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Affreuse liberté

Publié le 20 février 2014 par Tchekfou @Vivien_hoch

Un article-récit conclusion sur l’Affaire de l’Affreux droitard. Puisque nous sommes désormais nos propres médias, je dis tout, la Garde-à-vue, la perquisition, l’internement, la récupération par Manuel Valls, la complaisante connivence des médias…

Patrick d'Agostino & l'Affreux droitard

Patrick d’Agostino & l’Affreux droitard

Le couperet est tombé hier autour de 14h15 : nullité de la procédure, l’Affreux est libre comme l’air. Les charges outrancières retenues contre moi comme envolées. Le duel contre la machine administrative marquait une pause… pour combien de temps ? Dieu seul sait.

Quelle incroyable affaire !

Un vendredi de mai, juste celui du week-end de Pentecôte, assez énervé pour faire le con, je me disais que la droite aussi avait droit de faire du feu dans ce pays et que ce n’était pas le monopole de la CGT. La charge des CRS, l’enchainement malheureux, la manif et puis l’arrestation musclée. Je me prends un coup de genou dans la gueule parce que je refuse de sortir mes mains de sous mon ventre. Je suis comme une bête de grand air, pour me capturer il faut y mettre du sien !

Ça la France entière l’a vu, mes adversaires l’ont abondamment commenté sur les plateaux et dans la presse. Mon droit de réponse ? Je l’attends toujours. Ma version des faits ? Elle n’intéresse pas les bourreaux du cirque médiatique.

Tout de suite, j’ai eu droit à une voiture banalisée. Le flic dans sa radio craint l’émeute suite à mon arrestation. Les ordres sont diffus. Les commissariats se refilent la patate chaude, personne visiblement ne veut recevoir l’encombrant colis que je suis ce soir de Mai.

Finalement j’atterris au commissariat du 6e. Fouille, cellule, prélèvement. Classique. Je me dis que j’aurais droit à un sévère rappel de la loi ou un contrôle d’identité. Je n’ai touché personne, je me repasse le film dans ma tête. Je monte devant le mec de la PJ : «Tentative d’homicide volontaire » dit-il goguenard. Je rigole. Il n’est pas sérieux ? Pourtant oui. A partir de cet instant, je rentre en moi-même, j’invoque le nom de mon grand père Militaire, je récite intérieurement un notre père puis je murmure à moi même : « L’éternel est mon berger je ne crains aucun mal. Le mensonge ne triomphera pas. »

À ce moment là, Manuel Valls avait déjà fait son communiqué de presse, parlant d’agression d’un commissaire de police, la récupération politique et la pornographie médiatique pouvaient commencer. Jean-Luc Roméro éjaculait sa vengeance médiatique sans vergogne. 

Jean-luc Roméro parle d'attaque de policier mais est démenti dans un article du Parisien libéral

Jean-luc Roméro parle d’attaque de policier mais est démenti dans un article du Parisien libéral

Il ne peut y avoir de respects des libertés dans un Etat où Manuel Valls serait président. Manuel Valls n’y peut rien, son passé de petite frappe de l’UNEF remonte toujours. Ce type est un antifa doublé d’un pornographe. Sa récupération politique a orienté la lecture du flagrant délit. Manuel en parfait spin doctor vicieux fait dire à l’image ce qu’il veut. Il s’appuie sur le caractère moutonnier et paresseux des mass média. Il sait très bien que la  thématique de l’agression plaquée sur l’image du jet passera pour une agression.

« Il ne peut y avoir de respects des libertés dans un Etat où Manuel Valls serait Président.»

Alors que, l’enchainement malheureux de circonstances qui ont produit l’« aspersion » est fondamentalement banal. Il n’y a aucune volonté de cibler celui qui sera ensuite décrit comme le commissaire, il y a de ma part un geste ample défensif face à la charge d’un commando de CRS qui avait clairement pour ordre de vider la place. Il y a enfin ma concentration après le geste sur mes papiers et l’allumage de mon feu de joie.  A aucun moment je ne manifeste d’intérêt pour le commissaire ou même ses hommes à tel point que c’est la foule et une femme qui s’interposeront pour les empêcher de me saisir la première fois.

