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Pour comprendre notre monde, se reporter au Christ

Publié le 26 juillet 2012 par Hermas

Histoire-du-Christ-copie-2.JPG« Pourtant, après tout ce gâchis de temps et d’esprit et de talent [dépensé dans les entreprises tendant à rabaisser le Christ ou à l’effacer de l’histoire], le Christ n’a toujours pas été expulsé de la terre.

« Sa mémoire est partout. Sur les murs des églises et des écoles, au sommet des clochers, des tabernacles et des montagnes, à la tête des lits et des tombeaux, des millions de croix rappellent la mort du Crucifié. Décollez les fresques des églises, enlevez les tableaux des autels et des maisons, et la vie du Christ remplira les musées et les galeries d’art. jetez au feu les missels, les bréviaires et les eucologes et vous retrouverez son nom et ses paroles dans tous les livres de toutes les littératures. Les blasphèmes eux-mêmes sont un souvenir involontaire de sa présence.

« Quoi que l’on fasse, le Christ est une fin et un début, un abîme de mystères divins au milieu de deux tronçons d’histoire humaine.

« La Gentilité et la Chrétienté ne pourront plus jamais se souder l’une à l’autre. Avant le Christ et après le Christ. Notre ère, notre civilisation, notre vie commencent avec la naissance du Christ. Ce qui a été avant lui, nous pouvons le rechercher et le connaître, mais il ne nous appartient plus, il est marqué par d’autres chiffres, circonscrit dans d’autres systèmes, il ne remue plus nos passions : c’est peut-être beau, mais c’est mort. César a fait, en son temps, plus de bruit que Jésus, et Platon enseignait plus de sciences que le Christ. On dispute encore de l’un et de l’autre, mais qui s’échauffe pour ou contre César ? Et où sont, aujourd’hui, les platonistes et les antiplatonistes ?

« Le Christ, en revanche, est toujours vivant en nous. Il y en a encore qui l’aiment, et d’autres qui le haïssent. Il y a une passion pour la passion du Christ et une passion pour le détruire. Et l’acharnement de beaucoup contre lui dit clairement qu’il n’est pas encore mort. Ceux-là mêmes qui se damnent pour nier sa doctrine et son existence passent leur vie à rappeler son nom. Nous vivons dans l’ère chrétienne. Et elle n’est pas finie. Pour comprendre notre monde, notre vie, pour nous comprendre nous-mêmes, il faut se reporter à lui »

Giovanni Papini, L’histoire du Christ (écrit en 1921), Ed. De Fallois (2010), p. 30


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