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La nostalgie camarade... : Ici gît ma désespérance - Amaury Watremez et Rose-Océane Ginzburg de la Rimbaldie

Publié le 02 mars 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

3021104296_1826970ded.jpgIntroduction :

Gainsbourg et Anne Karina, image prise ici

Aujourd'hui je déménageai un piano, j'ai songé en le faisant à la chanson de Gainsbourg, « le charleston des déménageurs de piano », coïncidence, c'était le jour anniversaire de sa mort. Gainsbourg était le tonton alcoolique qui dit des gros mots que l'on invitait à la télévision giscardienne pour faire rougir les dames et rire les messieurs, et amuser les enfants qui reconnaissaient en lui l'un des leurs, un gamin de Montmartre, de « Paris-Pantruche », où l'on dit « son fait au nanti, sa fatuité au bourgeois, sa sottise au pontifiant » dixit « Forain », un autre gosse de la « Butte », un peintre, comme Gainsbourg...

Au début, il était plutôt un chanteur "Rive gauche", classieux mais qui ne mangeait pas tout les jours avec la dame de chez "Maxim's". Et puis un jour il a retourné sa veste, qui était doublé de vison. Il n'y en a qui ne retiennent que ça, les biffetons de cinq-cent balles et surtout celui qu'il avait fait brûler en direct.

Les enfants perdus l'aimaient bien aussi pendant les années 80 et 90, surtout celles et ceux qui soignaient leurs blessures dans la nuit et les paradis artificiels. On leur avait promis le monde, on leur avait dit que le monde allait changer, et puis après avoir détruit tout le reste, les grandes personnes ne leur ont laissé que le fric comme point de repère, c'est peu pour faire une âme. Gainsbourg a écrit une bonne partie de la bande originale de leur désespérance face au vide et de leur fuite en avant.

Les hommes étaient tous à tête de choux et les filles toutes des Melody Nelson qui ne savaient pas trop quelle voie prendre pour aimer. Beaucoup sont rentrés dans le rang, d'autres non...

J'ai bien connu une « Johnny-Jane », c'était une « adorable petite conne », une «jolie petite pisseuse » que j'ai aimé passionnément...

C'est classieux aussi la passion, ça fait mal aussi, ça détruit et l'on n'est plus très beau même vu de l'extérieur...

Amaury Watremez

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Ici gît ma désespérance.

Gainsbourg et Birkin, image prise ici

Février 1991, on frappe à ma porte, des flics, parmi l'un d'eux, une connaissance m'invitant à me rendre sur le champ chez Serge Gainsbourg. Intimidée, impressionnée je décline et je fais transmettre que cela sera pour une autre fois …

2 Mars 1991, un jour maudit ! Avec Daniel mon concubin nous découvrons via l'écran cathodique que Gainsbourg a choisi une autre vie un peu plus céleste. Choc ! Quel culot ! Du monde autour de moi et des cadeaux en sa mémoire qui pleuvent ! Début de l'automne 1991 , un matin, le téléphone sonne : « Océane, c'est la fin du bizoutage nous organisons une soirée en hommage à Serge Gainsbourg, acceptez-vous de venir faire un strip-tease pour cette occasion ? » . C'est la Faculté de médecine de Reims qui me le demande. Je réponds affirmatif et le soir avec Daniel nous voici entre médecins et futurs pratiquants. Un monde fou, une vidéo...

Autour de moi on m'empresse d'écrire un hommage à Serge. Que dire ? Je me sens gainée par pour tous les miens et d'autres qui me somment de me coller à « l’œuvre » je lui dois, paraît-il !!! Je ne le connaissais pas était systématiquement ma pudique réponse. Une idée échouée me trotte : faire un strip-tease sur « Aux armes etc. » à Strasbourg naturellement. Pas envie de me prendre un coquard !!! Bye bye Strasbourg ce sera pour un autre thème... Dans mon esprit le va-et-vient de la métaphore de mon père à propos d'un être hors-norme : « Il a l'air d'un clochard mais il possède le Moulin Rouge ! » …

A ma façon et ce depuis enfant j'ai grandi en la compagnie de Gainsbourg... Quelques traits de caractères, des références, le goût de l'esthétisme, décalée un peu comme lui et plus à l'aise avec le XIXème siècle...

Janvier 2013, j'ai trouvé ma présence Ginsburgeoise à travers Facebook. C'est ma feat, mon Émeraude, ma Jane : Maud Tessier.