 « Il n’y a aucune volonté de cibler celui qui sera ensuite décrit comme le commissaire, il y a de ma part un geste ample défensif face à la charge d’un commando de CRS »

Manuel Valls est content. Son week-end est assuré, il pourra faire le viril entre les cuisses d’Anne pendant que je croupirais au violon. Une phrase me revient. L’homme que j’aurais voulu « homicider » arrive en riant dans le commissariat : où je dois porter plainte là ? Comme un sentiment que l’individu est poussé à le faire. Dans ma cellule, un roumain.

« L’homme que j’aurais voulu « homicider » arrive en riant dans le commissariat »

Le prélèvement, la toxo, l’alcoolo, négatif. Ils sont bien embêtés. Je saigne du nez. Une dame de la Scientifique m’interroge et veut faire la plus maligne en citant les évangiles pour condamner la violence, je lui réponds distinctement avec les malédictions sur les pharisiens et une citation de Saint Augustin sur la guerre juste. Elle se tait. Je ne combats pas contre la chair et le sang mais contre le diable lui-même. Je le sens, la nuit sera longue. 

« Le prélèvement, la toxo, l’alcoolo, négatif. Ils sont bien embêtés.
Je saigne du nez. »

Mon nez saigne trop. Le commissariat du 6e est bien content de se débarrasser de moi, direction l’Hôtel Dieu. Dans la salle d’attente trois noirs et un seul blanc. Le blanc et moi sommes là pour cause de manif. Je lui passe un message, pour ceux de l’extérieur car lui sortira. Je gueule : Mon procès sera spectaculaire ! Je n’ai rien à me reprocher des intentions homicides qu’on me prête ! Moi qui ne ferais pas de mal à un foetus ! Tuer un homme franchement ! Oui je gueule contre le régime, contre Valls et c’est bien l’endroit et le moment de

« Je n’ai rien à me reprocher des intentions homicidaires qu’on me prête ! Moi qui ne ferais pas de mal à un foetus ! Tuer un homme, franchement ! »

Un premier docteur, le nez n’a rien. Un deuxième… un psychiatre… questionnaire… une mauvaise réponse, je dis vivre seul… le ventripotent fonctionnaire s’illumine, il tient son loup solitaire déséquilibré, Manuel sera content. Je vois déjà Pujadas le cul en pâmoison titrer : « L’individu qui a agressé hier un commissaire de police était visiblement un déséquilibré solitaire ». Affaire close. C’est pour eux qu’il a été écrit : « La masse des hommes sert ainsi l’État, non point en humains, mais en machines avec leur corps » – Thoreau, de la désobéissance civile 

 « Je dis vivre seul… le ventripotent fonctionnaire s’illumine, il tient son loup solitaire déséquilibré, Manuel sera content. »

La nuit sera longue.

Le cortège s’ébranle, nous déambulons dans Paris. Je suis calme et je ne gueule plus. Une conversation s’engage avec mes deux surveillants. Nous refaisons le débat sur le mariage gay, j’emporte à chaque fois la conviction de mes deux auditeurs. J’apprends que le type aspergé est un commissaire. Les surveillants me disent que c’est monté très haut. Que le patron de la PJ est sur le coup. Nous stationnons devant le commissariat du 14e. L’attente commence. Il ne fait pas chaud. Je parle d’histoire de Paris avec les deux flics. Nous rigolons même un peu. Un chef de la PJ bien chauve et bien hautain arrive. Il me questionne. Je lui réponds. Je parle de ma motivation politique de marquer le coup le jour de l’adoption de la loi, de mon anticommunisme viscéral, de mes amitiés politiques puisqu’il me pose la question sur le sujet. À l’énoncé des noms, que je tairai pour ne pas les compromettre ici, le Chef déclare que je divague. Dans ces yeux il ne voit qu’un noir en jeans, taché de sang. En effet, j’ai découvert en lisant le procès-verbal de mon arrestation que j’étais selon la police de la République française tantôt de race noire, tantôt de type africain. Il faudrait savoir Manuel ! Les races existent ou elles n’existent pas !

