Magazine Journal intime

"Etre parisien, ce n'est pas être né à Paris, c'est y renaître."* Sacha Guitry

Publié le 29 août 2012 par Noalita

* Alors je suis parisienne, cent fois parisienne, mille fois parigote...

J'ai longtemps vécu dans un (petit mais quand même) lotissement de province.

Une grande maison, un petit jardin, plein de voisins autour, des gentils, des cons, des très cons, des un peu sympa surtout en l'absence de leur femme chérie, bref partout des murs de clôture qui montent qui montent de plus en plus haut, des chiens qui aboient, des cris dans la piscine et une Golf devant la porte, le centre commercial pas très loin et même un magasin bio planté sur parking du Norauto local.

Et puis des ronds-points, beaucoup de ronds-points, de dos d'âne aussi, avec parfois même un bel olivier planté au milieu.

Alors autant vous dire que l'article passionnant sur la France périurbaine vue par Raymond Depardon, Gustave Kerven, Benoit Delépine et Olivier Adam " un rêve qui tourne mal", dans le Télérama mon ami de cette semaine, ça me parle, ça me parle, ça me parle !!

P'taing comme ça me parle...

Extraits :

" Ce qui est terrible, c'est que tout ces gens qui ont quitté les grands ensembles ou qui ont été rejetés des centres-villes pour des raisons économiques se sont endettés pour leur petite maison et qu'ils vont, dans les années à venir, subir les hausses du coût de l'énergie, puisqu'ils passent leur temps sur la route.

Plus la crise va avancer, plus cela va devenir tendu. On commence à voir des lotissements avec des maisons même pas finies affublées d'un panneau " à vendre".

Quand on a un boulot, la trentaine, la forme, tout va bien, on ne roule pas sur l'or, mais il y a la maison neuve.

ça dure 15 ans, puis les enfants commencent à s'installer, et pour peu que le chômage apparaisse, que le couple explose, la maison, pour la revencdre, on peut s'accrocher. Et là l'aigreur monte, on est loin de tout,


on se sent abandonné, le crédit est toujours là, on cherche des boucs émissaires.

Le vote FN est souvent un vote antisystème, car le système est en train de broyer plein de gens.

Ce n'est pas un vote de déshérités, plutôt de gens dans l'impasse."

Benoit Delépine et Gustave Kervern

" Dans beaucoup de régions, où l'on se plaint que "ça va mal", je trouve que les français exagèrent. Pourquoi ferme-t-on les volets à 6 heures du soir ? Dans les maisons de la région parisienne, il faut passer par le garage ou par la chaufferie pour gagner le jardin. Vivre replié sur soi fait partie de la culture française.

On ne sait pas s'approprier les lieux de vie : maisons, terrains, végétations. (...) Aimer vivre !!

Ce n'est pourtant pas difficile d'ouvrir une porte, un caillebotis ne coûte pas cher ! (...)

Pour remonter le moral des Français, il faudrait leur dire d'arrêter de regarder la voiture du voisin ou le salaire du président, qu'ils ont la chance de vivre sur ce territoire qu'ils amochent, et qu'ils devraient songer (...) à s'adapter à la décroissance...

J'aimerai aussi que les hommes politiques, Hollande comme Sarkozy, ne s'intéressent pas à mon livre sur la France seulement quant ils sont en campagne..."

Raymond Depardon

Je ne suis jamais retournée dans ce lotissement que j'ai quitté depuis 3 ans.

Jamais

Pourtant j'y ai vécu des moments de joie, des sensations heureuses, mais je savais que l'essentiel restait à faire, que tout ça n'était pas le bonheur.

Que tout ça était de la satisfaction peut-être, du contentement sans doute, de la joie bien évidement, j'étais bien la plupart du temps, mais ce n'était pas le "bonheur".

Mon bonheur...

Je crois que j'ai longtemps confondu le bien-être avec le bonheur.

Le bien-être (la maison, le confort, le boulot, les amis, la famille, l'argent) participe au bonheur, bien sûr, mais ce n'est pas strictement la même chose

Pour moi le  bonheur est la certitude que ma vie est entrée (ouf, enfin, il était temps, tu as mis du temps à ramener ta fraise p'taing) dans une phase d'intensité et de sens à l'existence.

Ce sens qui m'a tant manqué dans mon lotissement et qui, maintenant, complète ce bien-être pour le transformer en puzzle 1 000 pièces "bonheur durable".

Bonheur durable ?

Je ne sais pas, la vie est une connasse de roue qui tourne et c'est tant mieux, l'impermanence des choses toussa,

mais comme dirait l'autre

"jusqu'ici tout va bien

tout va

bien,

tout va bien"

...

Et puis j'aime entendre le bruit de la ville à ma fenêtre

... 

En parlant de sens à l'existence,

back to basics mes amis !!

Pour celles que cela intéresse;  les merveilleuses shoes glitter et les boots cloutées (very confortable) viennent de chez notre ami castagnette Zara

Bises bises à tous !!


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