2 Mars 2014,10H30, je suis une proche du Père Michel Viot celui-là même qui est entre autres Commandeur des Arts et Des lettres et auteur d'un ouvrage préfacé par Louis Pauwels in «Chrétiens sans Religion » . Pauwels que Gainsbourg admirait, Pauwels cité pour son ouvrage « L'amour monstre » dans sa chanson « Initial B.B » . Ce matin donc le Père Viot était d'office à la Messe de la Cathédrale de Blois et je faisais la première lecture. Extra et tout imprévu. Gainsbourg, Pauwels, le Père Viot, Maud et Moi : une constellation ! Comblée ! Avant de partir à la Messe, j'ai téléphoné à Amaury et je lui ai proposé de publier sur son blog que j'aime beaucoup en ce jour d'anniversaire : 23 ans ! quelques mots sur Serge. Rentrée de la Messe, je téléphone à Maud aurait-elle quelques mots pour Serge ? En guis, une de ses interprétations Gainsbouriennes... En ce qui me concerne ce sera un ou deux extraits destinés au travail d' écriture entamé à sa mémoire voici 3 ans. Je le lui dois c'est vrai car dans le fond de mon être je suis un peu lui, un peu comme lui version féminine

SIC(s)

... Zéro degré dans les oubliettes ici le soleil est à son zénith que lorsque tu veux bien m'apparaître...

O4H49 sous caféine et sous casque Charlotte for Ever réveille mes sens. Ta voix si !!!

- Pitié pour moi mon cœur murmure my surname.

- Petite Rôse rêveuse éveillée. To taste your taste.

Comme toi je suis toujours en sursis...

Et surseoir sur une balançoire le cadencement des nombrilistes t'as fait en fin de journée me dire adieu ! On t'a mis dans un grand trou but not me, not me, not me, not me !!

Ce n'est pas moi la faucheuse, la fossoyeuse, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi, pas moi !

« Sans moi approche toi love of my life...»

CHUT !!!!!!!!-

« Enfin faut voir »..................................................................................................ALORS

Serge, je t'envoie cet Overseas telegramm car j'égrène à rebours la hargne des autres à cause entre autre de ce billet qui me vaut de la part des mauvais d'essuyer les remarques les plus désobligeantes. Mais moi, mon Serge, ce sont des milliards de billets de monopoly que je leur jetterai en pleine face pour toi ! Ne retenir que ça. Ha ! Les fourbes ! Les petits ! Les minables ! Et j'en passe !

Mon amour, que les autres, les ingrats, entendent , que cette nuit et les autres je les passerai avec toi.

- « Ne dis rien »... Ne leur dis rien !

SI ! Il le faut !

Écoutes moi, Serge, toi qui a osé critiquer une certaine toile et au détour reprendre Raphaël dans l'un de ses propos : « Comprendre c'est égaler », je persiste et signe ici bas, pour toi tout là haut, que si peu, on saisit, que le champagne rosé avait une meilleure audition à ton endroit que quiconque... A nouveau « Overseas telegram » :New York, chambre d'hôtel : groom service. Ô mon Serge, mon Lucien, mon Julien à nouveau j'en suis grisée et tout au long de ces lignes je le resterai.... et bien davantage encore !

Parfois, Poètes, Peintres, Écrivains,

Compositeurs ...ont deux vies :

L'une, terrestre, l'autre, qu'ils observent de l'Olympe.

---------------------------J'aime la vie posthume de ces créatures Divines .

---------------------------En particulier, celle de : GAINSBOURG. 

GAINSBOURG : Éternel Iconoclaste des Sanctuaires Maudits.

GAINSBOURG:

Mon Prince,

Mon Slave,

Mon Juif.

Il faudrait là que je m'arrête :

Il faudrait là, que je m'explique :

Je pourrais introduire cette justification sentimentale par Léo Ferré et reprendre pour mon compte à propos de Pépé :

On couche toujours avec les morts.

NE CROYEZ PAS QUE JE SOIS MORBIDE ! Mais j'ai toujours à l'esprit, cette meurtrissure : la minute et les secondes passées, indicatrices du temps qui m'est, qui vous sont, échues, sont décédées. Et ce futur passé récent tue les minutes et les secondes qu'il nous reste...

...Je me meurs de ce temps où

le présent n'est que la fuite du passé.

(…) si je me retourne, ce passé est mort...

(…) si je stagne au présent, je suis vivante...

(…) si j'y vois :

Au Lointain comme au Proche

Cette Cessation

De la Vie

Que

L'on a tous l'obligation

De Vivre

L'Espoir

Est

Loin

de

Tout désespoir...

Dans mon futur futur lumineux, j'embrasserai Gainsbourg.. D'abord sur la joue droite. Je le sais. Gainsbourg m'a visité pour me le susurrer à genoux...

...Maintes fois !

Et maintes fois, il a réinventé notre vie à venir : par delà les Cieux, nous irons narguer l’Éternité …

… Fantaisies, parmi nos dérives écumeuses...