Non, pour ce sous-fifre de la PJ je ne pouvais pas être élu de circonscription UMP, meilleur militant F. F., premier cercle de S., Ami de C., membre quasi fondateur de A., et comme je suis brouillé avec je la citerai pour l’enfoncer rédacteur du projet de Chantal Jouanno lors de l’élection régional 2010. Elle a eu son poste un peu grâce à moi et aux équipes militantes de la 6e circonscription. C’est mon péché, je me flagelle d’avoir fait élire ce serpent.

Chantal jouanno reçu par l'Affreux droitard dans sa circo. élection régionale 2010

Chantal jouanno reçu par l’Affreux droitard dans sa circo. aux élections régionales 2010

« C’est mon péché, je me flagelle d’avoir fait élire ce serpent. »

Je délire donc. Face à cette mécanique sacrificielle du régime politique je sais comment réagir. Je suis né au Congo dans une dictature socialiste. Quand le parti unique voulait discréditer un opposant radical, il n’y avait rien de mieux que l’arme psychiatrique. Comment peut-il nous en vouloir puisque le parti c’est le bien ? Quand un représentant de la loi vous traite de fou, la seule attitude qu’Érasme de Rotterdam dans son éloge de la folie recommande c’est le silence. Il y a là une mécanique totalitaire de la normalisation qu’il ne faut surtout pas alimenter par la contestation de l’assertion péremptoire de votre folie. Oui en effet, il est fou de contester un régime totalitaire qui peut broyer votre corps et détruire votre vie. Mais dans ce cas Congolais, comme dans beaucoup d’autres, la folie est souvent l’attitude la plus raisonnable.

« Oui en effet, il est fou de contester un régime totalitaire qui peut broyer votre corps et détruire votre vie. Mais dans ce cas Congolais, comme dans beaucoup d’autres, la folie est souvent l’attitude la plus raisonnable. »

Audition devant un collège de 3 psychiatres

Le cortège s’ébranle. i3P. Dans un lieu inconnu. Un trajet désorientant pour ne pas que je sache exactement où je suis. Je lirai dans le procès-verbal qu’ils craignaient un risque de fuite ; mains menottées dans le dos et jeans sans ceinture. Grotesque.

Un gros infirmier arabe fait une plaisanterie pour me faire rire. Je remercie mon escorte policière, je leur souhaite une bonne soirée. Mise à nu. Mes vêtements, mes lunettes contre des vêtements en papier. Un bracelet en plastique avec un numéro. Nous sommes dans un mauvais film soviétique. Puis audition devant un collège de 3 psychiatres.

Les questions toujours plus intrusives. Ce sentiment rance d’être un rat de laboratoire. Lui aussi visiblement ne voit qu’un noir. Des questions de contrôle, des questions d’étalonnage, etc. je révise avec lui mes vieux cours de psychosociologie. Ce ne sont pas des hommes mais des machines, des robots en face de moi. Heureusement, Je sais me faire obéir des machines. Fin de l’entretien, ils ont ri. J’ai dit ma vérité. J’ai bougé mon corps  avec fluidité. Premier verdict : Aucun délire. Je dormirai quand même dans une chambre de fou, capitonnée et impersonnelle.

« Ce ne sont pas des hommes mais des machines, des robots en face de moi. Heureusement, je sais me faire obéir des machines.
Fin de l’entretien, ils ont ri. J’ai dit ma vérité.»

Le lendemain, même rituel psychiatrique, plus intrusif encore. Deuxième verdict : Aucun délire mais un sacré caractère de cochon ! Le psychiatre mi-paternaliste, mi-connivent me demande si je savais ce que ça impliquait le fait de ne pas être déclaré fou ? Et moi, de répondre : « Oui, que je repars au pénal ! »

