemande aux traits aryens et à la blondeur lumineuse. Sa beauté fait surgir en lui un éblouissement bientôt en contradiction avec toutes ses valeurs, car il découvre qu’Ilse est juive, sans toutefois parvenir à brider l’élan qui le consume. Peu à peu, l’univers si confortable du grand écrivain pétainiste, modèle de bon bourgeois enkysté dans ses ambivalences, vacille. Les secrets de familles sortent comme autant de cadavres de leurs placards et à l'heure où son existence torturée est percée à jour par une Occupation aux effets ontologiques imprévisibles, seule une lettre adressée au commandant de la Kreiskommandantur peut permettre à Husson de sauver la face.  C’est en salaud imaginaire que Romain Slocombe porte en lui une lettre jamais écrite, une lettre de délation ; il prouve ainsi que la part la plus vile de l’âme humaine ne trouve de meilleure place où se révéler que dans le genre épistolaire.
faites quoi, vous, quand vous entendez “dans l'émission à Ruquier” le samedi soir, le sémillant Franz-Olivier Giesbert qui s'enthousiasme pour un roman oublié par les jurys des prix littéraires à l'automne 2011, une nouvelle victime de la germanopratinisation du milieu littéraire, un bouquin tellement éblouissant qu'il en a offert quinze exemplaires à ses proches pour Noël !
— Ben moi, media-victim consentante, j'éteins la télé et je vais sur feedbokslien l'acheter et l'installer sur mon Kobo.

Je l'ai lu d'une traite le lendemain.

Dire que j'ai regretté mon achat et ma lecture, ce serait mentir. Sans aucun doute ça va plaire, faire frémir, réagir... on va l'offrir à ses amis... et puis c'est quand même plus facile à lire que Les Bienveillantes ! Mais s'il fallait choisir et conseiller un article du même genre, je préfère et de loin : Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressman Taylor.

Franz-Olivier Giesbertlien et François Busnellien ont fait chacun des chroniques élogieuses du roman de Romain Slocombe, des blogueurs aussi, et le bouche-à-oreille va aller s'amplifiant après l'émission de Ruquier ce weekend. Je me sens donc suffisamment à l'aise pour mettre mes bémols et mes dièses sur les appréciations dithyrambiques déjà lues ailleurs.


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