...Au détour d'un siège en bakélite, dans une salle d'attente, je me suis assise. J'ai prié mon dernier souffle purgatoire : la vie de Lucien. Son abandon, dans les confins de l'existence, m'a mise en apnée océanique. Cela me procure des "hauts le cœur" comme la vue du lait caillé.

Le souvenir du baquet, de la mère lui tournant les talons, s'en allant au bout du compte donner la vie, pour une décision prise à cause de la trouille de la rouille en a fait, quelques décennies plus tard, pour moi, une sorte de prisme...

...Je devais certainement être là, derrière le faiseur d'Anges qui voulait trucider ce que je qualifie à hauteur de l'Homme : l’Être Suprême : le Mien : Ginzburg...Il y avait dans cette histoire, dans le ventre d'Olga, une deuxième vie. Si discrète, que je n'ai pas en mémoire, son doux prénom. Ce second cœur, dans une autre poche, est, j'en suis certaine, la genèse des deux pôles de Lucien. Ce grain de café allait être le moteur des braillements de mon petit Lulu... ...Et V'lan !

une gifle : t'as bousculé ta sœur ! C'est la mère qui cause...qui inflige... ...Et Vlan !

encore des autres, plus tard, pour une fausse note qui sort du piano... Là, c'est le père aussi strict que sa barbichette, qui lui en colle des sagas d'en veux-tu ? En voilà !...

...Ces claques ont rougi mes lèvres, elles ont glacé mon sang déjà dans le "caryotype ovarien" de grand-maman...

….........................................................J'ai depuis, étouffé mes grognements dans les paradis artificiels... Ces calques sont ma lucidité que j'élude à l'imparfait. Ces claques sont ce qui va devenir inébranlable chez Lucien, des sanglots arides.

Dans la salle d'attente, il n'y a pas que des sourires. Parfois, la Vie se métamorphose en machine à soupirs. Ces soupirs, sont les facettes du Peintre mort-né. Si désolé d'avoir fait craquer dès l'aurore le "vernis" aux alentours boisés, qu'il s'en est allé "autodafé" ses Productions. Cette ire d'entrevoir que l’œuvre finissait "autoritaire" sur l'homme. Ce Peintre qu'est dans l'âme Lucien, en est devenu par extrapolation, presque hémiplégique de son état... Pour se sauvegarder du semblant qu'il lui restait de cette vie patinée, la Ponctuation fut ses Gouaches pâteuses. Un jour ou une nuit, il a pris l'encre et la plume. Cette dernière s'est brisée sur l'esquisse du portrait de Jane. Non, il ne fallait guère retoucher à ce qui quelque part était devenu ses Paradis Perdus...

... Ainsi en cause Gainsbourg Transfiguré en Mélomane Contorsionniste, Poète Littéraire où l'Art couchait avec la Complainte.

Complainte : vocalises mélodieuses et syncopées...

(...) Le méli-mélo de la salle d'attente a - pendant que le Jardin d’Éden ensanglanté par les terreurs de l'Or Noir se crevait - kidnappé mon Serge. Serge passant à l'aube du Printemps des Poètes, ainsi, l'arme à gauche en ce temps même où je lui cédais la mienne...

...Alors !!!!!!! ... « Qu'est-ce qui t'as pris bordel de casser ta cabane ?».

T'es plus là... Alors où es tu ? Que fais-tu ? Les jeux de cache-cache et de devinette ou de hasard, je n’ai jamais réussis à m'y attarder. Ô mon doux, mon tendre Lucien, mon Serge, mon Guimbard, mon Julien j'en suis grisée !!!! Qui anesthésiera mon spleen ? Ô mon Amour... Mon fol A... Comme un boomerang qui me revient les jours passés...

...Je me souviens les jours blessants de solitudes... Les nuitées confrontées à ton silence...

Je crache à la gueule de l'Enfer si jamais en ce lieu tu y es éperdu. Pandémonium cauchemardesque qu'est le mien cet Enfer ici -bas sans toi. Divertis moi Ô mon Amour toi … toi...toi...toi... QUI ! …......Travestis-toi en ce que bon il te semblera mais pourvu que tu me fasses signe ...

Il fallait que tu claques parce que c’était l'heure où tu n'en pouvais plus...ça me klaxonne toujours la gueule ! Ce départ... Ce cent deux anisé, il ne t'a pas loupé... Premier de la classe... Classé à la morgue... Il n'y a pas eu d’Attorney de Californie pour faire le bilan..... Mais j'étais là et je le suis encore pour relever les décombres...

« c'est l'hécatombe ça tombe en trombe »..

Rose Océane Ginzburg de la Rimbaldie


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