Je vous épargne la perquisition, la Garde-à-vue, le long interrogatoire, la troisième expertise psychiatrique en entretien individuel concluant toujours à mon absence de folie. Noir et radicalement anti-socialiste, il fallait être fou pour eux. J’oubliais, il fallait aussi être homophobe. Le grossier piège à mon arrivée à la PJ, le chef qui me dit : « alors comme ça on veut pas que les pédés se marient » ? Et moi qui le reprends juste au vol, « on ne dit pas pédé mais homosexuel, c’est insultant et blessant pour eux ». Je ne souhaite pas refaire le débat avec lui mais j’expose succinctement les raisons de mon opposition et les implications que je perçois à long terme. Je lui expose même ce qui pour moi est désormais la seule porte de sortie valable pour l’instant : la reconnaissance à égalité de droit du mariage civile et du mariage religieux avec abrogation de la loi qui oblige au dit mariage civile avant tout mariage religieux

L’épreuve du dépôt et la nuit froide dans la cellule à chanter des cantiques et des chants militaires patriotiques. Les gardiens n’en revenaient pas. Je savais clairement que jamais dans mon coeur je n’avais conçu d’homicider ou d’agresser quiconque et donc que cette vérité j’allais la clamer sans gêne.

« Je savais clairement que jamais dans mon coeur je n’avais conçu d’homicider ou d’agresser quiconque et donc que cette vérité j’allais la clamer sans gêne. »

Le parquet souhaitait une comparution immédiate, lundi approchait et il fallait liquider cette affaire pour ouvrir une autre séquence médiatique, Le proc était nerveux et agité, des allers retours et des coups de fils avec nombre d’acquiescement. Elle m’a fait son numéro de sévérité maternelle stupide, je ne bronchais pas. J’opposais mes arguments calmement en disant ma stupéfaction face à la grossièreté de l’accusation d’Homicide. Puis le miracle de pentecôte pour moi arriva. Présenté devant le Juge des libertés avec le délai de détention passé, la tentative de comparution immédiate tombait à l’eau, j’étais libre et le Proc furieux.

 « J’opposais mes arguments calmement en disant ma stupéfaction face à la grossièreté de l’accusation d’Homicide. Puis le miracle de pentecôte pour moi arriva.»

Les incohérences du dossier, les libertés prises par la police avec les procédures, la formulation de la première charge d’homicide, le communiqué de presse du ministre de l’intérieur parlant «d’agression» sont autant d’éléments démontrant la volonté d’instrumentalisation de la justice et l’abus de pouvoir manifeste que la Justice a été forcée de reconnaitre, ce mardi 18 février 2014.

La nullité de la saisine du tribunal est à la mesure de la nullité du Ministre de l’Intérieur et de l’appareil médiatico-politique de ce régime décadent. Manuel Valls en pornographe a détourné une image de flagrant délit et lui a fait dire ce qu’il voulait avec l’assentiment des médias.

« La nullité de la saisine du tribunal est à la mesure de la nullité du Ministre de l’intérieur et de l’appareil médiatico-politique de ce régime décadent.»

Je disais à Samuel Laurent : « flagrant délit », oui, mais flagrant délit de quoi ? Telle est la question ! Le seul flagrant délit c’était peut-être celui de mon énervement, d’un geste instinctif face à une charge de CRS et d’une scandaleuse récupération politique.

« Je disais à Samuel Laurent : flagrant délit. Oui, mais flagrant délit de quoi ? »

Il n’y a eu aucune agression de commissaire de Police le 18 mai 2013 mais un commissaire qui se prend à la gueule un liquide qui ne lui était pas destiné, de la part d’un individu qui ne le visait pas, qui n’avait rien contre lui et qui la seconde d’après ne s’occupait même plus de lui tant il cherchait à jouer stupidement au Cégétiste d’Amiens Nord. Mon chagrin enfin, c’est d’entendre une plume d’un « grand journal » dire :  « Vu qu’il y avait flagrant délit, félicitations à votre avocat, mais ça ne fait pas de vous une victime d’erreur judiciaire.»

Circulez Français, selon ce journaliste, il n’y a aucune erreur judiciaire possible quand il y a flagrant délit ! Cela me rappelle furieusement la pièce de théâtre Douze hommes en colères sauf que pour l’Affreux que je suis, point d’Architecte pour douter de ma culpabilité, sauf le Seigneur qui connaissait mon coeur et qui m’a délivré de tout mal pour que je savoure encore dans l’allégresse cette affreuse liberté.


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